Bénédictions du matin/ Bénédictions de la Torah

> Intentions à avoir dans les bénédictions et la mention du nom de Dieu

1. On ne doit réciter aucune bénédiction avec rapidité ou sans concentration ; il faut prendre le temps de prononcer chaque bénédiction mot à mot et à haute voix, en pensant à la signification de ce que l’on dit. En outre, lorsqu’on mentionne le Tétragramme, on doit penser à la signification du Nom tel qu’on le prononce”: “A-donaï” – Maître de tout, ainsi qu’à la signification du Nom tel qu’il est écrit: Y-H-V-H – Il était, Il est et Il sera (par combinaison des lettres du Nom divin, nous obtenons ces trois temps du verbe être, témoignant de la présence divine dans l’éternité). Quand on mentionne le nom “Elohim”, on doit penser au fait que Dieu est Tout-Puissant et Maître de toutes les facultés et forces. Enfin, en disant “Elohénou” (notre Dieu), on doit penser au fait que Dieu veille et protège individuellement chaque membre du peuple d’Israël, et qu’Il est Tout-Puissant et Maître de toutes les facultés et forces. Tout cela concerne uniquement celui qui récite une bénédiction ; en revanche, lorsque l’on récite un verset, il suffit de comprendre le sens simple des mots.

2. C’est lorsqu’on prononce le Nom lui-même qu’on doit avoir toutes ces intentions ; on prolongera donc l’énonciation du mot de façon à avoir le temps de se concentrer comme il se doit. Cependant, si cela nous est difficile, on peut penser au sens du mot immédiatement après l’avoir prononcé, dans un laps de temps d’environ deux secondes, ce qui revient au même, d’autant plus que certains font attention de ne pas trop allonger la prononciation du nom de Dieu de peur de déformer la signification du mot.

3. Celui qui ne peut pas se concentrer comme mentionné, pourra se contenter de penser au fait qu’il mentionne le nom du Maître de tout, Saint béni soit-Il. On devra toutefois, dans le premier verset du “Chéma’ Yisraèl”, s’efforcer de penser en prononçant le nom de Dieu qu’Il est "Maître de tout, Qui était, Qui est et Qui sera". Malgré cela, si on a pensé uniquement qu’Il est "Maître de tout", on est acquitté à postériori.

4. Comme il peut arriver de ne pas se concentrer de manière adéquate à chaque récitation du nom de Dieu, il est recommandé de réciter au début de la journée la déclaration de “Gilouï da’at” rapportée dans certains livres de prière ; on y déclare par avance notre volonté d’avoir les intentions nécessaires. Cependant, cela ne dispense pas à priori d’avoir les intentions requises, en particulier dans le premier verset du “Chéma’ Yisraèlet la première bénédiction de la ‘Amida.

5. Il convient de veiller à bien prononcer chaque mot et chaque lettre des bénédictions. Malheureusement, de nombreuses personnes récitent hâtivement les bénédictions, en omettant certaines lettres ou en n’articulant pas correctement les mots (par exemple en prononçant “Baroukhatta” au lieu de “Baroukh Atta”, en deux mots distincts).

6. Lorsque l’on dit “Baroukh Atta”, il faut prendre soin de prononcer la lettre “Tav”- "t" du mot “Atta” de manière accentuée. Sinon, le sens du mot (qui est le pronom "Tu") serait le verbe "venir", comme dans le verset “Véata mérivévot qodèche” – Il est venu avec Ses saintes myriades" (Deutéronome 33,2).

7. Lorsqu’on récite une bénédiction, il est interdit de vaquer à une quelconque occupation, puisque ce serait là un manque de respect et de considération pour le Roi, à qui s’adressent nos louanges. De plus, cela empêche de se concentrer convenablement. Même faire des actes simples qui ne demandent pas d’efforts particuliers, est interdit. Ainsi, par exemple, il est interdit de réciter une bénédiction tout en conduisant.

> Bénédiction de « Achère Yatsar » et bénédictions du matin

8. On s’efforcera de réciter la bénédiction de “Achère Yatsar, “en se concentrant sur le sens des mots. Marane, dans le Choul’hane ’Aroukh, y a consacré un long paragraphe pour expliquer le sens de cette bénédiction. (De même, dans notre siddour, cette prière est assortie d’une explication détaillée). Tout celui qui fait attention à réciter cette bénédiction avec concentration se préserve de nombreuses maladies.-

9. A priori, on doit réciter la bénédiction de “Elohaï Néchama” immédiatement après celle de Achère Yatsar, sans aucune interruption.

10. A partir de ‘Haçote (la mi-nuit), il est possible de réciter les bénédictions du matin”. En cas d’empêchement, celui qui n’a pas pu réciter ces bénédictions avant la prière du matin peut le faire plus tard, durant toute la journée, avec deux exceptions. Tout d’abord, il ne prononcera pas le nom de Dieu dans la conclusion de la bénédiction de “Elohaï Néchama”, puisque certains sont d’avis qu’il a été acquitté de cette bénédiction par celle de “Méhayé hamétime”, récitée dans la ‘Amida. De plus, il ne récitera pas les bénédictions de la Torah, ayant déjà été acquitté dans la prière par la bénédiction de “Ahavat ’olame”.

11. Notre maître le Ari zal avait coutume de dire les bénédictions du matin à la maison, avant de se rendre à la synagogue. L’ensemble des communautés sépharades a adopté cette coutume. Il est préférable d’agir ainsi, puisque si on n’a pas encore récité les bénédictions du matin et ni par conséquent les bénédictions de la Torah, on ne pourra pas dire le verset de “Vaani bèrov ’hasdékha” en entrant dans la synagogue. De même, pendant la période des “Seli’hote”, il sera interdit de lire les psaumes et versets contenues dans ces suppliques avant d’avoir récité les bénédictions du matin. En tout état de cause, il est évident qu’il ne faut pas repousser volontairement la récitation des bénédictions du matin après la prière, car on bouleverse l’ordre établi par nos Sages pour la prière du matin.

12. La bénédiction de “Hamma’avir ’hevlé chéna” ne se termine pas avec les mots “outnouma mé’af’apaï”, mais se poursuit avec le “Vihi ratsone” qui suit se terminant par les mots “Gomèl ’hassadime tovime lé’amo Yisrael” ; tout ce texte forme une seule bénédiction. Ainsi, on ne répondra pas Amen après les mots “Outnouma mé’af’afaï”, mais uniquement à la fin de la bénédiction toute entière.

> Les bénédictions de la Torah

13. Il convient d’être très vigilant à propos des bénédictions de la Torah, et de ne rien étudier avant de les avoir récitées au préalable. Même pour un verset contenu dans la prière ou une supplication, on s’abstiendra de le dire avant d’avoir récité ces bénédictions. Par conséquent, ceux qui se lèvent à l’aube pour réciter les “Seli’hote” doivent réciter auparavant toutes les bénédictions du matin, bénédictions de la Torah comprises.

14. C’est une mitsva de réciter les bénédictions de la Torah avec une joie profonde. On remercie par-là Dieu de nous avoir choisis d’entre toutes les nations et nous avoir donné Sa Torah. Cette Torah n’est pas, à Dieu ne plaise, une science comme une autre, qu’il est intéressant et utile de connaitre, mais elle est l’essence même de notre vie et de notre longévité. On récitera donc ces bénédictions avec une grande ferveur, et par ce mérite, on aura des enfants érudits en Torah ; on méritera aussi d’être doté d’une bonne mémoire. On doit avoir l’intention d’acquitter par ces bénédictions l’étude de toute la journée et de la soirée, jusqu’au coucher.

15. La bénédiction de “’Al divré Torahest considérée comme une bénédiction à part entière (qui n’est pas liée à celle de “Véha’arèv na”), et on est tenu d’y répondre Amen comme après toute bénédiction.

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