Autres règles concernant le chabbat

> Préparatifs pour la semaine pendant chabbat

>> Comment plier les vêtement

1. Il est interdit de faire de l’ordre et de préparer pendant chabbat toute chose qui est nécessaire à la sortie de chabbat ou au reste de la semaine. En effet, on porte ainsi atteinte à la sainteté du chabbat, puisqu’on se démène pendant ce jour saint pour des besoins de la semaine. Il est donc interdit de plier le chabbat des vêtements, serviettes, nappes ou autres pour la semaine.

2. Il est permis de plier de façon approximative des vêtements le chabbat, même si on le fait pour la semaine. En effet, puisqu’on ne les plie pas de façon convenable, cela n’est pas considéré comme un préparatif. Quant aux vêtements qui ont des marques au niveau des plis, on peut les plier même soigneusement, tant qu’on ne le fait pas sur les plis déjà existants.

3. Il est interdit de faire son lit le chabbat si on ne compte pas s’y allonger du tout pendant chabbat. De même, on ne peut étendre une nappe sur une table, ou débarrasser des ustensiles de la table pour préparer la sortie du chabbat. Cependant, si le lit ou la table sont dans un endroit fréquenté par les membres de la maison, et qu’il est dérangeant de voir le lit ou la table en désordre, on sera autorisé à les arranger en l’honneur du chabbat.

4. Il est interdit de ranger pendant chabbat des vêtements ou des objets divers (permis au déplacement) et de les déposer chacun à leur place. En revanche, si on les a saisis pour un besoin quelconque et qu’on les tient encore en main, on peut les ranger à leur place. Cependant, s’ils sont éparpillés dans la pièce où l’on se trouve, on pourra les ranger dans tous les cas, par respect pour le chabbat.

>> Faire la vaisselle le chabbat

5. Il est défendu le chabbat de faire la vaisselle d’ustensiles dont on n’aura pas besoin ce même chabbat. En revanche, si on doit s’en servir à nouveau pendant chabbat et qu’on n’a pas d’autre vaisselle propre à disposition, on a le droit de les laver. Dans le doute, c’est-à-dire si on ne sait pas si on en aura besoin ou pas, on pourra les laver à la condition qu’on n’ait pas encore fait le troisième repas de chabbat. Si on l’a déjà pris, il est interdit de laver les ustensiles de table comme les assiettes et les couverts, puisque normalement on ne mangera plus d’autre repas pendant chabbat. On pourra par contre laver les verres et les petites cuillères, puisqu’on a l’habitude de boire même après le troisième repas, jusqu’au coucher du soleil.

6. Dans les hypothèses où il est permis de faire la vaisselle chabbat (cf. paragraphe ci-dessus), il n’est pas nécessaire de faire attention à ne laver que la vaisselle dont on aura besoin. On pourra laver tous les ustensiles du type de ceux dont on a besoin. Par exemple, si l’on doit utiliser quatre assiettes pour le repas de chabbat et que l’on a dix assiettes sales dans l’évier, on peut laver toutes les assiettes. (Mais il reste interdit de laver les cuillères ou les fourchettes, à moins qu’on ait besoin de l’une d’elles au minimum).

7. Dans les cas où il est interdit de faire la vaisselle le chabbat, il est également interdit de remplir d’eau la vaisselle, afin de faciliter la tâche de la sortie du chabbat. Cependant, lorsqu’on débarrasse la table, tant que l’on tient encore en main la vaisselle, on peut la déposer dans l’évier même si c’est dans l’intention qu’elle se remplisse d’eau au fur et à mesure qu’on utilise le robinet pour des besoins divers et variés. En effet, dans ce cas, on ne fait pas d’acte supplémentaire pour les besoins de la semaine. Toutefois, si en débarrassant on a posé la vaisselle sur le plan de travail, on ne pourra pas la reprendre pour la déposer dans l’évier, puisqu’on ferait ainsi un acte en plus pour s’avancer pour la semaine. C’est seulement si on a besoin du plan de travail, ou si on a déposé la vaisselle trop en évidence sur le plan et qu’il ne relève pas de l’honneur du chabbat de la laisser ainsi, que l’on pourra alors la reprendre et la déposer dans l’évier.

8. Il est défendu d’essorer le chabbat, ainsi il sera strictement interdit de nettoyer la vaisselle avec une éponge ou un scocth-brite, puisqu’ils se pressent entre les doigts. Il est en revanche permis de faire la vaisselle avec une brosse synthétique qui n’absorbe pas de liquide, dans la mesure où ses fibres sont bien écartés l’une de l’autre, puisque l’on voit bien que l’eau s’écoule entre les fibres et n’est pas extraite de l’intérieur. Cependant, si les fibres sont très serrées et donnent l’impression que l’eau en est extraite lorsqu’on l’utilise, cela est interdit.

9. Une éponge ou une brosse faits en matière synthétique et qui ont un manche peuvent être utilisées pour nettoyer la vaisselle le chabbat, bien que les eaux savonneuses qu’elles absorbent soient essorées, à la seule condition qu’on les tienne uniquement par le manche réservé à cet effet.

> Presser des fruits le chabbat

10. Il est interdit de presser des fruits “chabbat “pour boire le jus qui en est extrait. Cet interdit concerne tous les fruits que l’on presse parfois tels que les fraises, les grenades, les pommes, les pêches, etc. Cependant, on peut presser des fruits qu’il n’est pas du tout d’usage de presser pour boire le jus extrait.

11. De nos jours où la majorité des citrons est destinée à être pressée pour en faire du jus, certains interdisent de les presser le chabbat. Tel est l’avis de Rav Moché Lévi, l’auteur du “Ménou’hate Ahava”. D’autres l’autorisent, car le jus de citron tel quel n’est pas propre à la boisson. Telle est l’opinion de notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef. Néanmoins, selon tous il est autorisé de presser du citron sur de la nourriture, comme nous le verrons plus loin.

12. On peut presser même des fruits qui sont parfois pressés, si l’on désire seulement les rendre plus tendres ou plus mous, et non utiliser le liquide extrait. Ainsi il est permis d’écraser une orange pendant chabbat pour un bébé (si ce dernier va la consommer immédiatement), bien que du jus en est extrait, puisque l’intention par-là n’est pas d’utiliser le jus mais de rendre l’orange plus tendre afin que le bébé puisse la manger. Il est toutefois interdit d’appuyer avec une cuillère sur une orange ou un pamplemousse pour en extraire du jus et le boire.

13. Il est permis de sucer avec la bouche des fruits ou bien du pain imbibé de soupe, puisque ce n’est pas une façon usuelle de presser. Il est toutefois préférable de se montrer plus strict pour les raisins et ne pas les sucer avec la bouche. On rentrera plutôt le grain entier dans la bouche, le sucera pour en extraire le jus, puis rejettera la peau et les pépins.

14. Il est permis de presser chabbat n’importe quel fruit si on le presse directement sur un aliment solide, à condition toutefois que la majorité du liquide soit absorbé dans l’aliment ou le cas échéant, que cela soit fait pour les besoins de cet aliment, comme lui donner du goût. La raison de cette permission est que le liquide qui est versé sur l’aliment solide prend le même statut que cet aliment, or l’interdit de presser est par définition extraire un liquide d’un aliment solide, mais extraire un aliment d’un aliment est permis. Tout cela n’est valable que lorsqu’on presse directement du fruit sur l’aliment ; mais on ne peut pas presser le fruit dans un récipient vide pour verser ensuite le liquide extrait sur l’aliment.

15. Il est permis de presser chabbat des légumes ou des fruits cuits ou en saumure, même dans un récipient vide, à la condition que l’intention ne soit pas d’utiliser le liquide extrait, mais de rendre le fruit ou le légume meilleur en le pressant. Si par contre, on désire utiliser l’eau qui en est extraite, il sera interdit de le faire, sauf sur un aliment solide, comme on l’a mentionné dans le paragraphe ci-dessus. Cette règle s’applique par exemple pour des poissons en saumure, des “Matsot” (pains azymes) imbibées d’eau, etc.

> La préparation de salades le chabbat

16. Si on découpe le chabbat des légumes ou des fruits avec un couteau en morceaux très fins pour les manger seulement après un certain temps, on enfreint l’interdiction de la Torah de moudre. En revanche, si on a l’intention de les consommer immédiatement après les avoir coupés, cela est autorisé.

17. C’est pourquoi celui qui veut découper pendant chabbat différents légumes tels que des tomates, des oignons, et des concombres pour faire une salade, le fera juste avant le repas. Certains décisionnaires pensent qu’en tout état de cause, il convient de veiller à les couper en morceaux légèrement plus gros que la taille habituelle en semaine, et il est préférable de se montrer stricts à ce sujet. (Ceux qui ont l’habitude de couper la veille de chabbat tous les légumes nécessaires pour le chabbat, puis les mélanger et assaisonner avant le repas, sont dignes de bénédiction).

18. Il est interdit dans tous les cas de couper des légumes (ou du fromage dur) en morceaux très fins avec un ustensile spécifiquement réservé à cet effet, comme une râpe par exemple, même juste avant la consommation.

19. Nos Sages ont interdit de mettre du sel sur plusieurs morceaux de radis à la fois même si on désire les consommer immédiatement. La raison à cela est que le radis est un légume habituellement mis en saumure, et lorsqu’on sale plusieurs morceaux de radis en même temps, on agit comme si on les mettait en saumure, même si telle n’est pas notre intention. Or, mettre en saumure est interdit le chabbat car cela est une sorte de cuisson. Certains pensent que la raison de cet interdit est que le sel durcit le radis et cela se rapproche donc de l’interdiction de "tanner".

20. Il est par contre permis de saler les morceaux de radis un par un, tout en les mangeant au fur et à mesure le morceau que l’on vient de saler. Cependant, si on a l’intention de laisser le radis dans le sel pendant un long moment, par exemple si on le sale au début du repas pour ne le consommer qu’à la fin, c’est interdit même pour un seul morceau de radis.

21. De manière générale, il est interdit de saler tout aliment sur lequel le sel entraîne un changement d’état, tel qu’un durcissement ou un ramollissement, ou encore une inhibition de son goût amer, comme des feuilles de laitue ou des morceaux d’oignons. De même il est interdit de saler tout aliment usuellement mis en saumure (variantes), par exemple des morceaux de carottes, de navet, des cornichons, de l’ail et des olives crues. Mais dans tous les cas il est permis de les saler un par un et de les manger, comme énoncé précédemment.

22. On peut saler des aliments, même plusieurs morceaux ensemble, si l’on n’a pas l’habitude de les mettre en saumure, et que le sel n’exerce pas sur eux de dénaturation, mais ajoute seulement du goûégumes cuits. Cela est autorisé à condition qu’on les sale pour les consommer au cours du repas à venir ; si c’est pour un autre repas, cela est interdit dans tous les cas.

23. D’après ce qui vient d’être énoncé, il est interdit de saler pendant chabbat de la laitue ou une salade de légumes composée qui contient des morceaux d’oignons ou de radis. Cependant, si immédiatement après avoir mis du sel, on met de l’huile dans la salade, cela est alors autorisé car l’huile annule l’action du sel. Celui qui est plus strict et qui veille à mettre l’huile avant le sel est digne de bénédiction.

24. Certains autorisent de saler des morceaux de concombres, même plusieurs morceaux en même temps, car il n’est pas d’usage de mettre en saumure des concombres en morceaux mais seulement des concombres entiers (cornichons). Tel est l’avis de notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef. D’autres l’interdisent tout de même, puisqu’au final le concombre est habituellement mis en saumure, donc il convient d’interdire son salage sous toutes ses formes. (Tous sont unanimes pour interdire de saler pour un repas suivant, autre que le repas à venir, comme on l’a susmentionné).

25. Il est permis de saler plusieurs morceaux de tomate ensemble ou une salade de tomates pour les consommer au cours du repas à venir, car le sel n’entraîne sur la tomate aucun changement d’état mais ne fait qu’ajouter du goût. Néanmoins, celui qui se montre plus strict et qui met de l’huile immédiatement après les avoir salées est digne de bénédiction.> Ouvrir des cacahuètes et des amandes

26. Dans le cas d’un aliment entouré d’une coque, et pour extraire le fruit il faut briser cette coque, il sera interdit de le faire le chabbat, même à la main, et même pour une consommation immédiate. Cet interdit ne s’applique qu’aux aliments qui sont débarrassés de leur écorce longtemps avant leur consommation, et qui sont entreposés ainsi sans écorce. Tel est le cas des amandes par exemple, qu’il est d’usage d’extraire de leur écorce dure et épaisse avant de les mettre en vente. Il est en revanche permis de retirer l’écorce d’un aliment que l’on extrait habituellement de son écorce que juste avant leur consommation, comme les pistaches, châtaignes, marrons, graines de tournesol, etc. Cela sera alors permis même avec un ustensile propre à cet effet, si c’est pour les consommer au cours du repas attenant.

27. Il ressort de ce qui a été dit, qu’il est interdit le chabbat d’enlever l’écorce dure des cacahuètes et des amandes, même avec la main et même juste avant le repas, car à notre époque, la majorité des cacahuètes et des amandes sont vendues dans les magasins sans leur écorce. Mais il est néanmoins permis de briser leur écorce avec “chinouï” (de manière inhabituelle), comme avec le bout des doigts. Par ailleurs, si on brise une amande ou une cacahuète et la mange immédiatement, puis qu’on recommence l’opération avec une autre pour la manger immédiatement et ainsi de suite, il est permis de briser l’écorce normalement des deux mains, ou même avec l’ustensile réservé à cet usage, car on n’accomplit pas par là un travail, mais un acte de consommation de la manière habituelle. Tout ceci s’applique pour l’écorce dure, mais l’écorce fine au-dessus des cacahuètes quant à elle peut être enlevée, même pour plusieurs cacahuètes à la fois et même sans “chinouï”. (On devra toutefois faire cela juste avant le repas). Notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef se montre plus souple, et permet de briser même l’écorce dure.

> S’oindre de pommades le chabbat

28. Il est interdit le chabbat d’étaler de la pommade (que ce soit à but curatif ou autre), ou même d’étaler une pommade jusqu’à ce qu’elle ait complètement pénétré et soit absorbée par la peau. En revanche, si la pommade est très liquide, à l’image d’un shampoing ou d’un savon liquide, de telle manière que si on en versait sur une surface droite elle s’étalerait, cela est autorisé. (Si toutefois on le fait dans un but curatif, cela n’est permis que s’il est autorisé de se soigner dans ce cas pendant chabbat).

29. Il ressort de là qu’il est interdit d’utiliser le chabbat une crème pour les mains qui n’est pas vraiment liquide. Il est de même interdit pour une femme de s’oindre le visage avec une crème. Mais si on a besoin de mettre une pommade sur une plaie ou sur la peau d’un bébé, ou dans des cas similaires, il y a lieu dans ce cas de faire sortir la pommade du tube directement sur la plaie ou la peau sans l’étaler (pour un enfant, la pommade sera étalée grâce à la couche). En cas de besoin, il est permis de se montrer souple et d’étaler la pommade sur le bébé à l’aide d’un bâtonnet.

30. Il est défendu d’étaler une crème sur ses cheveux. Il est également interdit de vaporiser sur ses cheveux pendant chabbat un spray qui les durcit et leur donne du maintien, comme une mousse coiffante.

> Nettoyage des habits le chabbat

31. Si un vêtement s’est sali, il est interdit par la Torah de mettre sur la tâche un peu d’eau, du talc ou du sel. (Il est d’ailleurs interdit de faire tremper un vêtement dans de l’eau, même propre). Cependant, il est permis de gratter la saleté avec son ongle ou un couteau.

> Nettoyage d’une table avec un chiffon

32. Il est interdit de nettoyer la table avec un chiffon mouillé, car on essore par là-même le chiffon. Mais il est permis de la nettoyer avec une éponge ou une brosse qui ont un manche, à condition qu’on les saisisse par le manche uniquement.

33. Il est défendu de rincer un chiffon sous l’eau, et il est également interdit de l’essorer s’il est mouillé.

> Se coiffer et faire des tresses

34. Il est interdit de se peigner les cheveux avec un peigne le chabbat. Il est aussi défendu de se tresser les cheveux, ou de défaire une tresse. Il est cependant autorisé de mettre de l’ordre dans ses cheveux et de les séparer avec la main.

> Se couper les ongles

35. Il est interdit de couper ses ongles ou des petits morceaux de peau qui commencent à se détacher. Il est également interdit de les arracher, avec la main comme avec la bouche. Cependant durant le crépuscule du vendredi, il est permis d’arracher à la main ou avec la bouche des bouts de peau qui nous dérangent.

> Les couches

36. Après qu’on ait retiré la couche d’un bébé, il est interdit de recoller ses côtés avec les scocths fixés à cet effet, comme on a l’habitude de le faire en semaine pour refermer la couche.

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