Le Birkat hamazone

> Règles concernant le Birkat hamazone

>> Subsistance dans la dignité

Tout celui qui fait attention au Birkat hamazone, sera assuré d’avoir sa subsistance avec dignité toute sa vie.

1. On doit faire attention de réciter toutes les bénédictions avec concentration. En effet, comment peut-on bé? En particulier, il faut veiller à réciter le Birkat hamazone avec ferveur, puisque cette bénédiction est un commandement de la Torah (les autres bénédictions, par contre, ont été instituées par les Sages de la Grande Assemblée). De plus, le Zohar rapporte qu’un ange accusateur se trouve présent à table, prêt à accuser toute personne qui ne récite pas le Birkat hamazone avec ferveur ; c’est pourquoi il faut se préparer avant de faire le Birkat hamazone. On doit le réciter en posant la main gauche sur la poitrine, la main droite sur la gauche, et en fermant les yeux comme pour la ‘Amida, si on se concentre mieux de cette manière. Par contre, si on préfère réciter le Birkat hamazone mot à mot dans le texte, ou si l’on craint de se tromper, on utilisera un siddour en prenant garde à ne pas lever les yeux.

2. Il est écrit dans le Zohar qu’il faut réciter le Birkat hamazone avec joie, sans aucun signe de tristesse. Plus on le récitera avec enthousiasme et contentement, plus notre subsistance nous sera accordée du Ciel avec bonté et largesse.

>> Bénir avec joie

Réciter le Birkat hamazone avec joie est une grande ségoula pour obtenir une bonne subsistance, comme dit le verset: "La bénédiction de Dieu enrichit". Cela fait référence au Birkat hamazone qui est la seule bénédiction ordonnée par la Torah. Et le verset se termine par: "Et nos efforts (littéralement: la tristesse) n’y ajoutent rien", c’est-à-dire que le Birkat hamazone est une ségoula pour la richesse lorsqu’il est récité sans tristesse mais avec joie.

3. Il faut réciter le Birkat hamazone d’une voix audible. Dans le cas contraire, on n’est acquitté du Birkat hamazone qu’à posteriori. Il est même souhaitable de le réciter à haute voix, ce qui permet d’éveiller la ferveur.

4. On doit réciter le Birkat hamazone au même endroit où l’on a pris son repas. Si par mégarde, on a déjà quitté cet endroit, on peut, d’après le Rambam, réciter le Birkat hamazone où que l’on se trouve, dès qu’on s’en rappelle. Selon le “Roch” par contre, il faut retourner à l’endroit où on a mangé ; dans le cas contraire, on est néanmoins acquitté si on déjà récité le Birkat hamazone. Il convient de se montrer strict et de suivre l’opinion du “Roch”. Si cela est difficile, on peut s’appuyer sur l’avis du Rambam et faire le Birkat hamazone à l’endroit où l’on s’en rappelle. Tout cela à condition que l’on ait quitté le lieu d’origine par oubli ; mais, si on l’a quitté volontairement avant d’avoir récité le “Birkat hamazone, “on doit retourner sur ses pas selon toutes les opinions, afin de réciter le Birkat hamazone (si on ne l’a pas fait, on est quand même acquitté à posteriori du Birkat hamazone).

5. On doit réciter le Birkat hamazone assis, même si on a mangé debout ou en marchant. On y trouve une allusion dans le verset: “véssav’ata ouvérakhta etc.” (Tu seras rassasié et béniras etc.). On peut décomposer le mot “véssav’ata” en “véchèv ’èt”, ce qui veut dire "assieds-toi un instant", et bénis. On doit veiller à ne pas s’accouder ou s’affaler, mais s’asseoir avec crainte et respetc.

6. Il est interdit d’avoir une autre occupation lorsqu’on récite le Birkat hamazone. Même un acte banal, comme s’essuyer les mains, est interdit. Malheureusement, beaucoup de gens ignorants négligent le Birkat hamazone, le récitant rapidement ou en s’affairant à d’autres activités ; d’autres se permettent de faire des mimiques ou des gestes divers. Il convient de les réprimander avec tact, et seront bénis ceux qui écouteront et prendront la leçon .

7. Comme lors de la ‘Amida, on ne peut pas répondre au qaddiche, à la kedoucha et à “Barékhou” pendant les quatre bénédictions du Birkat hamazone. D’après l’avis du Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef, cet interdit ne s’applique que pour les trois premières bénédictions du Birkat hamazone. Lors de la dernière bénédiction (“Hattov véhammétiv”), on peut répondre au qaddiche et à la kedoucha, à l’instar de celui qui se trouve dans le Chéma’ et ses bénédictions. On ne peut cependant pas répondre Amen aux bénédictions. À partir de “Hara’hamane”, on peut répondre au qaddiche, à la kedoucha ainsi que Amen aux bénédictions d’après toutes les opinions.

8. Il faut aussi s’asseoir lorsqu’on récite la bénédiction de “mé’ène chaloche”. Il est interdit de s’interrompre pendant cette bénédiction, même pour répondre au qaddiche ou à la kedoucha.

> Rétsé véha’halitsénou et Ya’alé véyavo

9. Nos Sages ont institué de mentionner chabbat, Roch ’Hodèche ou les fêtes, dans la troisième bénédiction du Birkat hamazone. Ainsi, le jour de chabbat, on ajoute “Rétsé véha’halitsénou” ; et les jours de Roch ’Hodèche et des fêtes on ajoute “Ya’alé véyavo”, comme cela est imprimé dans les siddourim.

10. Chaque jour où on a l’obligation de consommer du pain, on a par conséquent l’obligation de réciter le Birkat hamazone et d’y mentionner le jour. C’est pourquoi, si on a omis cette mention ce jour-là, on n’est pas acquitté et on doit reprendre le Birkat hamazone depuis le début. Par contre, les jours où il n’y a pas d’obligation formelle de prendre un repas avec du pain (même si la chose est méritoire), on ne recommence pas le Birkat hamazone en cas d’oubli.

11. Lorsqu’il y a une controverse quant à l’obligation de consommer du pain, même si concrètement la loi retenue est de consommer du pain, on ne reprendra pas le Birkat hamazone en cas d’omission, puisqu’on ne récite jamais une bénédiction en cas de doute ou de controverse.

12. Ainsi, si on oublie “Rétsé véha’halitsénou” lors du premier ou du deuxième repas de chabbat, on doit recommencer le Birkat hamazone, puisque ces repas doivent être pris avec du pain d’après tous les avis. Mais, si on oublie “Rétsé véha’halitsénou” au troisième repas, on ne reprend pas le Birkat hamazone car certains pensent que l’on peut se contenter de consommer des aliments mézonote pour ce repas.

13. De la même manière, il y a une controverse quant à l’obligation de consommer du pain les jours de fêtes. C’est pourquoi, même si concrètement la règle est de manger du pain, on ne recommence pas le Birkat hamazone si on omet de dire “Ya’alé véyavo”. Néanmoins, une exception est faite pour la nuit du “Sédère” de Péssa’h (en diaspora, les deux nuits), puisqu’il est obligatoire d’y consommer de la maça (pour les hommes comme pour les femmes), ainsi que pour le premier soir de “Souccot” (en diaspora, les deux premiers soirs), durant lequel la consommation du pain est obligatoire (pour les hommes seulement). Celui qui oublie alors de mentionner “Ya’alé véyavo” devra recommencer le Birkat hamazone.

14. D’après toutes les opinions, il n’y a aucune obligation de manger du pain lors de Roch ’Hodèche ou les jours de “’Hol hammo’èd” (demi-fêtes), comme le prouve le verset: "Et [Jonathan, fils du roi Saül] ne toucha pas au pain le second jour de Roch ’Hodèche" (“Samuel I” 20,34). C’est pourquoi, si on oublie d’y mentionner “Ya’alé véyavo”, on ne recommence pas.

15. Si on oublie de mentionner “Rétsé véha’halitsénou “ou “Ya’alé véyavo”, et qu’on s’en rende compte après avoir conclu la bénédiction de “Boné Yérouchalaïme”, on peut se rattraper en intercalant une bénédiction supplémentaire, avant la quatrième bénédiction.

16. Ainsi, celui qui omet “Rétsé véha’halitsénou” le jour du chabbat, dira après “Boné Yérouchalaïme”: “Baroukh […] achère natane chabbatot etc." (“Béni Tu es Hachem […] qui, avec amour, as accordé des “chabbats” pour le repos à Ton peuple Israël, comme un signe d’alliance. Béni Tu es Hachem, qui sanctifies le chabbat). Celui qui, un jour de fête, omet “Ya’alé véyavo”, récitera la bénédiction: “Baroukh […] achère natane yamime tovime etc.” (Béni Tu es Hachem […] qui as accordé des jours de fêtes à Ton peuple Israël, pour la joie et l’allégresse, ce jour de … Béni Tu es Hachem, qui sanctifies Israël et les temps). (Si un jour de fête coïncide avec le chabbat et qu’on y omet “Rétsé véha’halitsénou “et “Ya’alé véyavo”, on ne rajoutera qu’une seule bénédiction pour les deux évènements, comme cela figure dans le siddour). Les jours des demi-fêtes, on dit (sans mention du nom de Dieu): “Baroukh achère natane mo’adime lé’amo Yisraèl léssassone oulsim’ha” (Béni est Celui qui a accordé des périodes à Son peuple Israël, pour la joie et l’allégresse). Le jour de Roch ’Hodèche, on dit (sans le nom de Dieu): “Baroukh achère natane raché ’hodachime lé’amo Yisraèl lézikarone” (Béni est Celui qui a accordé des néoménies à Son peuple Israël pour le souvenir). Puis, on poursuit la quatrième bénédiction.

17. Ce qu’on a vu au paragraphe précèdent n’est valable que si on n’a pas encore débuté la quatrième bénédiction. Cependant, si on prend conscience de son omission après avoir entamé la quatrième bénédiction, ne serait-ce que par le mot “Baroukh”, il est interdit d’intercaler ces ajouts. Les jours où cette mention est obligatoire (cf. paragraphes 12 et 13), il faut alors reprendre le Birkat hamazone à son début ; sinon, on poursuit. D’après notre maître le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef, même si on a dit les mots “Baroukh atta A-donaï Élohénou mélekh ha’olame” de la quatrième bénédiction, on peut toujours se rectifier en poursuivant “achère natane". “Mais si on a continué” "la’ad”, on ne peut plus se rattraper de cette manière.Toutes ces bénédictions et leurs lois sont clairement détaillées dans le siddour Ich Maslia’h.

> Boire la coupe de vin

18. Quand on fait le Birkat hamazone sur une coupe de vin, l’officiant conclut, à la fin du Birkat hamazone: “Koss yéchou’ote éssa ouvchème A-donaï éqra. Savré maranane” (J’élèverai la coupe du salut et proclamerai le nom de Hachem. Avec votre permission, messieurs), et les participants répondent “Lé’hayyime”. Puis, il bénit “boré péri hagafène” et boit le vin.

19. Chaque fois que l’on doit réciter une bénédiction sur une coupe de vin (comme le kiddouch), l’officiant (ou par défaut, un des assistants) doit boire d’un trait une pleine gorgée de vin (41 ml). Cependant, si on se suffit de 41 ml pour la coupe du Birkat hamazone, on entre dans un doute quant à la récitation de la bénédiction finale de “’al haguéfène”: selon certains, celle-ci doit être récitée au-delà de 26 ml, selon d’autres, il faut au minimum 81 ml. C’est pourquoi, il convient à priori de boire 81 ml de vin (d’un trait), pour réciter ensuite “’al haguéfène” en se conformant à tous les avis.

20. Il est préférable que tous les participants goûtent de la coupe du Birkat hamazone. C’est une mitsva d’en donner un peu à sa femme même si elle n’a pas participé au repas, afin qu’elle reçoive aussi la bénédiction.

21. Durant les sept premiers jours du mariage, après le repas pris en présence des mariés, on rajoute les “Cheva’ Bérakhote” à la fin du Birkat hamazone. En Israël, on a l’habitude d’amener deux coupes de vin, une pour le Birkat hamazone et l’autre pour bénir les mariés. À la fin du Birkat hamazone, l’officiant ne récite pas immédiatement “boré péri hagafène” ; un des assistants ayant consommé du pain, soulève auparavant la deuxième coupe de la main droite et récite depuis la bénédiction de “chéhakol bara likhvodo “jusqu’à la dernière bénédiction (“méssamméa’h hé’hatane ’ime hakalla”). Puis, l’officiant dit alors “boré péri hagafène” en pensant à acquitter la seconde personne ainsi que l’assemblée, et les deux boivent un révi’ite (81 ml) de leur verre respectif. Nous avons la coutume d’ajouter une troisième coupe pour le marié lui-même. Puis, on mêle le vin des différentes coupes en disant: "que se multiplient les joies dans le peuple d’Israël". 

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