kiddouch du matin & L’étude de la Torah le chabbat

 

> Lois du kiddouch du matin

1. Le chabbat matin également, après la prière de Moussaf, il est interdit de manger ou de boire quoi que ce soit jusqu’à ce qu’on fasse le kiddouch. Cependant, avant la prière de Cha’harite, il est permis de boire de l’eau (ou du thé ou du café), puisque l’obligation de faire le “kiddouch n’incombe pas encore.

2. Une femme qui a l’habitude de prier “Cha’harite tous les jours a le droit de boire de l’eau le chabbat” matin avant sa prière, puisque l’obligation de faire kiddouch ne vient qu’ensuite, comme mentionné. Si par contre une femme n’a pas l’habitude de prier “Cha’harite régulièrement (mais seulement Min’ha ou ‘Arvit), elle n’a pas le droit de boire à partir de l’aube, puisque dès ce moment, le kiddouch s’impose.

3. Le kiddouch du matin consiste essentiellement en la bénédiction de “Boré péri haguafène”. De nos jours où le jus de raisin est largement répandu, les femmes peuvent aisément faire elles-mêmes le kiddouch plus tôt sans devoir attendre que le mari rentre de la synagogue. Elles devront juste prendre soin de manger un kazaïte (26 cm3) “d’aliment mézonote après le kiddouch, car ce dernier doit être suivi immédiatement d’un repas. Cependant, dans le cas d’une femme malade ou âgée pour qui il est difficile de boire même du jus de raisin, on pourra se montrer indulgent et lui autoriser de manger le matin avant le kiddouch.

4. Certains pensent que l’obligation de faire le kiddouch incombe aussitôt après la prière de Cha’harite, avant même d’avoir prié Moussaf ; il sera alors interdit de boire même de l’eau sans avoir fait le kiddouch. D’autres sont plutôt d’avis que la nécessité de faire le kiddouch ne vient qu’après la prière de Moussaf. C’est le premier avis qui est retenu, mais on pourra permettre à une personne malade ou faible de goûter un peu (du pain ou des gâteaux jusqu’à 54 cm3, et des fruits ou des boissons sans restriction) avant le Moussaf même sans kiddouch, si elle n’est pas en mesure de le faire ; mais lorsque cela est possible, elle devra réciter auparavant le kiddouch.

5. Celui qui récite le kiddouch avant la prière de Moussaf sur du vin, doit prendre garde à ne pas boire un révi’ite (81 cm3) de vin, car il lui sera alors interdit de prier Moussaf. Il se contentera donc de boire une gorgée pleine (41 cm3). Si par contre il fait le kiddouch sur du jus de raisin (qui n’est pas alcoolisé), il sera au contraire préférable qu’il boive un révi’ite, afin de ne pas avoir de doute quant à la bénédiction finale. Après le kiddouch, il doit manger au moins un kazaïte de gâteau (sans dépasser toutefois un cabbétsa), de sorte à juxtaposer le kiddouch et la « séouda ». Mais il ne faudra pas excéder la mesure de cabbétsa (54 cm3) de gâteau, car il est interdit de manger une grande quantité de mézonote avant la prière de Moussaf.

6. Suivant la Kabbalah, on se tient à l’endroit où l’on va réciter le kiddouch, et on effectue un tour autour de la table. On saisit ensuite deux branches de myrte (une en rappel du commandement de se souvenir du chabbat, et l’autre de celui de l’observer), on récite la bénédiction des “Béssamime” pour les sentir et dit: “Chamor etc.” (les commandements de se souvenir et d’observer le chabbat ont été énoncés en même temps), ainsi que le verset: “Réa’h etc.” (c’est un arôme d’agrément, une offrande par le feu pour Dieu). Puis on effectue un second tour autour de la table sans parler (si on ne dispose pas de branches de myrte, on utilisera une autre plante odorante).

7. Avant le kiddouch, il est bon de réciter les paragraphes de Michna relatifs aux dix degrés de sainteté (traité “Kélime” 1,6-9) ainsi que le passage du “Zohar Béyoma déchabbéta” traitant de l’importance des repas de chabbat. Ensuite, on prononce le “Atkinou” et le poème “Assadère liss’oudeta” rédigé par le Ari zal (on le trouve imprimé dans notre siddour).

8. Celui qui fait le kiddouch ainsi que l’assistance doivent être assis pour le kiddouch du chabbat matin.

9. On procède au kiddouch comme suit: celui qui va le réciter prend place, reçoit la coupe à deux mains d’une autre personne qui la lui tendra aussi des deux mains, et l’élève au niveau de la poitrine pour la tenir ensuite de la main droite, un téfa’h (8 centimètres) au-dessus de la table. Puis, il coupe le vin d’eau à trois reprises (la mézigua). Il est bon que soit celui qui ait tendu la coupe qui fasse la mézigua.

> Etude de la Torah le jour du chabbat

>> Le chabbat et la Torah

Le Midrache rapporte: la Torah a dit devant Dieu: "Maître du monde, quand les enfants d’Israël prendront possession du pays [d’Israël], l’un ira s’occuper de sa vigne, l’autre de son champ, qu’adviendra-t-il de moi?" Dieu lui répondit: "Je t’ai associé un conjoint: c’est le chabbat, jour durant lequel les juifs ne travaillent pas et pourront s’adonner à toi".

10. Le jour du chabbat, il faut se fixer un temps d’étude (ou assister à un cours de Torah) après le repas du midi. Une fois l’heure de l’étude venue, il faut s’y rendre immédiatement et il sera interdit de poursuivre son repas. Les gens qui, toute la semaine, sont pris par leur travail doivent s’adonner le chabbat à l’étude, plus encore que les sages qui étudient en permanence durant de la semaine. (Ces derniers devront pour leur part marquer le chabbat par des mets raffinés, pour le différencier du restant de la semaine). Le Rav qui dispense le cours le chabbat doit mettre la priorité sur la conduite à suivre dans la pratique des mitsvot, en particulier les lois du chabbat, tout en enrichissant son propos par des paroles de “Aggada” (commentaires homilétiques), pour éveiller l’auditoire à la crainte du Ciel.

11. Les jours de chabbat et de fêtes n’ont été donnés au peuple d’Israël par Dieu que pour qu’ils puissent étudier la Torah. Les sages de la Kabbalah ont révélé que l’étude de la Torah le jour du chabbat a mille fois plus d’impact que l’étude des jours de semaine. C’est pourquoi, chaque personne doit faire de son mieux pour fixer des moments d’étude le chabbat, en choisissant un sujet qui l’intéresse et qui est à sa portée.

> Quand Je fixerai un mo’èd Je jugerai avec équité"

Nos Sages rapportent: "Lorsque, lors de Jugement dernier, Dieu jugera chaque personne sur le manque d’étude de la Torah, et demandera: "Pourquoi n’as-tu pas étudié la Torah?", chacun s’excusera: "j’étais absorbé par mes affaires". Dieu répliquera alors: "As-tu étudié la Torah les jours de chabbat et de fêtes, lorsque tu étais affranchi de tout travail?" Cette idée se retrouve dans le verset: "Quand Je fixerai un mo’èd: quand Dieu nous jugera sur le manque d’étude de la Torah, Il prendra à témoin les fêtes (mo’èd) et le chabbat qui sont des jours chômés, où on ne pourra avancer l’excuse de notre travail, et le jugement de Dieu- sera alors rendu avec équité".

Grâce à Dieu, dans notre génération nous bénéficions d’une immense diffusion de cours de Torah partout dans le monde, et les portes des synagogues et des salles d’étude sont ouvertes à tous.

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