Baroukh chéamar et Péssouqé dézimra.

1. Nos Sages enseignent: "On doit toujours introduire sa prière par la louange du Saint béni soit-Il". C’est pourquoi ils ont institué de réciter les “Péssouqé dézimra” (littéralement "versets de louange" ; ce sont les psaumes que l’on récite dans la prière du matin, à partir de “Mizmor létoda”) avant de prier. Ils ont également institué les bénédictions de “Baroukh chéamar” et de “Yichtabba’h”, en introduction et en conclusion de ces “Péssouqé dézimra.”

2. La louange de “Baroukh chéamar” a été instituée par les membres de la Grande Assemblée, selon une note rédigée qui est tombée du ciel. Il comporte quatre-vingt-sept mots. On peut y trouver une allusion dans le verset “rocho kétèm paz” (Sa tête est comme l’or pur), le terme “paz” ayant pour valeur numérique quatre-vingt-sept, en référence à la bénédiction de Baroukh chéamar” qui comporte quatre-vingt-sept mots et qui introduit les “Péssouqé dézimra”. Il faut la réciter debout, d’un air mélodieux.

3. Celui qui n’a pas dit les “Péssouqé dézimra” avant la prière devra les compléter ensuite, mais sans les bénédictions de “Baroukh chéamar” ni de “Yichtabba’h“, qui ont été instituées pour être récitées avant la prière uniquement. (Il pourra toutefois les réciter sans prononcer le nom de Dieu).

4. Bien que l’horaire de la prière du matin prenne fin avec la quatrième heure du jour, on peut toutefois prier à postériori jusqu’à la mi-journée. On pourra donc réciter les bénédictions de “Baroukh chéamar” et de “Yichtabba’h” également jusqu’à cet horaire.

5. Il est interdit de s’interrompre à partir de “Baroukh chéamar” jusqu’à la fin de la ‘Amida.

>> Se sensibiliser à la crainte de Dieu

Le Zohar écrit que lorsqu’on récite les Péssouqé dézimra, on doit ééamar, qui est une louange puissante et élevée et qui contient un sens mystique profond.

6. Lorsqu’on récite le paragraphe de “Baroukh chéamar”, on ne répond pas Amen aux bénédictions que l’on entend, ni à fortiori “Baroukh hou ouvaroukh chémo”. On doit toutefois répondre de la même manière que lorsqu’on se trouve dans la lecture du Chéma’et de ses bénédictions, en l’occurrence :  à la kedoucha de la répétition de la ‘Amida (uniquement “qadoch” et “baroukh” ; certains pensent que l’on doit aussi répondre “yimlokh”, ils ont sur qui s’appuyer), “Baroukh Hachem hammévorakh lé’olame vaèd”, les cinq premiers Amen du qaddiche et le “yéhé chéméh rabba”. Lorsque l’assemblée récite le “Modime dérabanane” (lors de la répétition de la ‘Amida), on dira les trois premiers mots seulement: “Modime ana’hnou lakh”.

7. Tout cela est valable uniquement si on a commencé la bénédiction qui se situe au milieu de “Baroukh chéamar”, c’est-à-dire “Baroukh atta Hachem élohénou mélékh ha’olam haèl etc.”. Par contre, le début de “Baroukh chéamar” est une louange qui n’inclue pas de mention du nom de Dieu, et celui qui s’y trouve doit alors répondre Amen aux bénédictions (ainsi qu’à “yimlokh”, selon tous les avis.)

8. Si on a terminé de réciter “Baroukh chéamar” avant l’officiant, on répondra Amen après ce dernier, même si on n’a pas encore débuté “Mizmor létoda”. (Il est néanmoins préférable de se hâter de commencer “Mizmor létoda” avant de répondre Amen). Cependant, dans le cas où on termine la bénédiction en même temps que l’officiant, on ne répond pas Amen, car on donnerait alors l’impression de répondre Amen à sa propre bénédiction, ce qui est indigne.

9. Après avoir terminé de réciter “Baroukh chéamar”, on se rassoit pour dire “Mizmor létoda”. Il faut le réciter sur un ton mélodieux, car [lors de la Rédemption] tous les cantiques seront annulés, à l’exception de “mizmor létoda”.

10. On doit réciter les psaumes posément et non à la hâte. Le tribunal rabbinique peut même excommunier une personne qui bâcle la récitation des “Péssouqé dézimra”, sans prendre le soin de prononcer les mots distinctement.

11. Il faut prononcer convenablement chaque lettre et marquer un temps d’arrêt entre deux lettres similaires, comme pour la lecture du Chéma’. Ainsi, celui qui craint Dieu récitera les “Péssouqé dézimra” en élevant légèrement la voix, afin de pouvoir prononcer correctement chaque mot.

12. Le Ari zal avait coutume de lire tous les “Péssouqé dézimra” dans son siddour et non par cœur, posément et avec soumission, en accompagnant les versets de leurs” Té’amime”. Le chabbat, il les récitait d’une voix un peu plus haute et mélodieuse que durant la semaine, en l’honneur du saint jour.

13. Nos Sages enseignent: tout celui qui récite le psaume de “Téhila lédavid”(“Achré”) trois fois par jour, est assuré d’avoir part au monde futur. C’est la raison pour laquelle nous le lisons une première fois dans les “Péssouqé dézimra”, une seconde fois après la ‘Amida, et enfin une troisième fois avant la ‘Amida de Min’ha.

14. Cette assurance de nos Sages (concernant le monde futur) est valable uniquement pour celui qui récite ce psaume avec ferveur. Il faut donc s’efforcer de comprendre au minimum le sens simple de ce qu’on prononce, en particulier pour le verset “potéa’h èt yadékha”. Le sens simple de ce verset est que la subsistance provient de Dieu, et qu’Il nourrit et rassasie chaque être vivant selon ses besoins. Si on a lu ce verset machinalement sans penser à ce qu’on prononce, on doit le reprendre ; même si on a poursuivi sa lecture, on reprendra depuis ce verset. Si toutefois on a déjà commencé le psaume suivant, on intercalera ce verset entre deux psaumes. Si on s’en rend compte uniquement après “Yichtabba’h”, on devra attendre la fin de la ‘Amida pour reprendre depuis le verset “somèkh Hachem etc.” jusqu’à “lékhol ’hay ratsone”.

15. Le Zohar insiste beaucoup sur l’importance du Cantique de la mer (“Az yachir moché”), et la nécessité de le lire après les “Péssouqé dézimra”. Ce cantique procure en effet beaucoup d’élévation et de satisfaction à la “Chékhina” (Présence divine), si l’on peut s’exprimer ainsi. Il convient donc de le réciter avec beaucoup de joie et sur un ton mélodieux. En le lisant, on s’imaginera se tenant à pieds secs au milieu de la Mer des Joncs, sain et sauf, alors que les Egyptiens sont en train de se noyer. Cela est également propice au pardon de ses fautes.

16. La bénédiction de “Yichtabba’h” est une prière grandiose et redoutable. Elle contient treize attributs de louanges, en parallèle aux treize Attributs de miséricorde. On les récitera sur un ton posé et mélodieux, comme lorsqu’on loue le Roi, en les comptant sur les doigts. On doit veiller à ne pas être amené à s’interrompre pour répondre au qaddiche ou à la kedoucha au milieu de ces treize qualificatifs. S’il arrive que l’on doive le faire, on reprendra ensuite depuis “ki lékha naé etc.”, afin de réciter d’un seul trait les treize louanges, sans aucune interruption.

17. On ne peut dire la bénédiction de “Yichtabba’h” que si on a récité auparavant “Baroukh chéamar” et au minimum une partie des “Péssouqé dézimra”.

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