Bénédictions sur les aliments

> Bénédictions initiales et finales récitées sur les aliments

>> Atteindre l’Esprit de sainteté

Rabbi ’Haïm Vittal écrit: "Mon maître (le Ari zal ) m’a révélé que l’Esprit de sainteté qui repose sur l’homme dépend de la ferveur et du soin qu’il met dans la récitation des bénédictions sur les aliments. En effet, les aliments, comme toute matière, sont pollués par les forces du Mal qui y sont liées, et qui vont ensuite s’attacher à la personne qui les consomme. C’est en récitant la bénédiction avec soin que l’homme neutralise l’emprise de ces forces et purifie le matériel avant de le consommer. Mon maître insistait beaucoup sur ce point."

1. On a l’obligation de réciter la bénédiction adéquate sur tout aliment ou toute boisson avant de les consommer. Même si on n’en consomme qu’une infime quantité, on se doit de faire la bénédiction. Nos Sages ont dit: "Tout celui qui tire profit de ce monde sans bénédiction le profane, et est considéré comme avoir volé Dieu ainsi que le peuple d’Israël (puisque "à Hachem appartient la terre et ce qu’elle contient" (Psaumes 24,1), et cette personne en profite sans Sa permission. De plus, elle entraine par son acte une restriction de l’abondance et des bénédictions qui sont destinées au peuple d’Israël: elle prive ainsi tout le peuple).

2. De la même manière qu’il faut faire une bénédiction avant de manger, il faut aussi faire une bénédiction après la consommation. Cependant, cette dernière ne sera récitée que si on a consommé la quantité d’un kazaïte (26 cm3) ou plus, dans un laps de temps de “akhilate pérass” (sept minutes) pour un aliment solide ; et pour une boisson, si on a bu un révi’ite (81 ml) d’un seul trait.

3. Les quantités de kazaïte et de révi’ite mentionnées ci-dessus se mesurent en volume (centimètres cubes) et non en poids (grammes). C’est pourquoi, un aliment qui occupe le volume d’un cube de trois centimètres de côté (en tout 27 cm3) excède déjà la mesure d’un kazaïte, et on doit faire la bénédiction finale après l’avoir consommé, même s’il ne pèse pas 26 grammes. A contrario, on ne récite pas de bénédiction finale sur un aliment qui n’a pas ce volume, même s’il pèse plus de 26 grammes.

4. Ainsi, par exemple, celui qui consomme le tiers d’une maça faite à la machine, a déjà consommé un kazaïte et doit réciter la bénédiction finale, bien que ce morceau ne pèse que 11 grammes, sa masse volumique étant faible. À l’inverse, celui qui mange 26 grammes de fruits secs ou de chocolat, ne doit pas réciter de bénédiction finale puisque leur masse volumique est élevée et que cette quantité n’occupe pas le volume de 26 cm3.

> Lois des bénédictions initiales

5. Celui qui consomme du gâteau, des biscuits, des feuilletés, croissants ou toute autre pâtisserie [à base des cinq céréales] cuite au four, ou même de la maça en dehors de la fête de Péssa’h, doit faire la bénédiction: “Baroukh […] boré miné mézonote” (Béni Tu es Hachem […] qui crées divers genres de nourriture). Et ce, dans le cas où on ne base pas son repas sur ces aliments. Cependant, si on désire consommer des pâtisseries en guise de repas (c’est-à-dire en consommer 216 cm3 ou plus) ou du pain azyme (plus de deux “Matsot” machine), on doit se laver les mains en bénissant “’Al Nétilat yadayim”, et réciter sur la pâtisserie ou la maça la bénédiction de “hamotsi lé’hème mine ha’arèç” (qui fais obtenir le pain de la terre). À la fin de ce repas, on fera le Birkat hamazone.

6. Sur des aliments mézonote frits, bouillis ou cuits à la vapeur, comme du couscous, des pâtes, un “malava’h” frit (sorte de pâte feuilletée), un beignet, etc., on récite toujours “boré miné mézonote” (et à la fin “’al hammi’hiya” – cf. supra), quelle que soit la quantité consommée.

7. Sur les fruits de l’arbre (qu’ils fassent partie des sept espèces d’Israël ou non), tels que le raisin, les dattes, les pommes, les figues de barbarie, etc., on récite “boré péri ha’èç” (qui crées le fruit de l’arbre).

8. Sur des aliments qui poussent sur la terre, comme des tomates, des concombres, de la laitue, des grains de blé soufflés etc., on récite la bénédiction “boré péri haadama” (qui crées le fruit de la terre). Signalons que certains fruits comme l’ananas, la banane, la papaye, bien que poussant sur une plante qui ressemble à un arbre, ont pour bénédiction initiale “boré péri haadama”.

9. Sur des galettes de riz, on récite “boré péri haadama”. Par contre, sur du riz cuit ou des grains de riz soufflés, on fait la bénédiction de “boré miné mézonote”, car cela nourrit et rassasie. Dans tous les cas, on récite en bénédiction finale “boré néfachote” et non “’al hammi’hiya”, cette dernière étant réservée aux cinq céréales. Rappel mnémotechnique: le mot Amen forme en hébreu l’acrostiche des mots “orèz” (riz), mézonote et “néfachote”.

10. Si des grains des cinq céréales ont été grillés ou soufflés, comme des galettes de blé soufflé, des flocons d’avoine, des céréales "Smacks", on ne récite pas “boré miné mézonote” mais “boré péri haadama”, et la bénédiction finale sera “boré néfachote”. Certains sont toutefois d’avis que “’al hammi’hiya” doit être récité en bénédiction finale. C’est pourquoi, il convient de consommer en même temps un autre aliment dont la bénédiction finale est “boré néfachote”, et dont la récitation acquittera aussi la consommation des céréales.

11. des champignons, ou celui qui mange des citrons acides même légèrement, ou encore celui qui boit de l’eau ou autres boissons (excepté le vin), doit réciter la bénédiction initiale de “chéhakol nihya vidvaro” (dont tout a été créé par Ta parole).

12. On ne récite aucune bénédiction sur des légumes, de la viande ou du poisson, lorsqu’ils sont consommés dans un repas à base de pain ou de couscous, car ils sont acquittés par la bénédiction faite sur le pain ou le couscous.

13. Lorsqu’on récite la bénédiction initiale, on doit saisir l’aliment ou la boisson de la main droite. A posteriori, même si on n’a pas tenu l’aliment ou qu’il était dans la main d’un tiers, on est acquitté.

> Lois des bénédictions finales

14. Comme nous l’avons déjà vu, celui qui consomme un kazaïte (26 cm3) d’un aliment solide dans un laps de temps de “akhilate pérass” (sept minutes), ou boit un révi’ite (81 ml) de liquide d’un trait, doit réciter la bénédiction finale. Il y a trois types de bénédictions finales:

 1. Birkat hamazone.

 2. “Mé’ène chaloche”.

 3. “Boré néfachote”.

15. Celui qui a consommé un kazaïte (26 cm3) de pain sous toutes ses variétés (baguette, pita, ‘Halla, pain complet, bagel américain, etc.) fait à base des cinq céréales, doit réciter le Birkat hamazone après sa consommation. Par contre, certains aliments appelés “pat habbaa békhissanine” se rapprochent du pain sans en remplir la fonction: il s’agit d’une pâte cuite au four comme des crackers, gâteaux, biscuits, feuilletés, etc., qui se consomment en dessert ou en goûter, mais non en tant que repas. En règle générale, on récite sur ces derniers la bénédiction de “boré miné mézonote” au début et celle de “’al hammi’hiya” à la fin. Cependant, si on compte en consommer une grande quantité comme celle d’un pérass (cette notion sera définie dans le paragraphe suivant), on devra faire la Nétilat yadayim, réciter la bénédiction de Hamotsi au début, et le Birkat hamazone à la fin: puisqu’on en consomme une quantité sur laquelle on base habituellement un repas, ces aliments remplissent alors fonction de pain.

16. Nos Sages ont des avis controversés quant à la mesure du pérass. D’après le Rambam est constitué par le volume de trois œufs (162 cm³); c’est l’avis adopté par Marane l’auteur du Choul’hane ’Aroukh.

Mais selon Rachi, le pérass correspond au volume de quatre œufs (216 cm³). Or, la règle en matière de bénédiction dicte de s’abstenir en cas de doute. Ainsi, celui qui mangera le volume de trois œufs de "pat habbaa békhissanine” ne doit pas réciter le Birkat hamazone, mais seulement “’al hammi’hiya”. Toutefois, celui qui craint les cieux s’abstiendra de consommer le volume de plus trois œufs(162 cm³) afin de ne pas se retrouver dans cette controverse, à moins, bien évidemment, qu’il ait à l’esprit de poursuivre sa consommation pour un volume de plus de quatre œufs auquel cas il pourra réciter le Birkat hamazone selon tous les avis.

17. La quantité du pérass énoncée précédemment se mesure sur la pâte uniquement et ne comprend pas la farce. Ainsi, le chocolat contenu dans les brioches n’est pas pris en compte, ni la pomme de terre à l’intérieur d’un feuilleté.

18. Pour évaluer facilement la quantitééférence un verre en plastique jetable de taille standard (18 cl): si l’aliment remplit un verre et un cinquième, il a le volume requis.

>> Les lois du Birkat hamazone seront traitées au chapitre 26.

19. Celui qui consomme un kazaïte (26 cm3) d’un aliment fait à base de farine des cinq céréales (qu’il soit cuit au four, bouilli ou frit) comme un gâteau, des pâtes, du couscous etc., ou qui consomme un kazaïte d’un fruit des sept espèces d’Israël (raisins, figues, grenades, olives, dattes), ou encore celui qui boit un révi’ite de vin (ou de jus de raisin) d’un trait, doivent réciter le “mé’ène chaloche” en bénédiction finale.

20. Dans cette bénédiction, nous mentionnons l’objet de la bénédiction en introduction et en conclusion. Ainsi, si on a consommé des mets mézonote, on dit: “’al hammi’hiya vé’al hakkalkala” ; si on a mangé des sept fruits d’Israël, on dit: “’al ha’èç vé’al péri ha’èç” ; si on a bu du vin, on récite: “’al haguéfène vé’al péri haguéfène”. Si on a consommé deux catégories d’aliments, par exemple un kazaïte de gâteau et un kazaïte d’un fruit des sept espèces d’Israël, on englobera les deux dans la même bénédiction et

on dira: “’al hammi’hiya vé’al hakkalkala vé’al ha’èç vé’al péri ha’èç ect”.

21. Suivant l’opinion du Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef, après la consommation d’aliments mézonote, la bénédiction finale se conclut par “’al haarèç vé’al hammi’hiya” (sans ajouter “vé’al hakkalkala”). Selon le Rav Moché Lévi, ceux qui ont coutume de conclure “’al haarèç vé’al hammi’hiya vé’al hakkalkala” pourront suivre leur habitude, et tel est aussi l’avis du Roch Yéchiva Rav Méir Mazouz.

22. Celui qui consomme un kazaïte (dans une durée de sept minutes) de tout aliment ne faisant pas partie des cinq céréales ou des sept espèces d’Israël, ou celui qui boit un révi’ite d’un trait de toute boisson (autre que le vin ou le jus de raisin), doit réciter comme bénédiction finale: “Baroukh […] boré néfachote rabbote vé’hessronane ’al kol ma chébbarata leha’hayote bahème néfèche kol ’haï, baroukh ’hé ha’olamime”.

23. Le sens de cette bénédiction est le suivant: Dieu crée de nombreux êtres (“boré néfachote rabbote”) dont les besoins (“vé’hessronane”) sont remplis par les différents aliments que Dieu a créés afin d’entretenir l’âme de tout vivant (“’al kol ma chébbarata leha’hayote bahème néfèche kol ’haï”). Par conséquent, il convient de marquer une pause entre “boré néfachote rabbote” et “vé’hessronane ’al kol ma chébbarata etc.”. D’autres expliquent la bénédiction différemment: “boré néfachote rabbote vé’hessronane” – Dieu crée de nombreux êtres et de quoi combler leurs besoins vitaux, comme le pain et l’eau ; “’al kol ma chébbarata leha’hayote bahème néfèche kol ’haï” – en plus des choses secondaires dont le monde aurait pu se passer. Selon cette explication il faut marquer la pause après le mot “vé’hessronane”. Tel est l’avis de notre maître le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef.

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