Allumage des veilleuses de chabbat

1. Une veilleuse au moins doit être allumée le chabbat dans chaque foyer. Cette mitsva incombe d’avantage à la femme qu’à l’homme, puisque l’allumage des veilleuses du chabbat répare la faute de “’Hava” (Ève, la première femme) qui a "éteint le flambeau du monde" (en entraînant la mort de “Adam”, son mari, qui est ainsi qualifié dans le verset: "l’âme de l’Homme (“Adam”) est un flambeau divin" (Proverbes 20, 27). S’il n’y a pas de femme à la maison, c’est l’homme qui allumera les veilleuses en récitant la bénédiction.

2. Les veilleuses sont allumées par la femme, mais c’est l’homme qui doit les préparer. Ceci est allusionné dans la Michna (traité de chabbat): "…si elles [les femmes] ne sont pas vigilantes à l’impureté de la “Nida”, au prélèvement de la” ’Halla” et à l’allumage des veilleuses [du chabbat]": seul l’allumage incombe à la femme mais pas la préparation des veilleuses.

3. Il faut veiller à préparer de belles veilleuses en l’honneur du chabbat. D’après la Kabbalah, il faut allumer deux veilleuses, une par rapport au commandement de "Se souvenir du chabbat" et l’autre à celui de "Garder le chabbat". Certaines ajoutent et allument sept veilleuses ; chacune devra faire selon son habitude. D’après la Kabbalah, il est bon de donner trois pièces à la charité avant d’allumer les veilleuses.

4. Toute huile qui se consume bien peut être utilisée pour l’allumage des veilleuses du chabbat. Toutefois, la mitsva est embellie si on allume avec de l’huile d’olive. De nos jours où l’huile d’olive est largement accessible, on doit veiller à n’utiliser que cela. Ceci nous donne le mérite d’avoir des enfants brillants en Torah, et dont l’enseignement de la loi coulera comme de l’huile d’olive.

5. Il faut réciter la bénédiction avant d’allumer les veilleuses de chabbat. Une femme qui a oublié de faire la bénédiction avant d’allumer, pourra la réciter tant qu’elle n’a pas terminé d’allumer toutes les veilleuses. Mais si elle a terminé de les allumer, elle ne pourra plus réciter la bénédiction, celle-ci devant toujours être récitée avant d’accomplir la mitsva, et non après.

6. D’après le Choul’hane ’Aroukh, on ne peut réciter de bénédiction sur un rajout de luminosité. Ainsi, si une femme allume ses veilleuses de chabbat dans une pièce en récitant la bénédiction, une autre femme ne pourra allumer à sa suite ses propres veilleuses en récitant elle aussi la bénédiction, car l’endroit a déjà été éclairé en l’honneur du chabbat.

7. Par conséquent, si plusieurs familles se rassemblent pour manger dans un même endroit, comme dans un hôtel ou lors d’un “chabbat ’hatane”, il convient que chaque femme allume ses veilleuses avec bénédiction dans sa chambre. S’il est impossible de le faire (pour des raisons de sécurité, par exemple) et que toutes sont obligées d’allumer dans la salle à manger commune, seule une des femmes récitera la bénédiction et les autres l’écouteront et répondront Amen, puis allumeront immédiatement sans refaire de bénédiction. (Les femmes ashkénazes ont toutefois coutume que chacune récite la bénédiction sur ses veilleuses).

8. Bien qu’on ne doive pas réciter de bénédiction sur un ajout de luminosité, une femme peut réciter la bénédiction lors de l’allumage des veilleuses, même si l’électricité est allumée dans la pièce, puisqu’en général, l’électricité a été allumée pour les besoins de l’instant présent, et non en l’honneur du chabbat. En outre, même dans le cas où on a allumé cette lumière spécifiquement pour le chabbat, la femme est considérée comme achevant la mitsva en allumant ses veilleuses ; elle pourra réciter la bénédiction. Certaines femmes se montrent plus strictes et éteignent au préalable l’électricité, pour la rallumer après l’allumage des veilleuses du chabbat. Ainsi, la bénédiction récitée précède l’accomplissement de l’allumage de toutes les lumières, l’ampoule électrique étant alors considérée comme une veilleuse supplémentaire. Cette pratique est digne de louange. Cependant, il est préférable que ce soit le mari ou une autre personne qui rallume l’électricité après l’allumage des veilleuses par la femme.

9. Les jeunes filles qui vivent auprès de leur mère n’ont pas le doit d’allumer de veilleuses avec “bénédiction”, même dans leur propre chambre, car elles sont acquittées de la bénédiction récitée par la mère.

10. Lorsqu’une fille mariée ou une belle-fille dort chez sa mère (ou sa belle-mère), où elle dispose d’une chambre qui lui est réservée pour la nuit, il est d’usage que la mère récite la bénédiction dans la salle à manger, et que la fille allume aussi avec bénédiction dans sa propre chambre.

11. Les étudiants qui dorment à la Yéchiva (ainsi que les filles de séminaire) et qui mangent dans une salle à manger commune, doivent s’associer pour les veilleuses, que l’un d’entre eux allumera avec bénédiction dans la salle à manger. Si les dortoirs ne sont pas éclairés, ils doivent allumer en plus une veilleuse ou une lumière dans leur chambre ou dans le couloir, sans bénédiction.

12. Une femme non-voyante (à Dieu ne plaise) peut allumer les veilleuses de chabbat. Cependant, si elle a un mari qui est voyant, il convient mieux que ce soit lui qui allume.

13. On ne récite pas la bénédiction de “Chéhé’héyanou” sur les veilleuses de chabbat. Ainsi, une femme qui a fait téchouva ou une jeune mariée qui allument des veilleuses de chabbat pour la première fois”, ne doivent pas réciter “Chéhé’héyanou”.

14. Certains pensent que dès que la femme allume, elle reçoit la sainteté du chabbat et n’a plus le droit de faire de travail interdit. D’après cette opinion, la femme doit faire la prière de Min’ha avant l’allumage. Cependant, d’après la majorité des décisionnaires dont Marane l’auteur du Choul’hane ’Aroukh, recevoir le chabbat n’est pas dépendant de l’allumage des veilleuses. Néanmoins, il faut à priori tenir compte de la première opinion et chaque femme doit s’efforcer de terminer tous ses préparatifs (ainsi que la prière de Min’ha) avant l’allumage. Cependant, à posteriori, si une femme a allumé les veilleuses et se souvient qu’il reste un travail à faire pour le chabbat, elle a le droit de le faire, si personne d’autre ne peut le faire à sa place.

15. Le mieux est que chaque femme, avant l’allumage, pose la condition suivante: "Si je devrai faire un travail après l’allumage des veilleuses, alors je ne reçois pas le chabbat par l’allumage". Ainsi, d’après toutes les opinions, elle aura le droit d’accomplir un travail après l’allumage en cas de besoin. Il suffit d’exprimer cette condition une fois par an (par exemple, la veille de “Roch Hachanna”). De toutes les façons, chaque femme doit s’abstenir de faire tout travail interdit un moment avant le coucher du soleil, puisque c’est une mitsva d’étendre la sainteté du chabbat sur les jours profanes et rallonger ainsi le jour du chabbat (il faut donc arrêter d’accomplir tout travail interdit le vendredi un peu avant le coucher du soleil, ainsi que le samedi soir après la sortie des étoiles).

16. Par conséquent, après avoir allumé les veilleuses, la femme ne doit pas éteindre l’allumette utilisée, mais simplement la déposer pour qu’elle s’éteigne par elle-même. Cependant, celles qui ont l’habitude d’allumer l’électricité après l’allumage des veilleuses (cf. infra paragraphe 8) pourront aussi éteindre leur allumette, puisqu’elles ne reçoivent le chabbat qu’après l’allumage de l’électricité, qui fait alors partie intégrante de l’allumage des veilleuses.

17. Le moment de l’allumage des veilleuses est un moment de Grâce divine, c’est pourquoi il convient que chaque femme prie pour la longévité et le bonheur de son mari et de ses enfants. En particulier, il convient de prier pour que ses enfants deviennent des hommes sages et pieux. (Une prière à cet effet figure dans les siddourim après l’allumage).

>> Allumer les veilleuses dans la joie

"Chaque femme doit allumer les veilleuses de chabbat avec joie et enthousiasme, car c’est là un grand honneur pour elle. De plus, cette mitsva donne à la femme le mérite d’avoir des enfants saints, brillants en Torah, craignant le Ciel, répandant la paix dans le monde, et procure aussi la longévité à son époux. C’est pourquoi la femme doit faire très attention à l’allumage des veilleuses" (extrait du Zohar).

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