Le Chéma’ et ses bénédictions.

>> Ne crains rien, Yaacov, Mon serviteur

Lorsqu’on unifie le nom de Dieu en récitant le Chéma’ Yisraèl, le Saint béni soit-Il proclame: Heureux est le Père qui a une telle descendance, et heureux sont ces enfants qui couronnent ainsi leur Père. Au même moment, toutes les armées célestes s’exclament: "Béni est le Nom de Son règne glorieux à tout jamais". Le Saint béni soit-Il ne permet alors pas à l’attribut de rigueur d’avoir emprise sur eux, et les nations du monde ne peuvent les détruire. C’est à ce propos que le verset dit: "Ne crains rien, Ya’aqov, Mon serviteur".

> L’horaire de la lecture du «Chéma’»

1. La manière idéale d’accomplir la mitsva du Chéma’ du matin consiste le à réciter avec les “vatiqine” (hommes humbles, qui chérissent les mitsvot), c’est-à-dire terminer la lecture du Chéma’et de ses bénédictions juste avant le lever du soleil, pour commencer la ‘Amida immédiatement au lever du soleil. Celui qui peut agir ainsi mérite un très grand salaire, et il est assuré de ne subir aucun dommage durant la journée (sauf s’il se met lui-même dans une situation dangereuse). Celui qui n’est pas parvenu à réciter le Chéma’au lever du soleil a tout de même la mitsva de le réciter le plus tôt possible.

2. En tout état de cause, il est possible d’accomplir la mitsva de la lecture du Chéma’ jusqu’à la fin de la troisième heure saisonnière de la journée, soit durant le premier quart de la journée. Il faudra avoir terminé de réciter le Chéma’ dans son intégralité avant cet horaire. Celui qui le récite après cela n’a pas accompli la mitsva de la lecture du Chéma’.

3. Les décisionnaires sont partagés sur le calcul des heures saisonnières: l’opinion du “Magène Avraham” est qu’il faut les compter depuis l’aube, alors que d’après le Gaon de Vilna il convient de commencer le compte au lever du jour, ce qui retarde l’horaire de plus de cinquante minutes (jusqu’à une heure vingt en été). C’est ce dernier avis qui est retenu, étant celui adopté par le Rambam. Il est toutefois recommandé de se montrer strict en se conformant à l’opinion du “Magène Avraham”, puisque la lecture du Chéma’est un commandement de la Torah. (Les calendriers affichent souvent les deux horaires).

4. Si quelqu’un prie dans une synagogue où l’office commence tard, de telle façon que le Chéma’sera lu après l’horaire du Gaon de Vilna, il est tenu de lire le Chéma’dans son intégralité avant la prière (paré du Talit et des Téfilines) tout en ayant l’intention de s’acquitter de la mitsva du Chéma’ par cette lecture. (Il est bon d’agir ainsi même lorsque l’heure du Chéma’va passer d’après l’opinion du “Magène Avraham”). Ensuite, il récitera à nouveau le Chéma’dans la prière avec l’assemblée. Les bénédictions du Chéma’pourront, quant à elles, être récitées jusqu’à la fin de l’horaire de la prière (comme nous le verrons plus loin).

5. Celui qui s’est réveillé tard le matin, et qui risque de manquer l’heure du Chéma’s’il prend le temps de mettre le Talit et les Téfilines, devra sans attendre réciter le Chéma’, et seulement après cela mettre le Talit et les Téfilines. (Bien qu’en règle générale on ne récite pas le Chéma’ sans Téfilines, cela sera permis dans ce cas, à cause de la justesse de l’horaire).

> Les bénédictions du « Chéma’ »

6. Comme nous l’avons mentionné précédemment, même si l’horaire du Chéma’est dépassé, il est encore possible de réciter les bénédictions du Chéma’, c’est-à-dire les bénédictions qui précèdent et suivent la lecture du Chéma’. En effet, ces bénédictions n’ont pas été instituées spécifiquement sur la mitsva de réciter le Chéma’, mais elles consistent en une louange à Dieu sur la création des luminaires, sur Son amour envers Son peuple, et sur la délivrance qu’Il lui apporte. Pour cette raison, ces bénédictions n’ont pas la formulation classique des bénédictions récitées avant l’accomplissement d’une mitsva, qui est “achère qiddéchanou bémitsvotav etc.” (qui nous as sanctifiés par Ses commandements et nous as ordonnés etc.).

7. Malgré cela, si l’heure est tellement tardive que l’horaire limite de la prière du matin (qui est la quatrième heure saisonnière de la journée) a aussi été dépassée, il sera interdit de réciter les bénédictions du Chéma’avec mention du Nom de Dieu. On dira donc”: Baroukh Yotsère or […] baroukh Yotsère haméorot”, “baroukh habo’her bé’amo Yisraèl béaava”, “baroukh gaal Yisraèl”. (On pensera toutefois mentalement au nom de Dieu. Il est même préférable de dire “baroukh atta Hachem élohénou mélekh ha’olam Yotsère or” […] “baroukh etc.”). Celui qui lit les bénédictions avec le Nom de Dieu alors que l’heure limite de la prière du matin est passée a récité ces bénédictions en vain, selon la majorité des décisionnaires et” Marane” l’auteur du Choul’hane ’Aroukh. (Pour connaître les horaires limites de la lecture du Chéma’et de la prière, on consultera régulièrement le calendrier). Pour ce qui est de la ‘Amida elle-même, il sera possible de la réciter à postériori même après cet horaire, comme nous le verrons par la suite.

8. Celui qui, en arrivant à la synagogue, voit que l’assemblée tarde dans la prière (par ignorance de la halakha), de telle sorte qu’en priant avec eux il dépassera l’horaire de la prière, devra prier seul pour réciter le Chéma’et ses bénédictions dans les temps. Sa récompense lui sera préservée, car il a agi convenablement selon la volonté de Dieu.

9. Il convient d’être assis pendant la kedoucha du “Yotsère”. La coutume chez les kabbalistes de la Yéchiva Bet-El est que l’officiant s’asseye également, mais la coutume répandue est que l’officiant reste debout.

10. A priori, il convient que l’assemblée réà voix haute à la kedoucha du “Yotsère”. Celui qui n’a pas pu la dire avec l’assemblée, ou qui a prié seul, pourra néanmoins la réciter. En effet, cette kedoucha n’est pas en soi notre propre sanctification du Nom de Dieu, mais plutôt une relation de la façon dont les anges et créatures célestes Le sanctifient ; c’est pourquoi sa récitation n’est pas conditionnée par la présence d’un minyane. Toutefois, à priori, celui qui la récite seul lira les versets de “qadoch” et “baroukh” avec les Té’amime, comme s’il lisait des versets de la Torah.

> La bénédiction de « Ahavat ’olame »

11. En récitant cette belle bénédiction, on peut accomplir mentalement quatre commandements de la Torah. Comment?

a. En disant: “Ouvanou ba’harta etc.” (et Tu nous as choisis parmi les autres peuples et nations, et Tu nous as rapprochés, ô notre Roi), on accomplit le commandement de se souvenir du don de la Torah au mont Sinaï par lequel Dieu nous a rapprochés de Son grand Nom et nous a choisis d’entre tous les peuples.

b. En disant: “léchimkha haggadol” (de Ton grand Nom), on se souvient de l’action de ‘Amaleq par la faute duquel le nom de Dieu n’est pas entier et élevé, tel qu’il devrait l’être. On doit aspirer à voir prochainement le souvenir de ‘Amaleq effacé, et prier pour que le Nom du Saint Béni soit-Il soit de nouveau entier.c. En disant: “léhodote lékha” (pour Te remercier), on réfléchit au fait que le Saint Béni soit-Il a doté l’homme d’une bouche pour qu’il Le loue et non pour qu’il dise des propos médisants. On se souvient alors de ce qu’il advint à la prophétesse Miriam qui a, une fois seulement, utilisé sa parole pour médire, et fut aussitôt punie et frappée de la lèpre.d. En disant: “oulya’hèdkha” (et T’unifier), on se souvient de la faute du veau d’or, lorsque les enfants d’Israël ont voulu associer un autre élément à Dieu, et n’ont pas unifié Son Nom.

> L’intention à avoir pendant la lecture du « Chéma’ »

12. Il faut lire le Chéma’ avec crainte et respetc. On doit se concentrer pendant la lecture en comprenant les mots que l’on prononce. A priori, il faut se concentrer pendant toute la lecture du Chéma’ ; on le fera au minimum pendant la récitation du premier verset, qui contient l’essentiel de l’acceptation du joug et de l’unité de Dieu. Si on a récité le premier verset sans se concentrer, on n’est pas acquitté et on devra le répéter.

13. Celui qui veut lire le Chéma’ tout en marchant, est tenu de s’arrêter pendant le premier verset (“Baroukh chèm” compris) afin de pouvoir se concentrer. Certains exigent l’arrêt jusqu’à “’al lévavékha”.

14. On a l’habitude de réciter le premier verset à voix haute afin d’éveiller la ferveur. On place aussi la main sur les yeux pour ne pas être distrait par autre chose. (Il y a également une raison ésotérique à cela).

15. Il faut réciter le verset “Baroukh chèm etc.” à voix basse, tout en restant audible pour soi-même.

>> Ordonnance nouvelle

« Que Je t’ordonne aujourd’hui »: c’est-à-dire qu’on doit considérer chaque jour ces paroles comme étant nouvelles et non comme une personne qui les a déjà entendues et en est lasse. Le Ba’al Hatourim a écrit au nom de Rav ’Amram Gaon qu’un homme doit considérer chaque lecture du Chéma’ comme la lecture d’une nouvelle ordonnance du Roi. Si un roi de chair et de sang proclame une nouvelle ordonnance au public, il est certain que tous la liront avec crainte et respect ; à plus forte raison concernant le Chéma’ qui est une ordonnance du Roi des rois! Chacun doit donc s’efforcer de lire le Chéma’ avec crainte et respect, sans hâte ni désordre, et prononcer chaque mot posément. On tâchera de comprendre chacun des commandements et des pénalisations qui y sont énoncés, car c’est l’ordre de notre éminent Roi, le Saint Béni soit-Il.

16. L’intention de base à avoir en récitant le verset “Chéma’ Israël” est double: d’une part, l’acceptation de la Royauté divine lorsqu’on dit Hachem est notre Dieu" ; et, d’autre part, la foi en l’unité de Dieu, lorsqu’on dit “ Hachem” est Un". (C’est la raison pour laquelle on mentionne deux fois le nom de Dieu). Le terme Chéma’, en hébreu, a lui-même une double signification: accepter et comprendre. Ainsi, l’explication du verset “Chéma’ Israël” est, en premier lieu, d’accepter que Hachem est notre Dieu ; on reçoit par-là Sa royauté sur soi, et on s’oblige à accomplir tous Ses commandements et préceptes. En second lieu, on croit en l’unité de Dieu, et au fait que Lui seul a créé tous les mondes, sans aucune force associée.

17. Il ne faut pas s’attarder sur la lettre “Aleph” du mot “E’had”, afin que cela ne s’entende pas “É-’had” (en deux mots, qui signifie: "où est l’Unique?", à Dieu ne plaise). Par contre, la prononciation de la lettre “’Hèt” doit être légèrement prolongée, le temps de penser que Dieu est Roi dans les Cieux et sur la Terre (les sept compartiments du ciel et la terre font huit, soit la valeur numérique de la lettre “’Hèt”). Il faut aussi s’attarder sur la lettre “Dalète” du mot, en pensant que Dieu est seul Maître dans les quatre directions du Monde (quatre, comme la valeur numérique de la lettre “Dalète”). L’intention principale reste toutefois celle d’accepter la royauté de Dieu sur soi-même, de manière entière et complète.

18. Dans la mesure du possible, en disant le lettre “Dalète” on doit aussi penser être prêt à donner sa vie pour la sanctification du nom de Dieu, en subissant les quatre modes d’exécutions (c’est-à-dire s’imaginer qu’on nous contraigne de pratiquer l’idolâtrie sous peine de lapidation, et qu’on préfère plutôt subir la peine de mort ; idem pour la peine du bûcher, de la décapitation et de la strangulation). Le fait d’avoir cette intention est souhaitable et nous fait mériter un renouveau interne. Il ne faudra toutefois pas prolonger outre mesure la prononciation du “Dalète”.

19. Il faut veiller à dire le mot “E’had “avec un “Dalète réfouya”, dont la prononciation oscille entre le "d" et le "z", faute de quoi cela s’entendra “E’hadeu”. Celui qui ne sait pas prononcer le “Dalète réfouya”, prononcera un “Dalète dégoucha” ("d") mais sans le prolonger, et pensera aux intentions exposées ci-dessus juste après avoir terminé le mot “E’had”.

20. On ne doit pas s’interrompre lorsqu’on récite le verset “Chéma’ Israël” et “Baroukh chèm”, pas même pour répondre au qaddiche ou à la kedoucha.

21. Il faut marquer une pause entre “Baroukh chèm kévod malkhouto lé’olame va’èd” et le paragraphe de “Véahavta”, pour distinguer l’acceptation de la royauté de Dieu des autres commandements.

22. Pendant la lecture du Chéma’, il est interdit de faire la moindre allusion et à plus forte raison se livrer à une activité, même pour les besoins d’une mitsva. Pendant le deuxième paragraphe, on pourra être néanmoins moins strict pour une mitsva.

>> La climatisation est présente même en enfer!

Rabbi ’Hama a dit au nom de Rabbi ’Hanina: "Tout celui qui est pointilleux dans la prononciation du Chéma’ mérite qu’on lui refroidisse l’enfer, comme il est dit: "Quand le Tout-Puissant dispersa (Béfarès, en hébreu) les rois, le Çalmone était couvert de neige". Ne lis pas "Béfarès" mais "Béfarèch", soit: celui qui explique et prononce correctement. Ne lis pas "le Çalmone" mais "Çalmavèt", soit: l’enfer. Le verset est donc ainsi commenté: "Celui qui explique et prononce correctement le texte relatif à l’acceptation de la royauté du Tout-puissant, aura droit à un refroidissement en enfer".

>> Remarques relatives à la lecture du Chéma’

Il convient de lire le Chéma’ avec les Té’amime, tels qu’ils apparaissent dans la Torah. Il faut prononcer correctement les lettres, n’en avaler aucune, ne pas prononcer faiblement une lettre renforcée (ponctuée d’un “daguèche”) ni accentuer une lettre lâche (dépourvue de “daguèche”), ne pas lire un "e" à la place d’un "é" (“chéva na’h” à la place d’un “chéva na’”) et inversement. Il faut également réciter le Chéma’ d’une voix audible pour soi-même. Dans tous les cas, si on n’a pas été strict, on est tout de même acquitté à posteriori.

24. Il faut prendre garde à bien prononcer la lettre “Youd” du mot “Yisraèl” afin de ne pas coller ce mot au précédent (et dire “Chémaisraël” au lieu de “Chéma’ Yisraèl”) ni le prononcer comme un “Aleph” (et dire “Israël”).

25. Il faut marquer une pause entre deux mots dans le cas où la première lettre d’un mot est identique à la dernière du mot précèdent. Par exemple: “békhol lévavekha” – il faut séparer les deux sons "l", ou encore “’al lévavekha”, “’al lévavekhème”, “’éssèv béssadekha”, “va’avadtèm méhéra”, “ hakanaf pétil”, “étkhèm mé-éreç” etc. ; si on ne prend garde à les séparer convenablement, on peut sauter une lettre, les deux mots n’en formant plus qu’un seul.

26. Il faut également marquer une pause entre un mot qui se termine par une consonne ponctuée et le mot suivant s’il commence par la lettre “Aleph”, par exemple: “A-donaï élohénou, A-donaï é’had”, de crainte de prononcer “A-donaï élohénou A-donaï é’had”. Il faut redoubler d’attention pour les mots se terminant par la lettre “Mèm”, comme: “vélimmadtèm otam” ou “ouqchartèm otam” ou “véssamtèm ète”, car la contraction des deux mots nous fait prononcer “motam” ou “mète” (qui signifient la mort!). Il faut de même veiller à prononcer correctement chaque lettre et ne pas dire “véahafta” au lieu de “véahvta", et ainsi de suite. En prononçant correctement chaque lettre on mérite de réparer chacun de nos 248 membres.

27. Il faut prendre garde à ne pas intervertir le futur et le passé. Ainsi, il faut lire “véahavta”, “véakhalta” etc., “en oxyton (c’est-à-dire avec l’accent tonique sur la dernière syllabe). Le “Vav” en début du mot est un “Vav” inversif du passé en impératif ou futur, et cela donne: "et tu aimeras" (ou: aime!), "et tu mangeras" etc. Par contre, si on lit ces termes en paroxyton (avec l’accent tonique sur l’avant-dernière syllabe), le “Vav “est un “Vav” de coordination, et le verbe est alors au passé: "tu as aimé, etc."! Dans ce cas, on n’est pas acquitté du commandement de réciter le Chéma’. Il faut que les maîtres et professeurs enseignent cela aux élèves dès les petites classes. Sinon, on ne pourra corriger ces déformations que difficilement. "Éduque le jeune à ses prémisses, même avancé en âge, il ne s’en écartera point" (Proverbes 22,6).

> L’intention d’accomplir les commandements divins

28. Lorsqu’on accomplit un commandement de la Torah, il faut penser explicitement à être acquitté de ce commandement. C’est pourquoi, avant de commencer la lecture du Chéma’, il faut penser à être acquitté du commandement positif de la Torah qui nous ordonne de réciter le Chéma’ matin et soir (comme mentionné dans le texte même du Chéma’: "à ton coucher et à ton lever").

29. En sus de ce commandement, on peut accomplir plusieurs autres mitsvot en récitant le Chéma’:

a. Lorsque l’on dit dans le premier verset “A-donaï élohénou” (Hachem est notre Dieu) avec concentration, on accomplit le premier des dix Commandements, ordonnant la croyance en l’existence de Dieu, Seigneur Tout-puissant, qui détient tous les pouvoirs, qui veille sur nous et pourvoit à nos besoins particuliers. C’est exactement cette intention même à avoir en disant les mots: “A-donaï élohénou”. (Il n’est pas nécessaire d’énoncer mentalement tous ces attributs à chaque lecture du Chéma’ ; il suffit d’en retenir l’idée générale.)

b. Lorsqu’on dit “A-donaï é’had” (Hachem est Un) avec concentration, on accomplit le commandement relatif à l’unité de Dieu. On croit que Dieu est Un, sans associé et sans second et qu’aucun dieu n’existe à part Lui.

C’est pourquoi, avant de débuter la lecture du Chéma’, il faut prendre conscience que l’on s’apprête à accomplir trois commandements: la lecture du Chéma’ proprement dite, l’acceptation du joug divin, et l’affirmation de l’unité de Dieu.c. En prononçant “Véahavta ète Hachem élohékha” (et tu aimeras Hachem ton Dieu), on doit penser à accomplir effectivement ce que l’on dit, c’est-àâme et tous ses moyens. Ainsi, on accomplit ainsi le commandement d’aimer Dieu.d. Lorsqu’on dit: “Vélo tatourou a’haré lévavkhèm véa’haré ’énékhèm” (Ne vous éàérésie et les doctrines contraires à la Torah, et ne pas être entrainé par ses yeux vers la débauche. On aura respecté par-là ce commandement négatif.(Ces quatre commandements font partie des six ordonnances perpétuelles qui s’appliquent à chaque instant de la vie d’un homme. Chaque fois que l’on y pense, on accomplit des commandements dont le mérite est infini. Ils constituent aussi les piliers de la Foi.)

e. En récitant: “Ani A-donaï élohékhèm achèr hotséti etkhèm mé-éreç miçraïm” (Je suis Hachem votre Dieu qui vous ai fait sortir d’Egypte), il faut penser à accomplir le commandement de se souvenir de la sortie d’Egypte.(Dans le “siddour Ich Maslia’h” nous avons inclus des rappels concernant les intentions à avoir).

30. En disant: “our-itèm oto” (et vous le regarderez), on doit observer à deux reprises les tsitsiot (franges rituelles) que l’on saisit, tout en les passant sur les yeux et les embrasser. En les observant, on doit penser que le mot “’ayin” correspond à la valeur numérique 130, soit celle du Nom de Dieu (26) multipliée par cinq. Ensuite, en disant: “A’haré ’énékhème” (et suivant vos yeux) on passe à nouveau les tsitsiot sur les yeux et on les embrasse. Il y a une raison à la chose d’après la Kabbalah. Les Sages ont écrit que tout celui qui fait passer ses tsitsiot sur ses yeux lorsqu’il lit le troisième paragraphe du Chéma’, est assuré de n’être jamais frappé de cécité.

> Conclusion de la lecture du « Chéma’»

31. Il faut marquer une légère pause entre le mot “Ani” et le mot “A-donaï élohékhème”, car le mot “Ani” est marqué d’un signe de cantillation qui marque un arrêt. Le verset doit se comprendre comme suit: “Ani” – Je suis, Moi-seul ; “A-donaï élohékhème” – Hachem votre Dieu.

> Un remède pour le corps et l’âme

Rabbi Yéhouda disait, en citant le verset "Elle sera un remède pour ta chair, une sève pour tes os" (Proverbes 3,8): la Torah est un remède pour le corps et les os dans ce monde et dans le monde futur. Rabbi Néhoraï rapportait au nom de Rabbi Né’hémia: le Chéma’ comporte 248 mots, correspondants aux 248 membres du corps humain. Lorsqu’on récite le Chéma’ comme il se doit, chaque membre se lie à un mot qui lui donne la santé.

32. Il y a en réalité 245 mots dans le Chéma’. Pour atteindre le nombre de 248, l’officiant reprend à voix haute ces trois mots: “A-donaï élohékhème émèt”, avec l’intention d’en acquitter les fidèles, ces derniers devant aussi penser à être acquittés. À priori, les fidèles doivent terminer avec l’officiant: “Ani A-donaï élohékhème“, puis prononcer à voix haute: “Émèt”. Ensuite, l’officiant reprend: “A-donaï élohékhème émèt".

33. Si on prie seul, ou qu’on ne parvient pas à achever la lecture du Chéma’ avec l’officiant, on doit reprendre soi-même: “A-donaï élohékhème émèt”. Si l’officiant est ignorant de la nécessité d’acquitter les fidèles de ces trois mots, ou qu’il ne les prononce pas correctement, chaque fidèle devra dire “A-donaï élohékhème émèt” en même temps que l’officiant.

34. On doit faire attention aux 15 lettres “Vav” de liaison du “Émèt véyatsiv, “à les prononcer posément et avec concentration, sans les avaler ni s’interrompre jusqu’au mot “haddavar”, car il y a à cela une raison mystique. C’est pourquoi, celui qui a dû s’interrompre dans cette phrase pour répondre au qaddiche ou à la kedoucha doit recommencer depuis le début de “véyatsiv”.

35. Certains officiants ont pris l’habitude lors de la prière du matin de conclure la bénédiction de “Gaal Yisraèl” à voix basse. Ceci est une erreur et il convient de la dire entièrement à haute voix.

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