Le Vidouï et la Néfilat appayime (Ta’hanoune)

> Le ta’hanoune.

1. Immédiatement après la répétition de la ‘Amida, on récite le Vidouï (confession des fautes) puis les treize Attributs de miséricorde de Dieu, suivis de la “Néfilat appayime” (en récitant “Lédavid élékha”). Cet ordre a un sens particulier selon la Kabbalah. Tous ces passages sont considérés comme le prolongement de la répétition de la ‘Amida, c’est pourquoi il est interdit de parler et même de prononcer des paroles de Torah, jusqu’à la fin de la “Néfilat appayime”.

2. Néanmoins, on doit s’interrompre afin de répondre avec les fidèles à “Barékhou”, au qaddiche ou à la kedoucha, même au milieu de la “Néfilat appayime”. Quant à répondre Amen sur une bénédiction, selon certains avis, on répondra Amen entre la répétition et la “Néfilat appayime”, mais pas au milieu de la “Néfilat appayime”. C’est l’avis du Roch Yéchiva Rav Méir Mazouz. D’autres soutiennent qu’on peut s’interrompre pour cela même au milieu de la “Néfilat appayime”, comme le pense le” Richone létsiyone” Rav ’Ovadia Yossef. D’après toutes les opinions, on peut répondre à tout à partir du passage “Avinou malkénou” et jusqu’à la fin de la prière.

3. Avant de se confesser, on doit prendre conscience que l’on va accomplir un précepte de la Torah comme il est dit: "Ils confesseront les fautes qu’ils auront commises" (Nombres 5,7). Il faut se confesser en étant debout. De même, toutes les supplications que l’on ajoute le lundi et le jeudi doivent être récitées debout. On ne doit pas prendre appui sur quelque chose (de manière à perdre l’équilibre si l’objet était retiré), sauf pour une personne âgée ou malade.

4. On doit veiller à réciter les treize Attributs de miséricorde posément et avec ferveur. Celui qui prie seul n’a pas le droit de les réciter en tant que prière ou demande de miséricorde, car ces Attributs font partie des prières nécessitant un minyane pour être récitées, comme le qaddiche. Il les lira toutefois avec les Té’amime des versets de la Torah. (Celui qui ne sait pas les lire avec les Té’amime les lira de la façon dont il récite des versets, et non avec l’intonation propre à la prière). Quant aux treize Attributs récités durant les supplications des lundis et jeudis, il se contentera de les penser uniquement.

5. Quand on dit “Vaya’avor”, on doit se prosterner quelque peu, puis on se redresse en disant “A-donaï, Adonaï”. Il est bon de réciter “A-donaï, A-donaï” à haute voix mais sans exagérer, pour ne pas donner prise à la moquerie.

6. Il faut veiller à marquer une pause entre les deux “A-donaï”. Cela a un sens profond d’après la Kabbalah.

7. Il faut s’asseoir pour réciter “Lédavid élékha” (après avoir dit “Ra’houme vé’hanoune” en position debout). Si aucune place assise n’est disponible, on doit s’appuyer sur un mur ou un objet (de manière à ne pouvoir rester debout si le support était retiré). La majorité des communautés séfarades n’ont pas l’habitude de s’incliner pendant la “Néfilat appayime”. Celui qui veut prendre cette habitude, inclinera la tête au-dessus du bras gauche, mais sans l’enfouir entièrement.

8. Certains ont coutume de réciter le psaume 121: “Chir lamma’alot” après la “Néfilat appayime”. Les lundis et jeudis, ils le réciteront à la fin des supplications.

9. Voici la liste des jours pendant lesquels on ne dit pas Ta’hanoune: les jours de Roch ’Hodèche, tout le mois de Nissane, le 14 “Iyar (« Péssa’h chéni), “Lag ba’omer”, du 1er au 12 Sivane inclus, le 9 Av, le 15 Av, la veille de Roch Hachanna, la veille de Kippour, depuis la fin de Kippour jusqu’à la fin du mois de Tichri, les jours de ‘Hanouka, le 15 “Chevat (Tou bichvat”), le jour de “Pourime” et de “Pourime Chouchane” (les années embolismiques, les 14 et 15 du mois de “Adar I”). La coutume à Tunis est de ne pas réciter de Ta’hanoune le jeudi précédant la lecture à la Torah de la section de “Ytro”.

10. On ne se confesse pas non plus durant la prière de Min’ha qui précède un de jours mentionnés ci-dessus, excepté les veilles de Roch Hachanna et de Kippour.

11. Lorsqu’on organise un repas en l’honneur d’un “siyoum massékhète” (conclusion de l’étude d’un traité du Talmud), on ne fait pas de “Vidouï “ni de “Néfilat appayime” dans la prière récitée juste avant ou après le “siyoum”, même si un seul membre de l’assemblée a effectivement étudié, car tout le monde participe à sa joie. Ceci est valable en particulier si, à cette occasion, le qaddiche et la kedoucha sont chantés comme un jour de fête.

12. On ne récite pas Ta’hanoune dans la synagogue où a lieu une circoncision. De même, si à l’office participent le père de l’enfant, le Sandaq ou le Mohel, ou encore un marié dans ses sept jours de noces, on ne récite pas Ta’hanoune. On a aussi l’habitude de ne pas le réciter en présence d’un enfant qui fête sa “bar-mitsva”.

13. Les règles énoncées ci-dessus sont valables pour un jour de semaine régulier. Cependant lorsque c’est un jour de jeûne public, on récite le Vidouï, les treize Attributs, “Lédavid élékha”, ainsi que les supplications spécifiques aux jours de jeûne, en omettant juste le passage de “Véhou ra’houme". Le marié ou les acteurs de la circoncision eux-mêmes ne récitent rien.

14. Ceux qui prient dans une maison d’endeuillés ne récitent pas le Vidouï ni la “Néfilat appayime” durant les sept jours de deuil. Même si les endeuillés ne sont pas présents, il est d’usage de ne pas les réciter dans la demeure du défunt. Cependant, si l’endeuillé se rend à la synagogue, on doit réciter le Ta’hanoune comme de coutume. Une exception est faite concernant la veille du septième jour de deuil, lorsque les endeuillés se rendent à la synagogue pour prier Min’ha et ‘Arvit, et que de nombreuses personnes se rassemblent afin d’entendre des paroles de Torah ainsi que l’oraison funèbre du défunt et lui rendre hommage ; dans ce cas, on ne récite pas le Ta’hanoune.

> Lecture de la Torah les lundis et jeudis

15. Moché notre maître a institué la lecture de la Torah le chabbat, les lundis et les jeudis à l’office du matin, afin de ne pas rester trois jours consécutifs sans entendre des versets de la Torah. Ezra le Scribe a rajouté qu’il y ait trois personnes qui montent à la Torah le lundi et le jeudi, et qu’un minimum de dix versets soit lu.

>> Les lois relatives à l’ouverture de l’arche sainte et à la lecture de la Torah seront détaillées au chapitre 31.

>> Origine de la supplication "Véhou ra’houme" que l’on récite les lundis et jeudis

Une histoire est rapportée concernant un bateau d’exilés juifs en provenance de Jérusalem qui accosta dans un royaume étranger. Interrogés par le roi sur leur origine, ils répondirent qu’ils arrivaient de la Terre sainte. Le roi voulut alors les mettre à l’épreuve, comme le furent ’Hanania, Michaël et ’Azaria qui furent jetés dans une fournaise. Les juifs lui demandèrent un délai de trente jours, que le roi leur accorda. Ils décidèrent de jeûner pendant ces trente jours et de se raconter les rêves qu’ils feraient durant cette période. A la fin des trente jours, une personne âgée craignant le Ciel rapporta son rêve: "J’ai vu que l’on me citait un verset de la Torah comprenant deux fois le mot « lorsque » - en hébreu, et trois fois le mot « pas »

Une personne érudite qui se trouvait lui répondit alors: "Il s’agit certainement de ce verset des Prophètes (Isaïe 43,2):

"Lorsque - tu passeras par les eaux – Je serai avec toi ; par les fleuves – tu ne te noieras pas, lorsque - tu tRaverseras le feu – tu ne seras pas - brulé ; dans les flammes – tu ne t’enflammeras pas"

Ainsi, conclut l’érudit: tu mériteras sans aucun doute d’être sauvé de tout péril.

À la fin des trente jours, le roi ordonna de préparer une grande fournaise sur la place publique, et la personne âgée ayant fait le rêve pénétra dans les flammes. Il y eut alors un miracle: les flammes se divisèrent en trois et trois âmes de Justes vinrent à la rencontre de la personne âgée, et louèrent Dieu en récitant la supplication: "Véhou ra’houme etc.…" Le premier des Justes a récité ce passage jusqu’à: "Anna mélèkh ra’houme", le second jusqu’à "ène kamokha", et le troisième jusqu’à la fin. C’est pourquoi nos Sages ont institué de réciter ce passage les lundis et jeudis qui sont des jours de justice divine.

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