La Havdala et la sortie du chabbat

> Le coucher du soleil

1. Il est interdit de manger ou de boire quoi que ce soit dès que le soleil s’est couché le samedi soir jusqu’à ce que l’on fasse la Havdala. Selon la loi stricte, il est permis de boire de l’eau seule, mais notre maître le Ari zal, a mis en garde de ne pas le faire car cela comporte un danger”.

2. Cependant, celui qui a entamé son repas avant le coucher du soleil (même s’il a seulement récité la bénédiction sur le pain et a mangé un petit morceau) a le droit de poursuivre son repas même jusqu’après la sortie des étoiles. Il aura alors le droit de consommer même des fruits, boire du vin, de l’eau et autres boisons. On a le droit de commencer à priori le repas avant le coucher du soleil en prévoyant de le faire durer jusqu’à la nuit tombée.

3. Tout ce qui a été dit précédemment ne concerne que celui qui a entamé son repas avant le coucher du soleil sur du pain (ou des pâtisseries mézonote en quantité de 216 cm3 de manière à réciter ensuite le Birkate hammazone). Cependant celui qui mange des mets mézonote [en quantité inférieure à 216 cm3] ou des fruits ou ne boit que du vin ou d’autres boissons, doit s’interrompre dès le coucher du soleil.

4. Celui qui a eu un empêchement et n’a pas pu effectuer son repas avant le coucher du soleil, pourra le commencer tout le temps de “ben hachmachot” (entre le coucher du soleil et la sortie des étoiles), et le poursuivre même jusqu’après la sortie des étoiles, selon les conditions énoncées plus haut. Cependant, nos Sages ont interdit de commencer à manger plus d’un cabbétsa (plus de 50 cm3) de pain ou d’aliments mézonote une demi-heure avant la sortie des étoiles. C’est pourquoi, même s’il convient à priori de consommer à chaque repas de chabbat plus d’un cabbétsa de pain, celui qui commencé le troisième repas dans la demi-heure qui précède la sortie des étoiles ne devra pas excéder un cabbétsa de pain (ou de gâteaux).

> La prière de ’Arvit de la sortie de chabbat

5. C’est une mitsva de retarder la prière de ‘Arvit, “afin de prolonger la sainteté du chabbat. À priori, on ne doit pas commencer à prier avant l’horaire de sortie de chabbat qui figure dans les calendriers, et de toute manière, jamais avant la sortie des étoiles (sauf en cas de force majeur).

6. Après la ‘Amida, on récite le passage de “Chouva” en se tenant debout. Beaucoup de communautés en diaspora ont l’habitude de ne pas dire “Chouva” lorsqu’un jour de fête tombe dans le courant de la semaine qui suit. Cependant, selon la Kabbalah, il convient de réciter ce passage dans tous les cas.

7. Il faut réciter le passage de “Chouva” suivi de la kedoucha de “Ouva létsiyyone” posément. En effet, à ce moment, dans les cieux, les anges attendent la fin de la dernière prière de ‘Arvit pour reconduire les impies en enfer, après le répit qui leur a été accordé durant le chabbat.

8. C’est une ségoula pour la réussite que de prolonger les mots “Baroukh A-donaï hamévorakh lé’olame va’èd” que l’assemblée répond dans ‘Arvit à l’issue du chabbat. Selon notre maître Rabbi Maslia’h Mazouz, cela s’applique au dernier “Baroukh etc.” que l’on récite avant “’Alénou léchabbéa’h” (le Rav avait pris l’habitude de chanter ces mots tant et si bien que le reste des fidèles, qui ignoraient cette coutume, avaient le temps de terminer le “’Alénou léchabbéa’h”). Celui qui prolonge aussi le premier “Baroukh etc.” du début de ‘Arvit, sera digne de louange.

> La Havdala

>> Ségoula pour avoir des garçons

Rabbi Yonatane disait: "Trois catégories de personnes auront part au monde futur. Celui qui habite en Israël, celui qui éduque ses enfants dans la voie de la Torah et celui qui récite la Havdala sur du vin à la sortie du chabbat. De plus, ce dernier sera gratifié de garçons". Rabbi Yéhochoua’ ben Lévi ajoutait: "Des garçons qui seront des maîtres en Torah".

9. Tout comme le kiddouch marquant l’entrée du chabbat se fait sur un verre de vin, ainsi faut-il faire pour la Havdala à l’issue de chabbat. L’ordre des bénédictions de la Havdala est le suivant: le vin, les plantes odorantes, la bougie, puis la Havdala proprement dite, comme nous allons le voir.

10. Pour la coupe de la Havdala, il faut suivre les mêmes règles que celles du kiddouch. Ainsi, la coupe doit être lavée de l’intérieur et rincée de l’extérieur ; elle doit être intacte, ni ébréchée ni fêlée, et doit être entièrement remplie ; enfin, il ne faut pas avoir goûté au vin avant la Havdala. La seule différence est la nécessité de couper le vin avec de l’eau: on ne verse pas de mézigua dans la coupe de la Havdala.

11. Après la bénédiction sur le vin de “boré péri haguafène”, on récite la bénédiction sur les plantes odorantes et on en respire l’odeur. Nos Sages ont institué cela à la sortie de chabbat afin d’apaiser l’âme qui est en peine que le chabbat ait pris fin.

12. On a coutume de prendre à cet effet des myrtes, dans la mesure du possible ; il y a une raison mystique à la chose. D’après la Kabbalah, il faut utiliser trois branches de myrte sur lesquelles on a récité la bénédiction durant le chabbat. Tout en respirant le parfum, on pense à conserver une partie des trois degrés de l’âme supplémentaire, reçue pendant le chabbat. Celui qui ne dispose pas de myrte fera la bénédiction sur une autre plante odorante. On tiendra en main trois branches uniquement, en parallèle aux trois degrés de l’âme.

13. On allume ensuite une bougie pour faire la bénédiction de “boré méoré haèche” ("Qui crée les lueurs du feu"). On récite la bénédiction sur le feu à l’issue du chabbat car le premier feu fut créé le samedi soir. En effet, après que Adam fut chassé du paradis, il eut l’idée, sous l’impulsion de Dieu, de frotter deux pierres entre elles pour en faire jaillir du feu. La mitsva sera embellie si on utilise un flambeau, ou une bougie à deux mèches dont les flammes se confondent.

14. À priori, tous doivent s’asseoir pendant la récitation de la Havdala, tant celui qui la récite que l’assistance, et ce à l’issue du chabbat comme des jours de fête. Toutefois dans certaines communautés l’usage est de rester debout lorsqu’elle est récitée à la synagogue ; on ne doit pas les reprendre sur cela, car ils ont sur qui s’appuyer.

15. Au début de la Havdala il faut tenir la coupe de vin de la main droite et les plantes odorantes de la gauche. Après avoir récité la bénédiction sur le vin, on contemple le reflet de son front dans le vin en pensant que le mot “méça’h” (front) en hébreu a la même valeur numérique (138) que le mot “hasla’ha” (la réussite). Puis, on fait passer les plantes odorantes à la main droite et la coupe à la main gauche pour réciter la bénédiction sur les parfums et en respirer l’odeur à trois reprises. On repose alors les plantes pour réciter la bénédiction sur le feu. On approche à cet effet la main droite de la flamme, les doigts repliés sur la paume et recouvrant le pouce, disposés face à soi. Après avoir récité la bénédiction, on observe ses ongles uniquement éclairés par la flamme.

16. Il faut prendre garde à ne pas poser la coupe sur la table tout le temps de la Havdala. On la conservera dans la main gauche lorsqu’on récite les bénédictions sur les parfums et la bougie.

17. Après avoir achevé la bénédiction sur le feu, on reprend la coupe de la main droite pour réciter la bénédiction de la Havdala. Puis, on boit un révi’ite (81 cm3) en une seule fois et on récite la bénédiction finale de “’Al haguéfène”.

18. Après que celui qui a fait la Havdala ait bu un révi’ite, il est bon que les hommes de l’assistance qui ont été acquittés, goûtent du vin de la coupe. Si celui qui a fait la Havdala ne peut boire lui-même un révi’ite de vin, il goûtera un peu du vin et passera la coupe à l’un des assistants qui boira le révi’ite, puis les autres goûteront au vin restant. Celui qui a bu le révi’ite fera alors la bénédiction finale de “’Al haguéfène”.

19. Si on n’a bu qu’une pleine gorgée du vin de la Havdala (qui équivaut à une pleine joue, soit 41 cm3 pour un homme de taille moyenne), celle-ci est valable, mais un doute se pose quant à la récitation de la bénédiction finale (et on ne pourra pas alors la réciter). C’est pourquoi il est recommandé de boire un révi’ite en entier et de réciter la bénédiction finale comme il se doit.

20. Les femmes sont astreintes à l’obligation de réciter la Havdala comme les hommes. C’est pourquoi, il n’est pas souhaitable que le mari s’acquitte de la Havdala récitée à la synagogue, sans se soucier de l’obligation de sa femme. Il devra donc prendre soin de réciter la Havdala à la maison pour acquitter sa femme et ses filles, ou s’assurer que sa femme puisse la réciter par elle-même.

21. Les femmes ont l’habitude de ne pas boire du vin de la Havdala car l’Arbre de la connaissance dont 'Hava, la première femme, a fait goûter à Adam le fruit défendu, était la vigne (selon une opinion). Malgré cela, si une femme récite par elle-même la Havdala, elle est obligée de boire le vin (un révi’ite, soit 81cm3, ou au minimum une pleine gorgée, soit 41 cm3).

22. Celui qui a oublié de faire la Havdala la nuit de samedi à dimanche, peut se rattraper durant la journée du dimanche tant qu’il n’a rien consommé depuis la fin du chabbat. Il ne récitera toutefois pas les bénédictions sur les plantes odorantes et la bougie. Cependant, s’il a goûté à une nourriture depuis la sortie du chabbat, il ne pourra pas rattraper la Havdala le dimanche.

>> Celui qui fait la Havdala sur du vin est un saint!

Rabbi Tsaddoq disait: Celui qui ne fait pas la Havdala sur du vin à la sortie de chabbat, ni ne se fait acquitter par autrui, ne verra jamais de bénédiction. Si par contre il le fait, Dieu l’appelle "saint" et le considère comme son joyau.

> Coutumes liées à la sortie du chabbat

23. On a l’habitude de réciter à la sortie du chabbat des versets de bénédiction comme “Véyitène Lékha etc.”, comme cela est imprimé dans les siddourim. Notre maître le Ari zal avait l’habitude de les lire juste après la Havdala. Ces versets sont une ségoula pour la bénédiction et la prospérité. Il est bon de les réciter à deux (l’homme et la femme ensemble, par exemple), de manière à se bénir mutuellement.

24. Après la Havdala, il faut s’empresser de plier le Talit avec lequel on a prié le chabbat (car il est interdit de le plier convenablement pendant le chabbat) pour ainsi débuter la semaine par l’accomplissement d’une mitsva. On veillera à ne pas laisser le Talit déplié jusqu’au lendemain. En cas d’oubli, on secouera le Talit avant de s’en envelopper.

25. Il faut prendre garde à ne pas accorder la moindre importance aux "mauvais présages", comme par exemple repousser le paiement d’une taxe, une dette ou un don aux pauvres qui se présentent à l’issue du chabbat, en suivant l’argument que c’est mauvais signe de commencer la semaine par une dépense. En le faisant, on transgresse le commandement divin: "Vous ne pratiquerez pas la divination et vous ne croirez pas au présage" (Lévitique 19,26). Il faut au contraire s’attacher à accomplir le commandement: "Tu seras intègre avec Hachem ton Dieu" (Deutéronome 18,13), tel que l’explique Rachi: "Il faut suivre Dieu avec intégrité et se reposer sur Lui, sans chercher à connaitre les prédictions futures". En étant confiants que Dieu ne nous envoie que du bien, on méritera d’être "avec Hachem ton Dieu" c’est-à-dire sous Sa protection et Sa tutelle, et Il nous préservera de tout mal.

26. À la sortie du chabbat, on a coutume de mentionner le souvenir du prophète Elie. En effet, c’est lui qui sera annonciateur de la Rédemption finale ; mais nos Sages ont dit que "le peuple d’Israël a reçu l’assurance que le prophète Elie ne viendra ni une veille de chabbat ni une veille des jours de fête, à cause des préparatifs liés à ces jours". Ainsi, lorsque le chabbat s’achève, on espère à nouveau la venue du prophète Elie pour annoncer la Rédemption finale. De surcroît, la Rédemption viendra par le mérite du respect du chabbat, comme nous ont révélé nos Sages: "Si les enfants d’Israël respectent deux “chabbats” consécutifs, ils sont immédiatement délivrés". Ainsi, après avoir respecté le chabbat dans ses détails, on rappelle le souvenir du prophète Elie, annonciateur de la Rédemption [dans l’espoir que ce moment soit arrivé].

27. Dans le livre “Eliya Rabba”, il est rapporté qu’à la sortie du chabbat le prophète Elie s’installe sous l’Arbre de Vie et inscrit les mérites de ceux qui ont respecté convenablement ce chabbat. C’est pourquoi on le mentionne en cette occasion, afin qu’il éveille la Miséricorde divine et prie pour nous.

28. Il est aussi recommandé d’étudier à l’issue du chabbat un passage du saint recueil “Tana dévé éliyahou”, attribué au prophète Elie. Ensuite, il est bon de répéter cinquante-deux fois les mots “Eliyahou hannavi” ("le prophète Elie"), cinquante-deux étant la valeur numérique du prénom “Eliyahou” en hébreu ; cela est propice à la réussite. Certains ont l’habitude de répéter cent trente fois: “Eliyahou hannavi zakhour latov”, ("Le prophète Elie de mémoire bénie"), ce chiffre correspondant à la valeur numérique des mots “Eliyahou hannavi” additionnés aux dix lettres qui composent ces mots en hébreu ; ce chiffre correspond aussi aux cent vingt combinaisons possibles des lettres hébraïques du prénom “Elyiahou”, additionnées aux dix lettres de “Eliyahou hannavi”. Ensuite, on récite le “Pata’h Eliyahou” jusqu’aux mots “Vélav mikol ilène middote kélal”.

29. Il est interdit de réciter le Vidouï la nuit de samedi soir avant la mi- nuit, puisque la sainteté du chabbat est encore effective. On pourra toutefois le réciter après cet horaire, la sainteté du chabbat s’étant alors estompée.

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