La ‘Amida

> La prière de la ‘Amida 

1. C’est un commandement positif de la Torah de prier chaque jour, comme il est dit: "Et vous servirez Hachem votre Dieu", le service dont il question étant la prière. Chaque homme doit prier et supplier Dieu chaque jour de la manière suivante: on commence par louer Dieu, puis on demande ce dont on a besoin, pour finir par remercier Dieu pour les bontés dont Il nous a gratifiés. Il faut veiller à ne pas faire de sa prière une récitation routinière, mais au contraire prier avec la conscience d’accomplir un commandement divin.

2. Les femmes sont également soumises à l’obligation de prier. Il leur suffira toutefois de prier une fois par jour.

> Horaire de la ‘Amida

3. L’horaire de la prière du matin, c’est-à-dire de la ‘Amida, débute avec le lever du soleil, comme dit le verset: "Ils te craindront avec le soleil" (Psaumes 72,5), et se prolonge jusqu’à la quatrième heure solaire, soit le tiers de la journée (à consulter dans le calendrier).

4. En cas d’oubli ou de force majeure, on a le droit de prier jusqu’à la mi-journée (Haçot) ; à défaut de bénéficier du mérite d’une prière récitée dans les temps, on conserve néanmoins le mérite de la prière elle-même. Si le retard est volontaire, il y a une controverse entre les décisionnaires quant à la possibilité de réciter la prière du matin après la quatrième heure. Il conviendra alors de prier "sous condition", en stipulant oralement avant sa prière que s’il lui est interdit de réciter la prière du matin, sa ‘Amida sera considérée comme une offrande volontaire (à l’image de l’offrande volontaire approchée dans le Temple). Par contre, le chabbat et les jours de fêtes, il est interdit d’offrir un tel sacrifice ; par conséquent, on ne pourra plus réciter la prière du matin après la quatrième heure en cas d’oubli volontaire.

5. Celui qui a prié la ‘Amida avant le lever du soleil, est acquitté seulement à posteriori. Il est interdit de le faire à priori, sauf en cas de grande nécessité comme des ouvriers qui ont des horaires de travail matinaux.

6. Si on doit compléter un minyane de dix hommes priant avant le lever du soleil, on se joindra à eux pour répondre au qaddiche et la kedoucha, sans toutefois prier avec eux. Si le seul minyane disponible se tient avant le lever du soleil, il est préférable de prier seul à l’horaire imparti que de prier avec le minyane avant l’heure. Cependant, on devra quand même se joindre au minyane pour répondre au qaddiche et à la kedoucha, et aussi pour ne pas perdre l’habitude de prier avec un minyane.

7. Certains décisionnaires pensent qu’il est préférable de prier la ‘Amida seul précisément au lever du soleil, plutôt que de prier avec un minyane plus tardif. Cependant, il est préférable de prier avec le minyane plus tard, car la prière récitée en public n’est jamais dédaignée par l’Eternel. Il convient néanmoins de réciter le premier verset du Chéma’ juste avant le lever du soleil.

8. Si on prie avec un minyane de dix hommes qui débutent la ‘Amida aux environs du lever du soleil mais sans prendre garde à l’horaire exact, on pourra devancer ou retarder sa ‘Amida d’une minute ou deux, afin de pouvoir la commencer précisément au lever du soleil. Ceci n’est pas considéré comme prier seul ou devancer le minyane, car les prières vont se rejoindre. Dans ce cas, on peut même se dispenser d’attendre que l’officiant dise “A-donaï élohékhème émèt” à la fin du” Chéma’”, et les prononcer soi-même.

9. L’heure du lever du soleil correspond au moment où le soleil apparait àés de montagnes du côté de l’Est, on attendra qu’on puisse voir le soleil poindre au sommet des montagnes. (Il ne suffit pas de voir les rayons, mais bien le disque solaire lui-même). Ceux qui devancent l’horaire et prennent en considération l’heure à laquelle le soleil aurait dû apparaitre en faisant abstraction des montagnes, ne sont acquittés qu’à posteriori, tels ceux qui prient avant le lever du soleil. Il vaut mieux prier après le lever du soleil que prier avec eux. Cependant, s’il ne s’agit pas de relief naturel, mais seulement d’obstacles comme des gratte-ciels qui cachent le soleil à son lever, on ne les prend pas en considération pour déterminer l’horaire du lever du soleil.

10. Les décisionnaires ont des avis controversés si le début de la ‘Amida doit coïncider avec le début de l’apparition du disque solaire, ou avec le moment où ce dernier est entièrement visible. Il y a un écart de deux ou trois minutes entre les deux temps. L’habitude la plus répandue est de considérer le début de l’apparition du soleil, ce qui est justifié, mais il est cependant préférable de prier à la fin de l’apparition du soleil, afin de se conformer à tous les avis (les quatre minutes qui suivent le lever du soleil sont de toutes les façons assimilées à l’instant même du lever). Si, au contraire on suit la première opinion, on aura prié avant le lever du soleil selon le second avis, ce qui n’est valable qu’à posteriori. Tel est l’avis de notre maître Rabbi Maslia’h Mazouz et c’est l’horaire adopté dans les calendriers de la Yéchiva. Si on peut terminer le Chéma’avant le lever du soleil et prolonger la bénédiction de “Émèt véyatsiv” durant deux minutes et demi jusqu’à la fin du lever du soleil, on est digne de louanges et de bénédictions.

> Comment se tenir durant la ‘Amida

11. Lorsqu’on s’apprête à prier, si on se trouve en dehors d’Israël, on doit se tenir debout en en direction du pays d’Israël, en pensant que sa prière passe par Israël, Jérusalem, le Mont du Temple et enfin l’emplacement du Saint des Saints. Si on est en Terre sainte, on doit se diriger vers Jérusalem, en pensant que notre prière passe par Jérusalem, le Mont du Temple et l’emplacement du Saint des Saints. Si on se trouve à Jérusalem, on doit tourner sa face vers le Mont du Temple, en pensant que notre prière passe par le Temple et l’emplacement du Saint des Saints, porte du Ciel par laquelle toutes les prières transitent.

12. On ne doit pas commencer à prier dans un état de légèreté d’esprit, occupé par des frivolités et futilités, ni en état d’énervement. Il convient de se préparer à la ‘Amida avec crainte et soumission au Maître du monde, animé d’une joie authentique.

13. On doit se tenir debout, les pieds joints ître, en inclinant légèrement la tête. Il convient de suivre l’habitude de notre maître le Ari zal qui récitait sa ‘Amida les yeux fermés. Cependant, si on sait que l’on prie avec plus de ferveur en lisant les mots du siddour, c’est ce qu’on fera en prenant soin de ne pas détacher ses yeux du siddour.

14. Quand on prononce les mots “A-donaï séfataï tifta’h”, on pense à demander à Dieu la permission de s’exprimer devant Lui. On doit se figurer la suprématie de Dieu qui domine les êtres célestes, séraphins, anges, et l’univers entier, et qui, malgré Sa grandeur tend une oreille attentive aux infimes créatures qui prient devant Lui.

15. Il faut articuler les mots de la prière avec ses lèvres, à voix basse mais en restant audible pour soi-même seulement. S’il nous est difficile de se concentrer en priant en silence, on pourra élever la voix si on prie seul, mais pas si on prie en communauté.

> Se concentrer dans la ‘Amida

16. Celui qui prie la ‘Amida doit penser à la signification des mots qu’il prononce. Il doit prendre conscience de la Présence Divine, et éloigner toutes les pensées qui occupent son esprit afin de le laisser épuré en vue de la prière. On doit réfléchir au fait que si l’on s’adressait à un roi de chair et de sang, on tiendrait un discours préparé, répété, et récité du mieux que l’on peut. À plus forte raison, doit-on le faire lorsqu’on prie devant Dieu qui sonde les pensées de chacun. Les hommes pieux d’antan avaient coutume de s’isoler en vue de se préparer à la prière, jusqu’à se détacher du matériel et renforcer l’intellect à un tel degré qu’ils atteignaient un état quasi-prophétique.

17. On veillera particulièrement à réciter la première bénédiction (des Patriarches) avec ferveur, celle-ci constitue la partie essentielle de la ‘Amida. On fera de même attention à réciter la conclusion de chaque bénédiction avec concentration. À posteriori, si on ne s’est concentré dans aucun passage, on est acquitté. Celui qui a l’habitude de se concentrer dans la bénédiction des Patriarches et ne l’a pas fait, peut toutefois recommencer sa ‘Amida. Il est préférable cependant qu’il le fasse "sous condition", de manière à ce que cette prière soit considérée comme une "offrande volontaire" s’il ne devait pas la refaire (cf. infra paragraphe 4).

18. Il ne faut pas donner l’impression d’être fatigué pendant la prière, comme montrer de la difficulté à rester debout pour la ‘Amida. Qu’il soit couvert de honte, celui qui est plein d’entrain pour ses activités personnelles, mais paresseux pour le service divin!

> Prier la ‘Amida en même temps que la répétition de l’officiant

19. Une personne qui récite la ‘Amida en même temps que la répétition de l’officiant est considéré comme ayant prié avec un minyane de dix personnes. On doit cependant éviter de le faire car on perd l’occasion de répondre Amen durant la répétition.

> Se prosterner pendant la ‘Amida

20. En disant: “Baroukh”, on doit incliner son corps en fléchissant les genoux uniquement, et en disant “Atta", on doit incliner sa tête en fléchissant le buste jusqu’à ce que toutes nos vertèbres soient courbées, mais sans descendre plus bas que la taille. En disant: “A-donaï”, on redresse le corps, puis la tête. Dans le passage de “Modime”, on procède comme suit: en disant “Modime ana’hnou lakh”, on fléchit les genoux, et en disant “chaata hou”, on incline la tête. Ensuite, on redresse le corps puis la tête en prononçant “A-donaï".

21. On doit se prosterner rapidement, mais se redresser plus lentement, afin que la chose ne paraisse pas comme un fardeau dont on veut se débarrasser.

22. Une personne âgée ou malade qui ne parvint pas à se prosterner jusqu’à ce que toutes ses vertèbres soient courbées, se suffira d’incliner la tête, la difficulté qu’il éprouve à se prosterner entièrement étant évidente.

23. En disant “’Ossé chalome”, on doit aussi se prosterner entièrement jusqu’à ce que toutes nos vertèbres soient courbées, comme nous le verrons plus loin, avec l’aide de Dieu.

> La bénédiction de « Choméa’ téfila »

24. Il est bon de prier et implorer Dieu pour sa subsistance dans la bénédiction de “Choméa’ téfila”. Même une personne riche devra le faire, afin de montrer qu’il place sa confiance en Dieu et non en sa richesse. Il est aussi recommandé de se confesser brièvement dans la bénédiction de “Choméa’ téfila”. Nous avons imprimé dans notre siddour le texte institué par notre maître le “’Hida”, qui inclue la confession et la prière pour la subsistance.

> Les lois de « "Elohaï nétsor léchoni" » et fin de la ‘Amida 

25. Après le premier verset de “yihyou lératsone “qui précède “Elohaï nétsor léchoni”, il est bon de réciter le psaume 121: “Chir lamma’alot éssa ’énaï” avec concentration. Certains récitent plutôt le psaume de “Lamnatséa’h” disposé en forme de candélabre ; chacun suivra sa coutume. Après le second “yihyou lératsone”, on peut rajouter des requêtes personnelles. Certains récitent la prière de Rav, ce qui est une bonne habitude. Il est bon que chaque personne prie chaque jour pour ses besoins personnels, pour sa subsistance, pour que la Torah ne s’écarte pas de ses descendants et que ces derniers soient de vrais serviteurs de Dieu. Il est tout de même préférable de mentionner ses besoins personnels après le “yihyou lératsone “plutôt que dans le passage de “Choméa’ téfila”, afin de ne pas manquer de répondre au qaddiche ou à la kedoucha. On conclut toutes ces prières par un troisième “yihyou lératsone”.

26. Celui qui entend un qaddiche ou une kedoucha au milieu de “Elohaï nétsor léchoni” comme celui qui se trouve au milieu du Chéma’, ne répond qu’aux cinq premiers Amen du qaddiche, à “Yéhé chéméh rabba etc.”, à “baroukh A-donaï hamévorakh lé’olame vaèd” ; pour la kedoucha, il répond “Qadoche” et “Baroukh” (Certains pensent qu’il faut aussi répondre “Yimlokh” ; cet avis est fondé). Si l’assemblée dit “Modime”, on doit répondre simplement les mots: “Modime ana’hnou lakh”. Par contre, après avoir terminé de réciter le dernier “yihyou lératsone”, même si on n’a pas encore reculé, on pourra répondre à toute la kedoucha, et même “baroukh hou baroukh chémo”.

27. Avant le dernier “yihyou lératsone”, il est bon de réciter un verset de la Bible, qui commence par la première lettre de son prénom et se termine par la dernière lettre de son prénom, ou alors un verset dans lequel son prénom apparait. Ceci est une “ségoula “pour ne pas oublier son prénom au jour du Jugement dernier.

28. Apres avoir récité le dernier “yihyou lératsone”, on se prosterne et on recule de trois pas tout en demeurant incliné. Il ne suffit pas de se prosterner légèrement, mais il faut le faire de manière à ce que toutes les vertèbres soient courbées.

29. Il faut reculer au minimum de manière à ce que l’extrémité d’un pied touche le talon de l’autre pied (donc effectuer des pas de la mesure du pied). Reculer à petits pas n’est pas valable, sauf s’il est impossible de faire autrement. Il convient donc avant de commencer la ‘Amida de vérifier que l’on dispose d’assez de place derrière soi pour pouvoir reculer comme il se doit. Marane dans le Choul’hane ’Aroukh autorise aussi de reculer en effectuant de grands pas, mais cela n’est pas valable selon le Ari zal.

30. Il faut commencer à reculer par le pied gauche, en plaçant l’extrémité du pied gauche contre le talon droit, puis le bout du pied droit contre le talon gauche, pour enfin poser le pied gauche à côté du droit.

31. Après avoir terminé de reculer, toujours en position inclinée, on doit se pencher vers la gauche en disant: “’Ossé chalome bimromav”, puis vers la droite en disant: “hou véra’hamav ya’assé chalome ’alénou”, et ensuite revenir au centre et dire “vé’al kol ’amo Israël”, tel un serviteur qui prend congé de son Maître ; enfin, on se redresse. Tel est l’avis de Marane dans le Choul’hane ’Aroukh. Cependant, selon le Zohar, il convient de se redresser avant de se prosterner à droite en disant: “hou véra’hamav ya’assé chalome ’alénou”, se redresser à nouveau pour se prosterner au centre en terminant: “vé’al kol ’amo Israël”. Il faut prendre garde de ne pas commencer “’Ossé chalome bimromav” tant qu’on n’a pas fini de reculer.

32. Si une personne se trouve derrière nous et qu’en reculant on entre dans les quatre coudées (deux mètres) devant elle, on doit attendre qu’elle termine sa propre ‘Amida avant de reculer. Cependant, si on se trouve déjà dans les quatre coudées de cette personne, on peut se montrer moins strict et faire les trois pas en arrière, et tel est aussi l’usage répandu. Toutefois, il faut veiller à ne pas déranger cette personne dans sa prière.

33. Apres avoir reculé, on reste à sa place jusqu’à ce que l’officiant débute la kedoucha, ou tout au moins jusqu’à ce qu’il débute la répétition de la ‘Amida. L’officiant lui-même doit attendre le temps de parcourir quatre coudées (trois secondes) avant de regagner sa place et entamer la répétition. Dans le cas où on prie seul ou que l’on termine de prier après que l’officiant ait récité la kedoucha, on doit attendre trois secondes puis revenir à sa place.

34. Celui qui a terminé sa ‘Amida avant l’officiant n’a pas le droit de se retourner et de faire face aux fidèles se trouvant derrière lui, tant que l’officiant n’a pas achevé sa propre prière.

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