Déroulement de la journée

Perçois-Le dans toutes tes voies (Proverbes 3,6)

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1. Après la prière, on s’efforcera de lire la section quotidienne du “’Hoq lé-Israël”. C’est une compilation riche et parfaite instituée par notre maître le Ari zal. Par cela, on mérite en peu de temps (une dizaine de minutes) de lire des versets de la Torah, des Prophètes et des Hagiographes, d’étudier des textes de la Michna, de la Guémara et du Zohar, de la morale et des lois pratiques. Toute personne qui craint Dieu fera de cette lecture une obligation à laquelle il ne dérogera pas, car elle est d’un grand bénéfice pour l’âme. Concernant les versets de la Torah, il faut lire deux fois chaque verset et une fois sa traduction araméenne. Pour les Prophètes et des Hagiographes, ce sera une fois chaque verset avec sa traduction araméenne.

2. Après avoir achevé sa prière, on doit se fixer un moment pour étudier la Torah. Il faut que ce temps d’étude soit constant et on ne doit pas y renoncer, même si l’on pense pouvoir faire d’importants bénéfices à ce moment. Si on ne sait pas étudier, on se rendra dans une maison d’étude et consacrera du temps à apprendre des lois pratiques ou à lire des textes de morale, ou encore on suivra un cours de Torah. Quoi qu’il en soit, il faut au minimum prendre soin de lire le “’Hoq lé-Israël” immédiatement après la prière.

3. Avant de débuter l’étude, il convient de prendre une pause pour le petit-déjeuner. Il est recommandé de s’habituer à consommer du pain chaque matin, c’est-à-dire de manger juste après la prière un cabbétsa de pain (54 cm3) et de boire de l’eau ou une autre boisson (naturelle et bonne pour la santé), de préférence une boisson chaude. Nos sages ont dit dans le Talmud: "Quatre-vingt-trois maladies sont liées à la bile, et toutes sont éliminées par la consommation de pain et d’un broc d’eau le matin". Il est bon de prendre de bonnes habitudes pour la santé, afin d’être sain et vigoureux pour le service de Dieu.

4. Nos Sages ont encore dit: "Consommer du pain le matin a treize vertus: cela épargne l’homme des chaleurs, du froid, des vents, des êtres malfaisants, l’assagit, lui fait gagner ses procès, lui fait mériter d’étudier la Torah et de l’enseigner, ses propos seront considérés, son étude sera maintenue, sa chair ne s’échauffera point […] les vers de ses entrailles seront tués". Certains ajoutent que cela repousse la jalousie et favorise l’amour.

5. Après l’étude, on s’occupera de son gagne-pain car "toute étude sans travail est amenée à être abandonnée et entraine la faute" (“Maximes des Pères” 2,2), et la pauvreté mène à la malhonnêteté. Ainsi, nos Sages ont dit dans le Talmud: "Rabbi Pin’has bar ’Hama enseignait: La pauvreté à l’intérieur d’un foyer est plus pénible que cinquante plaies". Ils ont aussi enseigné: Le souci d’un homme au sujet de sa subsistance lui pèse tant, qu’elle lui fait oublier toute autre pensée, y compris les pensées de Torah, comme il est dit: "Il fait échouer les projets des Sages, leurs mains n’exécutent pas avec sagesse" (Job 5,12). Cependant, il faut veiller à ce que le travail ne prédomine pas l’étude, mais le contraire, et on verra la réussite dans les deux domaines.

6. Il convient de faire son travail honnêtement, sans vol ni ruse ou escroquerie. Il faut prendre garde à ne pas mentionner le nom de Dieu en vain, car cela amène la mort! (à Dieu ne plaise). Il faut éviter de prononcer tout serment, même véridique. Nos Sages ont dit: "Le roi “Yanaï” possédait mille villes, et toutes furent anéanties car leurs habitants avaient coutume de jurer, bien qu’ils accomplissaient ensuite leur serment".

7. On doit penser que notre travail nous aide à nourrir notre femme et nos enfants, ce qui est un précepte de la Torah. On doit aussi penser que notre travail nous aide à étudier la Torah sans souci, à soutenir ceux qui se dévouent entièrement à la Torah, et à accomplir la bienfaisance et la charité.

8. On ne doit pas profiter de ce monde pour sa jouissance personnelle, mais on doit le faire pour servir Dieu, comme dit le verset: "Perçoit-Le dans toutes tes voies", et nos Sages de commenter: toutes nos actions doivent être “Léchème chamayime” (pour le Nom de Dieu). Même des actes anodins comme manger, boire, marcher, s’asseoir, se lever, converser, et tous les autres besoins corporels, doivent être effectués pour servir Dieu, ou en tant que moyens pour atteindre ce but. Si une personne ayant faim ou soif, mange et boit pour assouvir son envie, ce n’est pas louable ; il convient de le faire dans le but de vivre et de servir Dieu. De même, pour dormir: il est évident qu’il ne faille pas paresser au lit au détriment du service de Dieu ; mais même étant fatigué, il convient de dormir non pas pour donner du plaisir à son corps, mais pour se ressourcer afin de garder la force, la concentration et la tranquillité d’esprit nécessaires à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des mitsvot. Pareillement, pour ce qui est de la conversation: même en s’entretenant de propos de sagesse, il faut garder à l’esprit que l’on parle pour le service de Dieu. Telle doit être la démarche pour toute jouissance matérielle: il ne faut pas en profiter de manière brute, mais les considérer comme un moyen pour avoir la sérénité et la tranquillité d’esprit nécessaires pour servir Dieu. Tout homme doit donc examiner ses actes et soupeser ses actions afin d’accomplir tout ce qui le rapproche du service de Dieu, et s’abstenir dans le cas contraire. En suivant cette règle, on sert notre Créateur en permanence, de sorte que même le fait de manger, boire, ou dormir, sera considéré comme l’équivalent d’une mitsva!

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