Chaharite de chabbat

> Cha’harite de chabbat

1. Le Ari zal avait coutume de lire les “Péssouqé dézimra” du chabbat matin de manière plus mélodieuse que durant la semaine, en l’honneur du chabbat.

2. La louange de “Nichmate kol ’haï” est très élevée, et il faut la réciter sur un ton mélodieux. On tient de Rabbi Yéhouda “Ha’hasside” que cette louange préserve de tout mal. Si une personne en détresse prend sur elle de lire le passage de “Nichmate kol ’haï” devant dix hommes lorsque viendra le salut, elle sera sauvée par ce mérite. Ceci a été vérifié avec succès par maintes personnes.

3. En disant “Nichmate kol ’haï”, il faut penser à recevoir l’âme supplémentaire du jour de chabbat. Il est bon aussi de penser que les premières lettres des mots “Nichmate kol ’haï” ont pour valeur numérique 78, soit trois fois le Tétragramme (26) ; et que les deux mots “kol ’haï” ont pour valeur numérique 68, tout comme le Tétragramme additionné du Nom divin “Éhyé” bissé, et tout comme le mot “’hayyime” (vie, en hébreu).

4. Celui qui, après avoir récité le passage de “Az yachir Moché”, a enchaîné par la bénédiction de “Yichtabba’h” à l’instar des autres jours de la semaine, en omettant d’intercaler le passage de “Nichmate kol ’haï”, doit achever le “Yichtabba’h”, puis réciter là-bas le “Nichmate kol ’haï”. S’il a déjà entamé le “Yotsère”, il ne s’interrompra pas et ne récitera le “Nichmate kol ’haï” qu’à la fin de la prière.

Se référer au chapitre vingt-neuf paragraphes 4 à 8, pour les règles de la ‘Amida de chabbat.

> Sortie du Séfère Torah

5. Le jour du chabbat, on récite avant l’ouverture de l’Arche sainte le passage “Atta hor-éta ladda’ate”, qui comporte sept versets, en rappel des sept personnes qui montent à la Torah en ce jour. Lorsqu’un jour de fête tombe en semaine, seules cinq personnes sont appelées à la Torah, c’est pourquoi on ne lit pas les deux premiers versets de ce passage”, et on commence par “Yéhi Hachem Élohénou ’imanou ect”.

6. Après avoir récité ces versets, on ouvre l’Arche sainte. La coutume à Tunis est d’ouvrir l’Arche sainte tout en disant le verset “Ba’avour David ’avdékha etc.” Cette coutume a sa source dans un passage du Talmud (chabbat 30,1).

7. Après l’ouverture de l’Arche sainte, on lit la prière de “Bérikh chéméh”, rapportée dans le Zohar. Celui qui ne comprend pas l’araméen demandera à un érudit de lui en explique le sens. (Dans les recueils de prière “’Téfilate Cha’harite”’ et “Echète ’hayil”’ imprimés par nos éditions, ce passage est traduit).

8. Il n’est pas nécessaire d’ouvrir “le Séfère Torah” posé dans l’Arche sainte pour réciter le “Bérikh chéméh”.

9. Lorsqu’on sort “le Séfère Torah”, l’officiant s’adresse aux fidèles en disant: “Gadélou la-donaï etc." (Magnifiez Hachem avec moi, ensemble célébrons Son Nom). Puis, tous entonnent les versets “Romémou A-donaï etc.” (Exaltez Hachem, notre Dieu etc.) en chantant.

10. La coutume de notre maître le Ari zal était d’embrasser “le Séfère Torah” lorsqu’on le sortait de l’Arche sainte et de le suivre jusqu’à l’estrade. Puis, il restait près de l’estrade jusqu’à ce que “le Séfère Torah” soit ouvert et exposé aux yeux des fidèles. Il observait alors attentivement les lettres du Séfère Torah, en se tenant suffisamment proche pour pouvoir les lire ; cela permet à l’homme de recevoir une grande lumière spirituelle, disait-il. Ensuite, il retournait à sa place et y restait assis jusqu’à la fin de la lecture de la Torah, contrairement à certains qui ont pris l’habitude de rester debout durant la lecture.

> Soulever le Séfère Torah

11. Certains ont l’habitude de réciter le chabbat, avant que l’on soulève “le Séfère Torah”, le verset de “Yismé’hou hachamayime” (Que les Cieux se réjouissent etc.). La raison en est la suivante: lorsque Dieu est descendu sur le Mont Sinaï, Il s’adressa aux enfants d’Israël en disant: "Si vous recevez la Torah, tant mieux ; sinon, Je ramène le monde à son statut originel de “tohu” et “bohu”. Lorsque les enfants d’Israël ont accepté de recevoir la Torah, les Cieux et la Terre se sont réjouis de ne pas avoir été réduits à néant. C’est pourquoi, lorsqu’on sort le Séfère Torah pour le lire, on prouve par là que l’on accomplit les préceptes de la Torah et assure la pérennité du monde ; c’est pourquoi "les Cieux se réjouissent". La Torah nous ayant été donnée un jour de chabbat, on mentionne donc ce verset précisément ce jour-là.

12. Celui qui a eu le mérite d’être désigné pour soulever le Séfère Torah, montre l’Ecriture aux fidèles, en tournant par sa droite, de l’Est au Sud. Tous, hommes comme femmes, doivent alors observer l’Ecriture, se prosterner et dire: “Vézote hatTorah” (Ceci est la Torah que Moché a placée devant les enfants d’Israël). Il est bon que chacun repère sur le parchemin un mot qui commence par la première lettre de son prénom.

13. Après avoir dit le verset: “Vézote hatTorah”, certains ont coutume d’ajouter: “’Al pi A-donaï béyad Moché” (Selon la parole de Hachem, par l’entremise de Moché), à deux reprises. Il sera permis de répéter ainsi le Nom de Dieu, même si on ne récite pas un verset en entier.

14. Les jours où on doit sortir de l’Arche sainte plusieurs “Sifré Torah”, on n’en soulèvera qu’un seul, celui dans lequel on doit lire en premier.

> Les montées à la Torah

15. La personne appelée à monter à la Torah doit emprunter le chemin le plus court, et retourner ensuite à sa place par le chemin le plus long. Si les distances de l’aller et du retour sont équivalentes, on monte sur l’estrade par la droite et on revient à sa place par l’autre côté.

16. Celui qui monte à la Torah, doit au préalable repérer le passage qui va être lu, puis recouvrir le texte (à l’aide d’un foulard), avant de réciter la bénédiction initiale (“Achère ba’har banou etc.”). Il découvre ensuite le texte, puis on entame la lecture. Une fois celle-ci terminée, il recouvre à nouveau le texte avec le foulard et récite la bénédiction finale (“Achère natane lanou etc.”).

17. Lorsqu’on récite la bénédiction, on doit tenir les rouleaux mêmes de la Torah de part et d’autre, à l’aide du foulard (et pas uniquement le boîtier extérieur). Après avoir terminé les bénédictions, on retire la main gauche mais on maintient la main droite sur le parchemin (par l’intermédiaire du foulard).

18. Celui qui monte à la Torah autant que celui qui lit la Torah doivent veiller à ne pas prendre appui sur l’estrade durant la lecture.

19. De nos jours, c’est en général un officiant préposé qui lit la Torah. Celui qui monte à la Torah doit néanmoins lire lui aussi les versets de la Torah en même temps que l’officiant, afin que ses bénédictions ne soient pas récitées en vain. Il doit cependant veiller à lire silencieusement, de manière inaudible, puisque deux personnes ne peuvent faire entendre la lecture en même temps.

20. Dans le cas où l’officiant désire monter lui-même, une tierce personne devra se tenir à ses côtés (“du côté gauche), puisque la Torah nous a été initialement donnée par Dieu au moyen d’un intermédiaire (car nous n’avons pas reçu la Torah directement de Dieu, mais par l’intermédiaire de notre maître Moché, comme il l’affirme dans le verset: "Je me tiens entre Dieu et vous"). “De même à présent, la lecture doit se faire avec un intermédiaire. Ainsi, lorsque celui qui monte à la Torah n’est pas l’officiant lui-même, il est considéré comme celui qui reçoit la Torah à l’image des enfants d’Israël, et l’officiant est tel notre maître Moché (le Séfère Torah représentant la parole même de Dieu). Cependant, lorsque l’officiant monte lui-même à la Torah, il est considéré comme celui qui la reçoit, d’où le besoin de lui adjoindre une tierce personne qui remplit le rôle de Moché, notre maître, que son âme repose en paix.

21. En récitant la bénédiction finale, il faut penser à faire allusion à la Torah écrite en disant “achère natane […] Toraht émète” (qui nous as donné Ta Torah, Torah de vérité), et à la Torah orale, en disant “vé’hayyé ’olame […] bétokhénou” (et qui as implanté en nous une vie éternelle). Toute personne doit veiller à monter à la Torah au moins une fois par mois.

22. Celui qui est monté à la Torah ne doit pas descendre de l’estrade avant que le prochain appelé ne l’ait rejoint, en signe d’honneur envers la Torah, pour ne pas laisser le “Séfère” seul avec seulement l’officiant à ses côtés. On a même l’habitude d’attendre qu’il termine sa bénédiction, voire toute la lecture. Il est souhaitable d’agir ainsi et d’attendre la fin de la lecture, afin que les fidèles ne perdent pas un mot de la lecture, ce qui arrivera s’ils doivent souhaiter “’Hazaq ouvaroukh” à celui qui vient de terminer sa montée.

23. Un pécheur, qui ne pratique pas certaines mitsvot, peut monter à la Torah, mais ne peut lire comme officiant jusqu’à ce qu’il se repente (sauf s’il n’y a personne d’autre). Ceci est valable pour toutes les fautes, sauf celle de transgresser le chabbat en public: un tel fauteur ne peut ni compléter un minyane de dix personnes, ni monter à la Torah. S’il n’y a pas d’autre alternative et que cela risque d’éveiller des querelles, on le laissera monter. L’officiant devra dans ce cas se considérer comme étant celui qui monte à la Torah ; bien qu’il n’ait pas récité les bénédictions, cela ne fait pas obstacle à la chose.

24. À la fin de la bénédiction finale de la montée d’un marié, on a l’habitude de lire la section de “Véavraham zaqène” à partir d’un “’houmach”, en traduisant chaque verset en araméen sur un air mélodieux. Certains ont coutume de lire ce passage dans un Séfère Torah, en appelant le marié à lire la quatrième montée dans un second Séfère Torah tiré à cet effet. Le marié récite les bénédictions et lit la section mentionnée tandis qu’une autre personne récite la traduction araméenne. Ce rite date de l’époque des “Guéonim” ; elle est suivie à Tunis, Djerba et en Lybie, et est rapportée par plusieurs décisionnaires.

25. On a l’habitude de réciter la bénédiction du Gomèl après la lecture de la Torah. Les règles relatives à ce sujet seront détaillées dans le prochain chapitre. Nous préciserons seulement qu’il faut à priori réciter cette bénédiction dans un délai de trois jours, même en l’absence de Séfère Torah.

26. Le chabbat qui précède le début du mois du calendrier juif, l’officiant annonce après la lecture de la Torah, que “Roch ’Hodèche” sera tel ou tel jour, à l’exception du mois de Tichri (Certains ont l’habitude de ne pas annoncer le mois de Av non plus).

27. Certains ont l’habitude de se lever lorsque l’officiant annonce le début du mois, à l’image de la sanctification du mois par le “Bèt Dine”, qui se faisait debout. D’autres n’ont pas adopté cette habitude.

28. Lors de la tékoufa, il est dangereux de boire de l’eau ; cette transmission remonte à l’époque des “Guéonim”. Dans le chapitre 47, nous avons longuement expliqué ce qu’est la tékoufa et les règles qui lui sont relatives. Nous mentionnerons juste ici que le chabbat précédant la tékoufa, l’officiant doit annoncer après la lecture de la Torah, quel jour et à quelle heure va survenir la tékoufa, afin que les fidèles prenne garde à ne pas boire d’eau durant ce laps de temps. Que Dieu protège le peuple d’Israël de tous les mauvais décrets. Amen.

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