La bénédiction des Cohanim

>> La valeur de la bénédiction des Cohanim

Rabbi Yéhochoua ben Lévi disait: "D’où sait-on que Dieu désire la bénédiction des Cohanim? Parce qu’il est dit: "Ils imposeront Mon Nom sur les enfants d’Israël et Moi, Je les bénirai". Il disait aussi: Tout Cohen qui bénit l’assemblée, est béni ; mais celui qui ne bénit pas, n’est pas béni, ainsi qu’il est dit: "Et Je bénirai ceux qui te bénissent". Il disait encore: tout Cohen qui ne monte pas sur l’estrade pour bénir le peuple transgresse trois commandements: "Ainsi vous bénirez", "Dis-leur", et "ils imposeront Mon nom".

1. Lorsque l’officiant commence la bénédiction de “Rétsé”, tout Cohen présent à la synagogue doit se déplacer en direction de l’estrade (là où les Cohanim bénissent), même s’il n’atteindra cet endroit qu’après la conclusion de la bénédiction. Il est bon que le Cohen en quittant sa place récite le passage “Léchème yi’houd”.

2. Si un Cohen n’a pas quitté sa place avant le début de “Modime”, il ne peut plus réciter la bénédiction, même s’il en a été empêché malgré lui. Il devra quitter la synagogue tout le temps de la bénédiction.

3. Bien que les Cohanim se soient déjà lavés les mains le matin, ils doivent le faire à nouveau avant de monter sur l’estrade. Pour cela, ils se verseront de l’eau jusqu’au poignet à l’aide d’un ustensile, et non du jet même du robinet. Il n’est pas nécessaire de verser de l’eau à trois reprises, une seule fois suffira. Le jour de Kippour et du 9 Av, les Cohanim se lavent les mains de la manière habituelle, et non pas jusqu’aux phalanges seulement.

4. Le lavage des mains doit se faire avant que l’officiant n’arrive à “Rétsé”, afin que le Cohen soit prêt à quitter sa place dès “Rétsé”. À posteriori, si le Cohen s’est lavé les mains après “Rétsé”, il pourra monter sur l’estrade.

5. Il est bon que ce soit un Lévi qui verse l’eau sur les mains des Cohanim, le Lévi devant auparavant verser de l’eau sur ses propres mains. S’il n’y a pas de Lévi, ce sera un aîné qui versera l’eau sur les mains des Cohanim. (Celui qui n’est ni Lévi ni aîné ne pourra pas le faire.) Il est cependant interdit à un Lévi ou un aîné érudits de verser l’eau sur les mains d’un Cohen ignorant.

6. En cas de force majeure, comme dans le cas où il n’y a pas d’eau, les Cohanim peuvent s’appuyer sur l’ablution des mains effectuée le matin, à condition qu’ils aient veillé à garder leurs mains propres.

7. Après avoir répondu le “Modime dérabbanane”, le Cohen récite la prière suivante: “Yéhi ratsone etc.” (Que ce soit Ta volonté, Hachem notre Dieu et Dieu de nos ancêtres, que cette bénédiction dont Tu nous as ordonné de bénir Ton peuple Israël, soit une bénédiction parfaite. Que ne s’y trouvent ni entRave, ni faute, maintenant et à jamais), comme cela est écrit dans les siddourim. Le Cohen doit rallonger cette bénédiction pour terminer au moment où l’officiant conclut “oulkha naé léhodote”, afin que le Amen des fidèles porte sur les deux bénédictions.

8. Après avoir dit le mot “béahava”, les Cohanim se tournent vers la droite pour faire face à l’assemblée en étendant leurs bras à la hauteur des épaules, tout en surélevant un peu la main droite par rapport à la gauche. Ils écartent leurs doigts de manière à laisser cinq espaces: entre le majeur et l’annulaire de chaque main, entre l’index et le pouce et entre les deux mains. Leurs mains seront paume face au sol.

9. Certains kabbalistes ont l’habitude de laisser un espace entre chacun des doigts de la main ainsi qu’entre les mains, les doigts étant tendus vers le haut et les mains élevées au niveau de la tête. Le Rav Ben-Tsion Abba Chaoul a opté pour un avis médian: laisser de grands espaces entre le majeur et l’annulaire et entre le pouce et l’index, et de petits espaces entre les autres doigts.

10. Lorsque les Cohanim disent: “Yévarékhékha”, “Véyichmérékha”, “Élékha”, “Vi’hounéka”, “Élékha”, “Lékha” et “Chalome”, ils doivent se tourner vers la gauche et vers la droite, montrant par-là que leur bénédiction s’étend aussi sur les fidèles se tenant sur les côtés. Les mots concernés sont ceux se terminant par le son “kha” ainsi que “Chalome”. De son côté, l’officiant ne fera pas ces mouvements en épelant les mots aux Cohanim, car la bénédiction ne vient pas de lui mais des Cohanim. (En l’absence de “Cohanim, “lorsque l’officiant récite lui-même la bénédiction pontificale, il inclinera la tête à droite en disant “Yévarékhekha”, et à gauche en disant “Véyichmérékha”).

11. En présence de deux Cohanim ou plus (ayant atteint la majorité religieuse), l’officiant doit appeler: Cohanim!", et les fidèles répondent: “’Am quédochékha” (Peuple saint). Puis, les Cohanim récitent la bénédiction: “Baroukh […] vétsivanou lévarekh èt ’amo Yisraèl béahava” (Qui nous as sanctifiés par la sainteté de Aharon, et nous as ordonnés de bénir Son peuple avec amour). S’il n’y a qu’un seul Cohen, il commence de lui-même à réciter la bénédiction, sans être appelé par l’officiant.

12. L’officiant doit attendre que les fidèles aient répondu Amen à la bénédiction préalable récitée par les Cohanim avant de leur épeler mot-à-mot la bénédiction pontificale. Dans certaines communautés, s’il y a au moins deux Cohanim, ils commencent d’eux-mêmes le premier mot “Yévarékhekha” de la bénédiction pontificale, puis l’officiant leur épèle les mots suivants. Cette habitude peut être conservée, mais les Cohanim doivent faire attention à ne commencer leur bénédiction qu’après le Amen des fidèles.

13. À chaque fois que les Cohanim prononcent le nom de Dieu, les fidèles répondent: “Baroukh hou ouvaroukh chémo”, et à la fin de chaque verset, ils répondent Amen. L’officiant doit attendre que les fidèles aient terminé de répondre avant de poursuivre la lecture.

14. L’officiant lui-même n’a pas le droit de répondre Amen ni “Baroukh hou ouvaroukh chémo” lors de la bénédiction des Cohanim.

15. Lorsque l’officiant débute “Sime chalome”, les Cohanim se retournent vers l’Arche Sainte par la droite et disent: “Ribbono chèl ’olame etc.” (Maître du monde! Nous avons accompli ce que Tu nous as ordonné, accorde-nous ce que Tu nous as promis. Jette un regard bienveillant depuis Ta sainte demeure, du haut des cieux, et bénis Ton peuple Israël" (Deutéronome 26,15)). Les Cohanim doivent prolonger ce passage jusqu’à ce que l’officiant conclue “hammévarekh èt ’amo Israël bachalome” et que les fidèles répondent Amen.

16. Un Cohen qui transgresse délibérément le chabbat en public ne montera pas sur l’estrade pour réciter la bénédiction. S’il est monté malgré tout, on ne l’en fera pas descendre, car il est important de préserver la paix.

17. Si l’officiant est Cohen mais qu’un autre Cohen est présent parmi l’assemblée, l’officiant ne bénira pas les fidèles, même s’il est certain qu’il saura poursuivre la répétition sans se tromper, et même de nos jours où les prières sont récitées avec un siddour. Cependant, si l’officiant est le seul Cohen présent, et qu’il est sûr de pouvoir continuer la répétition là où il l’avait interrompue sans se troubler, il récitera la bénédiction des Cohanim. Il procèdera alors comme suit: il se déplace légèrement à “Rétsé”, poursuit la répétition jusqu’à “Oulkha naé léhodote”, puis monte sur l’estrade pour réciter la bénédiction, qu’un tiers lui dictera. S’il est difficile à l’officiant de monter sur l’estrade, il pourra réciter la bénédiction des Cohanim depuis sa place, devant le pupitre.

18. Celui qui a fait un rêve et ne sait pas s’il est bon ou mauvais, ou ne s’en rappelle plus, se tient face aux Cohanim lors de la bénédiction pontificale et dit: “Ribbono chèl ’olame etc.” (Maître du monde! Je suis à Toi et mes rêves t’appartiennent. J’ai fait un songe et j’en ignore la nature etc." ; cette prière se trouve dans le siddour), en s’efforçant de terminer ce passage au moment où les Cohanim concluent leur bénédiction par “Chalome”, afin que le Amen des fidèles couvre aussi sa supplique. S’il termine avant les Cohanim, il ajoute: “Addir bammarome etc.” (Majestueusement élevé et résidant avec puissance, Tu es la paix et Paix est Ton nom. Veuille donc faire résider la paix parmi nous).

Il est normalement interdit de lire des versets ou quoi que ce soit lors de la bénédiction pontificale, car "il ne convient pas qu’un serviteur ne soit pas attentif tandis que son Maître le bénit", selon l’expression de nos Sages. Cependant, dans ce cas, ce sera autorisé car en disant "Maître du monde! etc." on exprime l’espoir de voir son rêve se réaliser pour le bien, en vertu précisément de la bénédiction des Cohanim.

>> Bénir avec concentration

Dieu a dit aux Cohanim: "Ce n’est pas parce que Je vous ai demandé de bénir Mon peuple que vous allez le faire à la hâte et avec confusion! Faites-le plutôt avec concentration, afin que la bénédiction règne parmi eux".

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