La bénédiction du Gomèl

1. Quatre types de personnes doivent particulièrement remercier Dieu et réciter la bénédiction du Gomèl:

a. Ceux qui ont voyagé en mer et atteint la terre ferme.b. Ceux qui ont traversé un désert et sont arrivés en zone habitée.c. Ceux qui ont été malades et ont guéris [totalement].d. Ceux qui étaient emprisonnés et ont été libérés.Une allusion à cela est donnée: "Tout vivant te remerciera": ’vivant’ en hébreu se dit “’hayyime”, mot qui forme, en hébreu, les initiales des quatre cas mentionnés ci-dessus.

2. Celui qui voyage hors de la ville pendant une durée d’au moins soixante-douze minutes a l’obligation de réciter la bénédiction du Gomèl, à l’instar de ceux qui tRaversent le désert. Ceci est valable même si durant le trajet on passe par quelques zones habitées. Dans le cas où on retourne au lieu de départ le jour même, la durée du trajet de retour est cumulée à celle de l’aller pour le compte des 72 minutes. On associe également les trajets effectués de jour et de nuit.

3. Ceux qui ont l’habitude de voyager tous les jours, comme les chauffeurs de taxis ou les routiers, réciteront la bénédiction du “Gomèl de chabbat en chabbat.

4. Celui qui prend l’avion doit aussi réciter la bénédiction du Gomèl, tel celui qui voyage par la mer.

5. Un malade qui a dû s’aliter à cause de sa maladie (même pour moins d’une journée) doit réciter la bénédiction du Gomèl une fois guéri. Cette obligation concerne toutes les maladies, même celles où il n’y a pas de danger de mort, puisque toute personne qui est malade au point de s’aliter, peut voir son état empirer jusqu’en venir à un danger de mort, à Dieu ne plaise. Il est considéré, pour ainsi dire, comme une personne qui est montée à l’échafaud et qui a besoin de grands intercesseurs pour être sauvée ; et c’est la bonté de Dieu et Sa miséricorde qui ont rempli le rôle d’intercesseurs. C’est pourquoi, celui qui est tombé malade, même de la grippe, ou qui a subit un accident, et a dû s’aliter en conséquence, doit réciter la bénédiction du Gomèl une fois entièrement rétabli (mais pas avant cela, même s’il s’est levé de son lit de malade).

6. Il faut réciter cette bénédiction devant dix hommes, parmi lesquels se trouvent à priori deux érudits. Le cas échéant, on pourra tout de même la réciter, même en l’absence d’érudits. On a l’habitude de faire cette bénédiction après la lecture de la Torah, puisque cette dernière se fait toujours en présence d’au moins dix hommes. À priori, il faut s’efforcer de dire cette bénédiction dans un délai de trois jours, même si pour cela on devra le faire en l’absence de Séfère Torah.

7. Avant la bénédiction, il est bon de réciter les versets: “Halelouyah odé Hachem etc.” (Alléluia! Je louerai Hachem de tout mon cœur, dans le cercle des justes, dans l’assemblée) puis “Hodou lachème etc.” (Rendez hommage à Hachem car Il est bon, car Sa grâce dure à jamais), et enfin: “Yodou lachème etc.” (Qu’ils rendent grâce à Hachem pour Sa bonté, pour ses miracles en faveur des hommes), comme nous l’avons imprimé dans le siddour.

8. Après avoir répondu Amen, l’assemblée souhaite à celui qui a récité la bénédiction: “Haèl etc.” (Que Dieu qui t’a prodigué tout ce bien, te comble en tout, “Sélah”!). Et ce dernier dit en retour: Amen, qu’il en soit ainsi!".

9. Il faut avertir les fidèles de répondre Amen après le la bénédiction du Gomèl, avant qu’ils ne disent “Haèl etc.”. Il est bon que l’officiant ou celui qui se tient près de celui qui fait la bénédiction réponde Amen à haute voix, afin que l’assemblée ait soin de répondre elle aussi Amen.

10. Les femmes aussi doivent réciter la bénédiction du Gomèl devant dix hommes (dont à priori deux d’entre eux seront des érudits,). Cependant, elles ne doivent pas se montrer face à eux, mais se tenir dans un endroit retiré, comme la “’Ezrate Nachime” (galerie des dames).

11. Le mari ne peut pas réciter cette bénédiction à la place de sa femme. Si par contre il a (lui ou un autre homme) l’obligation lui aussi de dire la bénédiction du Gomèl, il pourra la réciter en pensant à acquitter sa femme, qui l’écoutera depuis la “’Ezrate Nachime” en ayant l’intention elle aussi d’être acquittée.

12. Une accouchée doit réciter cette bénédiction, après s’être entièrement remise de l’accouchement.

13. L’usage en Israël veut qu’un enfant de moins de treize ans ne récite pas la bénédiction du Gomèl. Cependant, une communauté où la coutume est de le faire pourra perpétuer son habitude. L’avis de notre maître le Rav Ovadia Yossef est d’apprendre aux enfants ayant atteint l’âge de l’éducation à réciter cette bénédiction, et c’est l’avis qu’il faut retenir.

14. Selon certains, celui qui était en danger et a été sauvé par miracle, d’une manière surnaturelle, doit également réciter la bénédiction du Gomèl. D’autres sont d’avis que la bénédiction du Gomèl n’a été prescrite qu’aux quatre types de personnes mentionnés plus haut. C’est pourquoi, il ne faudra pas réciter la bénédiction du Gomèl dans un pareil cas, suivant le principe énonçant qu’il faut s’abstenir de réciter une bénédiction en cas de doute. Il est tout de même bon de faire la bénédiction sans mentionner le Nom de Dieu. Si on peut demander à une autre personne qui doit faire le Gomèl de penser à nous acquitter, c’est encore mieux. (De toutes les façons, il faudra, dans ce cas, réciter à l’endroit même où a eu lieu le miracle, la bénédiction de “Ché’assa li nèss bammaqome hazzé” – Qui m’a fait un miracle en ce lieu).

> Explication de la bénédiction du Gomèl

 "Béni Tu es Hachem […] qui prodigues Tes bontés même à ceux qui en sont indignes,…"- - c’est-à-dire que Dieu dispense le bien même aux les impies, qui en sont indignes ;

"…bontés dont tu m’as comblé" - - moi aussi, j’ai bénéficié de la bonté divine, même si je ne le méritais pas.

Il convient de s’interrompre légèrement entre les mots "La’hayyavime" (à ceux qui sont indignes) et "tovote" (des bontés), car le mot "tovote" est le complément du verbe prodiguer. Il ne faut surtout pas adopter l’habitude de ceux qui "corrigent" la bénédiction et disent "La’hayyavime tovime" - aux bons impies…

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