Les règles juives et coutumes du jour anniversaire du décès (hazkara)

1. La coutume est de commémorer le jour anniversaire du décès (Hazkara) pour l’élévation de l’âme du défunt, au terme de la semaine, du mois, de onze mois et d’un an après le décès ; puis tous les ans, au jour anniversaire du décès. (A Djerba, dans la “’Hara Çghira”, on ajoutait d’autres dates: au bout de trois mois, de six mois et de neuf mois après le décès).

2. La Hazkara de la semaine est célébrée la veille du septième jour au soir, ou la journée du lendemain avant le coucher du soleil ; c’est le jour même où il sort du deuil. (Par exemple si le défunt a été enterré un lundi, on fait la Hazkara le samedi soir, ou le dimanche avant le coucher du soleil). De même, les trente jours sont commémorés la veille du trentième jour depuis l’enterrement au soir, ou la journée du lendemain jusqu’au coucher du soleil. (Dans notre exemple, les trente jours sont commémorés lundi soir ou mardi jusqu’au coucher du soleil). De même, les onze mois sont commémorés le dernier jour des onze mois. Mais la commémoration de l’année n’a pas lieu le dernier jour de l’année écoulée, mais à la date même du décès.

3. Pour fixer les Azkarot pour les sept jours, le mois et les onze mois, on compte les jours depuis l’enterrement et non depuis le décès.

4. Par contre, en ce qui concerne la commémoration de l’année, il convient plutôt de la faire suivant le jour du décès, que ce soit pour la première année ou pour celles qui suivent. Il faut cependant avertir les endeuillés la première année de ne pas cesser les règles de deuil avant que ne soient écoulés douze mois depuis l’enterrement. Certains commémorent la première année suivant le jour de l’enterrement ; ils ont sur qui s’appuyer. (Il est évident que pour fixer toutes les dates de Azkarot, on prend en compte la date hébraïque uniquement).

5. Bien qu’il soit préférable de faire la commémoration de l’année selon le jour du décès et non de l’enterrement, dans le cas où le Rav redoute que les endeuillés ne cessent les lois du deuil des douze mois avec la célébration de la Hazkara, il est préférable qu’il leur fixe la date de la Hazkara en fonction de l’enterrement pour la première année ; pour les années qui suivent, ils tiendront compte du jour du décès.

6. Si l’enterrement a été différé de trois jours ou plus après le décès (s’il est décédé le dimanche, par exemple, et a été enterré le mardi), on fixe la Hazkara de l’année selon le jour de l’enterrement. Certains sont cependant d’avis que même dans ce cas, on compte suivant la date du décès.

7. Si quelqu’un ne veut ou ne peut célébrer deux Azkarot, à la fois celle des onze mois et celle de l’année, il est préférable de commémorer l’année, puisque c’est un jour de Jugement pour le défunt, et la Hazkara est un mérite en sa faveur qui l’aidera à sortir acquitté.

8. Si quelqu’un est décédé pendant “ben hachmachot” (entre le coucher du soleil et la sortie des étoiles), on considère qu’il est décédé avant le coucher du soleil pour fixer la date de la commémoration de l’année. En effet, puisqu’il y a un doute sur la détermination du jour de décès (et donc de la Hazkara), on suivra le premier jour, car il est préférable d’avoir devancé la célébration que de l’avoir retardée. Celui qui fera dans ce cas deux jours successifs de commémoration est digne de bénédiction.

9. Si quelqu’un est décédé aux Etats-Unis l’après-midi, ce qui correspond à la nuit en Israël, on fixera la Hazkara selon le jour aux Etats-Unis.

10. Si quelqu’un est décédé le trente ‘Hechvane ou le trente “Kislev”, et que la première année qui suit le décès ne compte que vingt-neuf jours dans le mois, on fera la Hazkara le vingt-neuf du mois, ainsi que toutes les années à venir, puisque le décès a eu lieu le dernier jour du mois. En revanche, si la première année d’après le décès comportait elle aussi trente jours dans le mois, puisque la Hazkara y est tenue le trentième jour du mois (qui est le premier jour de Roch ’Hodèche), ce sera la date retenue pour toutes les années suivantes, même celles qui ne comptent que vingt-neuf jours: la Hazkara aura alors lieu à Roch ’Hodèche (qui est en l’occurrence le premier du mois suivant).

11. Celui dont le père ou la mère est décédé une année simple et que l’année qui suit est embolismique (par exemple il est décédé le premier Sivane 5773 qui est une année simple, et l’année 5774 est embolismique), la Hazkara de l’année doit se faire douze mois après le décès (soit le premier Iyar 5774, puisqu’il y a eu deux mois de Adar cette année-là). Certains décisionnaires sont d’avis qu’il faut faire la Hazkara treize mois après le décès (le premier Sivane 5774), bien que les règles du deuil se terminent au bout de douze mois. D’autres ont la coutume de faire dans ce cas deux Azkarot, l’une au terme de douze mois à compter du décès, et l’autre au terme de treize mois ; c’est ainsi qu’il convient d’agir. Tout cela s’applique uniquement la première année après le décès. Par contre, en ce qui concerne les années suivantes, tous les avis sont unanimes pour fixer la Hazkara à la date du décès seulement.

12. Celui dont le père ou la mère est décédé en Adar d’une année simple (non embolismique) agira pour la première année comme énoncé dans le paragraphe précédent. Cependant toutes les autres années embolismiques qui suivront, il devra selon tous les avis, célébrer la Hazkara en “Adar II” et non en “Adar I”, puisque “Adar II” est le mois principal de Adar, alors que “Adar I” n’est qu’un ajout en cas d’année embolismique. A plus forte raison s’ils sont décédés lors d’une année embolismique pendant le mois de “Adar II”, il fera la Hazkara en “Adar II” toutes les années embolismique. C’est seulement s’ils sont décédés pendant le mois “d’Adar I” d’une année embolismique que l’on commémorera la Hazkara en “Adar I”.

13. Celui qui a deux Azkarot à célébrer au cours d’une même semaine, peut les célébrer en même temps le chabbat qui précède. Toutefois, si elles tombent dans deux semaines distinctes, on ne peut les réunir.

14. Si un jour de fête survient durant la semaine ou les trente jours de deuil, on ne poursuit pas le deuil jusqu’à la fin de la semaine ou du mois, mais on l’interrompt la veille de la fête. Certains disent qu’on ne fait alors pas la Hazkara à la fin des sept jours ou du mois, mais plutôt lorsqu’on arrête le deuil. D’autres sont d’avis que même dans ce cas, on célèbre la Hazkara à la fin de la semaine et des trente jours, comme à l’accoutumée. Tel était l’usage à Djerba et c’est ainsi qu’il convient d’agir.

15. Si la Hazkara de la semaine, du mois ou de l’année tombe un jour de chabbat ou de fête, il faut à priori la célébrer le jour-même de chabbat ou de fête. A Djerba, l’usage était de la faire à Min’ha de chabbat, qui est un moment de grâce divine. Cependant, si cela n’est pas possible ou s’il y a un besoin spécifique (par exemple si doivent y assister des proches qui habitent une autre ville), on peut avancer la date de la Hazkara, tout en restant le plus proche possible de la date originelle.

16. En cas de nécessité extrême, si on ne peut faire la Hazkara du onzième mois en son temps (comme dans le cas où la famille doit se rendre à l’étranger, par exemple), on peut la devancer de trois ou quatre jours.

17. La Hazkara des trente jours peut être devancée au vingt-neuvième jour, et on fera poursuivre l’étude jusqu’au soir, après la prière de Min’ha et ‘Arvit. La même règle s’applique pour la Hazkara de l’année.

18. En tout état de cause, s’il n’y a pas de possibilité de commémorer la Hazkara en son temps, il est préférable d’avancer la date (tout en restant le plus proche possible de la date originelle), plutôt que de la retarder.

19. L’usage à Djerba est de rémunérer dix hommes (ou au moins deux ou trois, chacun selon ses possibilités), pour qu’ils étudient pendant les sept jours de deuil le recueil “Bèt Ménou’ha”, compilé à cet effet par notre maître le “’Hida”. Avant la mi-journée, ils étudient des “Michnayot” et du Zohar ; après cela, ils lisent des psaumes et prie Min’ha.

20. Pendant les Azkarot des sept et trente jours ainsi que des onze mois, l’usage est que la communauté étudie tout ensemble des passages de “Aggada” (récits homilétiques) du recueil “’Èn Ya’aqov”, et on récite après cela le “qaddiche ’Al Yisraèl”. La majorité des gens ont l’habitude d’étudier le passage talmudique du traité de “Kétoubot”: “Tanou Rabbanane”, “Bich’ate pétirato chèl Rabbi etc.”, qui traite du décès de Rabbi Yéhouda “Hannassi”. On poursuit ainsi l’étude pendant près d’une heure ou deux, selon le temps dont on dispose. Parfois, on étudie également dans le recueil “Bèt Ménou’ha”.

21. Le jour de la Hazkara annuelle de son père ou sa mère (ou d’un autre proche parent qui n’a personne pour lui commémorer la Hazkara), on a l’habitude de réunir dix hommes à son domicile ou à la synagogue, pour étudier le contenu du “Bèt Ménou’ha”. Certains ont l’habitude que chacune des dix personnes étudie la totalité de l’ouvrage, d’autres partagent l’étude entre tous les participants, dont chacun étudie une partie. Les éditions “Ich Maslia’h” ont réédité cet ouvrage, ponctué et expliqué, et divisé en vingt livrets.

22. Certains ont l’usage d’étudier des “Michnayot” le jour de la Hazkara, car le mot Michna en hébreu comprend les mêmes lettres que le mot “néchama” (âme) ; l’étude de la Michna épargne l’âme du défunt de l’enfer et lui fait hériter de la vie éternelle. Nombreux sont ceux qui étudient des chapitres de “Michnayot” commençant par les lettres qui forment le nom du défunt, et qui étudient également le chapitre “Yech ma’aline” (“Miqvaot” chapitre 7), pour l’épargner de la rigueur divine et l’élever de l’impureté à la pureté. (Ce chapitre a été imprimé avec ponctuation à la fin des “siddourim Ich Maslia’h”). D’autres lisent seulement un passage du Zohar, pour éclairer l’âme par les secrets de la Torah. D’autres enfin étudient un passage du Talmud. Chacun suivra son usage, puisque toute étude est profitable pour l’âme du défunt, tant qu’elle est récitée avec une intention pure (“Léchème chamayime”).

23. Certains ont l’habitude de lire des psaumes pendant la Hazkara, même si elle se fait en soirée. D’autres sont plutôt d’avis qu’il ne convient pas de lire des psaumes la nuit, excepté le vendredi soir, ou même en semaine après la mi-nuit, auquel cas cela est autorisé. L’usage s’est répandu d’agir selon ce dernier avis, et de ne pas lire les psaumes la nuit, même pour une Hazkara. C’est la raison pour laquelle il est préférable de commémorer la Hazkara en journée avant la tombée de la nuit, afin de pouvoir gagner la lecture des psaumes en plus.

24. Après l’étude, on a coutume de dire des paroles de Torah et de morale qui éveillent les gens au repentir, et donner par-là du mérite au défunt et une élévation à son âme. Ensuite, on sert un repas ou une collation qui comporte des aliments mézonote, des fruits et autres, sur lesquels on récite la bénédiction à voix haute, afin que les bénédictions et les Amen soient favorables à l’élévation de l’âme du défunt. Certains préparent un grand repas pour les sages et les pauvres, ce qui est une grande réparation pour le défunt, pour amender ses consommations ou autres profits superflus de ce monde, ou s’il a profité sans prendre soin de réciter la bénédiction. Grâce à cela, toutes ces imperfections sont réparées.

25. Lorsque l’on fait un repas pour une Hazkara, il faut expliquer et souligner que la nourriture n’est pas l’essentiel, mais plutôt l’étude, les discours, les paroles de morale et d’éveil au repentir que font entendre les “Rabbanim”, car c’est tout cela qui accorde du mérite au défunt, et élève son âme dans l’au-delà. Il convient de réciter les bénédictions sur la nourriture à haute voix et les participants répondent Amen, car tout cela est d’un grand profit pour l’âme du défunt.

26. S’il y a lieu de craindre que les participants mangent sans procéder à l’ablution des mains comme il se doit, il ne faut pas faire de repas à base de pain, mais plutôt servir des mézonote, des fruits et autre, pour éviter que la Hazkara ne devienne source de souffrance et tristesse pour le défunt, à Dieu ne plaise. On fera de son mieux pour que la Hazkara soit source de sanctification du Nom divin.

27. Si le repas n’est pas à base de pain et que les participants n’ont donc pas procédé à l’ablution des mains, on veillera à bien essuyer les fruits rincés, avant de les mettre à la disposition des convives. Il est en effet interdit de consommer des fruits mouillés sans s’être au préalable lavé les mains à partir d’un ustensile, sans bénédiction (de la même manière qu’on le fait le soir de Péssa’h, avant de manger le céleri trempé dans l’eau salée).

28. Il est permis de célébrer le repas de la Hazkara à la synagogue, à condition que tout se déroule avec la tenue et la dignité qui conviennent à la maison de Dieu.

29. Il convient d’augmenter l’étude de la Torah et multiplier la charité autant que faire se peut le jour de la Hazkara, afin que cela serve d’élévation pour l’âme du défunt.

30. Certains décisionnaires pensent qu’il est interdit à celui qui a perdu ses parents de se rendre à une réjouissance le soir et le jour de la Hazkara, chaque année. L’interdiction concerne uniquement des fiançailles ou un mariage ; il leur sera permis, par contre, de se rendre ce jour-là à une fête entre amis, une circoncision, un rachat de premier-né, ou la célébration du “Siyoum” d’un traité.

31. On a l’habitude d’allumer une bougie de vingt-quatre heures pour l’âme du défunt, qui brûlera du début de la soirée du jour anniversaire du décès, jusqu’au coucher du soleil le lendemain. Il est préférable, si possible, d’allumer une veilleuse , et tel est l’usage chez les Séfarades. (Certains préfèrent toutefois allumer une bougie de cire, le mot cire en hébreu (“cha’ava”) formant les initiales de “Haqiçou vérannénou chokhené ’afar” (Isaïe 26,19) – Réveillez-vous et entonnez des cantiques, vous qui dormez dans la poussière). Toutefois, d’après la loi stricte, il suffit même d’allumer une ampoule électrique. Combien est-il louable de prendre sur soi de financer l’éclairage dans les maisons d’étude où l’on s’adonne à la Torah, car ceci permet une grande élévation de l’âme du défunt, et intercèdera au Ciel en sa faveur, car "la mitsva est un flambeau, et la Torah une lumière" (Proverbes 6,23).

32. L’usage est de se rendre au cimetière pour la semaine, le mois, et l’année du décès (douze mois après le jour du décès). On le fera ensuite tous les ans, au jour du décès. La coutume à Jérusalem est de se rendre au cimetière également les veilles de “Roch ’Hodèche Nissane” et de “Roch ’Hodèche Eloul”. Certains ont aussi l’habitude de s’y rendre chaque veille de Roch ’Hodèche pendant la première année. Une personne faible pour qui il est difficile de se rendre sur la tombe de ses parents le jour de leur décès, étudiera depuis chez lui pour l’élévation de leur âme, ce qui donnera aussi du mérite aux parents défunts.

33. Quant aux femmes, il est préférable qu’elles évitent de se rendre au cimetière tout le temps, et en particulier lorsqu’elles sont en période d’impureté.

34. Les “Kohannime” ont également la coutume de se rendre au cimetière aux dates susmentionnées. Il est évident qu’il leur est interdit de pénétrer dans le cimetière, mais ils peuvent se tenir près du portail, à une distance minimale de quatre coudées des tombes. Ils doivent prendre garde également à ne pas passer sous un arbre qui déploie son feuillage sur les tombes. Bien qu’ils ne se soient pas rendus sur la tombe proprement dit, cela leur est considéré comme s’ils s’étaient recueillis sur la tombe. La même règle s’applique pour les personnes auxquelles il est difficile de se rendre jusqu’à la tombe. S’ils se tiennent à l’entrée du cimetière et prient, cela leur est considéré comme s’ils s’étaient recueillis sur la tombe même.

35. Si le septième jour de deuil tombe un chabbat, on n’avancera pas la visite au cimetière au vendredi, puisque les endeuillés ne doivent pas sortir de chez eux pendant la semaine de deuil pour ce motif ; ils se rendront au cimetière le dimanche. (Toutefois si les endeuillés viennent de l’étranger et doivent rentrer le dimanche au matin, ils pourront se rendre au cimetière le vendredi). De même, si le septième jour de deuil tombe un jour de fête, ou si la semaine de deuil prend fin prématurément la veille de la fête (dans le cas où le septième jour survient pendant les demi-fêtes), ils ne se rendront au cimetière qu’après les deuxièmes fêtes.

36. Si le septième jour tombe un Roch ’Hodèche, on ne se rend pas au cimetière ce jour-là, mais seulement le lendemain. La même règle s’applique si le septième jour tombe pendant ‘Hanouka ou “Pourime”, qui sont des jours pendant lesquels on ne va pas au cimetière. Si l’endeuillé veut tout de même se rendre seul sur la tombe, il le peut (à la condition qu’il soit certain ne pas en venir à ressentir de la peine ou à pleurer). Si le septième jour tombe pendant le mois de Nissane, ou dans les jours qui séparent Kippour de “Souccot”, on peut aller au cimetière et il n’est pas nécessaire de repousser cela.

37. Ce qui vient d’être énoncé dans les paragraphes ci-dessus (35 et 36) est valable également pour la montée du trentième jour. La seule différence est que, dans ce cas, il pourra avancer la montée au cimetière comme la repousser, selon sa convenance. La règle est la même pour la Hazkara de l’année.

38. On a l’habitude, lors de la montée au cimetière, de réciter des psaumes près de la tombe, ainsi que les versets du psaume 119 qui commencent par les lettres en hébreu du nom du défunt, ainsi que du mot” "Néchama” (âme). Si dix hommes adultes sont présents, on récite le “qaddiche Yéhé chélama” après les psaumes. Il est bon de demander pardon à l’âme du défunt pour le tort que l’on a pu lui causer durant sa vie, ou pour ne pas avoir pris garde de l’honorer comme il se devait.

39. Pendant toute la première année, il convient de prier uniquement pour l’élévation de l’âme du défunt, et ne pas invoquer et supplier en faveur de personnes encore en vie, puisque le défunt est encore en suspens dans son jugement. Après la fin de la première année, on peut prier pour des vivants en invoquant son mérite.

40. Lorsque l’on doit s’en aller, on pose sa main gauche sur la tombe et on dit: “Véna’hakha Hachem ect”. – En permanence l’Eternel te guidera ; Il assouvira ton âme en période de sécheresse, et affermira tes os. Tu seras comme un jardin bien arrosé, comme une source jaillissante dont les eaux ne tarissent jamais. Couche en paix, repose en paix jusqu’à l’arrivée du consolateur qui fera entendre la paix". Certains ajoutent d’autres versets puis concluent: “Véatta lekh ect”. – Et toi, marche vers la fin ; tu entreras dans le repos, puis tu te relèveras pour recevoir ton lot, à la fin des jours" (Daniel 12,13). Il est d’usage que ceux qui visitent la tombe déposent une pierre ou de l’herbe sur la sépulture pour marquer leur visite, en honneur au défunt. Il est bon aussi d’embrasser la pierre tombale, en signe de respect pour le défunt.

41. C’est une mitsva de jeûner le jour anniversaire du décès de son père ou sa mère. On doit jeûner à la date du décès, et non de l’enterrement. Le jour du jeûne, lors de la prière de Min’ha, on doit réciter “’Anénou” dans la bénédiction de “Choméa’ téfila”. Il convient de prendre sur soi le jeûne depuis la veille dans la prière de Min’ha, comme pour tout jeûne individuel. (Le texte d’engagement au jeûne se trouve dans les livres de prière, à la fin de la ‘Amida de Min’ha. Dans les “siddourim Ich Maslia’hse trouve également une version d’engagement au jeûne spécifique au décès des parents, institué par notre maître le Ben Ich ’Haï). Si on n’a pas pris sur soi le jeûne à la prière de Min’ha, on peut le faire à postériori jusqu’à la nuit selon l’opinion de Rabbénou Tam (consulter le calendrier). Une fois cet horaire dépassé, on ne pourra plus prendre sur soi le jeûne. Tout cela concerne uniquement les trois premières années qui suivent le décès ; à partir de la quatrième année, si on a oublié de prendre sur soi le jeûne à Min’ha, on pourra tout de même jeûner le lendemain.

42. Pendant la semaine de la Hazkara chaque année, un fils doit officier la prière (à condition qu’il sache le faire convenablement, et qu’il prononce les lettres correctement), ainsi que réciter le qaddiche pour l’élévation de l’âme de ses parents. Il commence à le réciter à partir de la prière de ‘Arvit de l’entrée du chabbat qui précède la Hazkara, jusqu’après Min’ha du jour de la Hazkara. Certains ont l’habitude de commencer à Min’ha de la veille du chabbat précédant la Hazkara. Si la Hazkara tombe un chabbat, il commencera depuis la veille du chabbat précédent. En tout état de cause, l’essentiel est de dire le qaddiche la veille au soir et le jour même de la Hazkara, et telle était d’ailleurs la coutume de notre maître le Ari zal, de réciter le qaddiche pour son père uniquement le soir et le jour de la Hazkara. Si le fils prie dans une synagogue où c’est un officiant régulier qui dirige la prière, il lui demandera de penser pendant sa prière à l’élévation de l’âme du défunt.

43. Si dans une même synagogue deux hommes se retrouvent avec une obligation d’officier, l’une pour qui c’est le jour de l’an d’un de ses parents décédé depuis plusieurs années, et l’autre qui se trouve dans l’année du décès d’un de ses parents, le premier a la priorité. Toutefois, si ce n’est pas le jour même de la Hazkara de l’année, mais un des jours de la semaine où tombe la Hazkara, c’est le second qui aura la priorité.

44. Il est bon également qu’un fils soit appelé au “Maftir” le chabbat qui précède la Hazkara (à condition qu’il sache lire la Haftara avec la bonne prononciation et les Té’amime). Si la Hazkara tombe un chabbat même, il est préférable de lire la Haftara de ce chabbat, et, dans la mesure du possible, de lire également celle du chabbat précédent. S’il n’a pas pu acheter la montée de “Maftir” (ou qu’il ne sait pas lire convenablement), il peut acheter la montée précédente, celle de “Machlime”. S’il n’a pas pu le faire non plus, il achètera une autre montée, et après avoir été appelé au “Séfère Torah”, il demandera à l’officiant de faire une Hachkava pour le défunt. Et il peut en outre réciter le qaddiche après la montée de “Machlime”, avec celui qui a été appelé à cette montée.

45. Il est bon qu’un petit-fils également monte à la montée de “Maftir” ou “Machlime” pour l’élévation de l’âme de son grand-père, surtout s’il n’a pas laissé de fils qui puisse réciter le qaddiche et prier pour l’élévation de son âme. Cependant, il n’a pas d’obligation véritable à le faire au même titre qu’un fils. Il est bon également que le petit-fils récite le qaddiche le jour anniversaire du décès, même si son père est encore en vie ; il doit toutefois en demander auparavant la permission à son père. Si ce dernier refuse par superstition (comme le pensent communément la majorité des gens), il doit se plier à la volonté de son père et s’abstenir de réciter le qaddiche.

46. Il est possible de réciter le qaddiche même après que la première année se soit écoulée, car même après que son père ait mérité le paradis, il le fait par-là progresser de degré en degré. En particulier s’il n’y a pas à la synagogue quelqu’un d’autre pour réciter le qaddiche, il est évident qu’il doit le faire, et tout celui qui donne du mérite à la communauté, le mérite du public repose sur lui.

47. Il ne faut pas faire de disputes ni querelles à propos de l’office de la prière ou la lecture de la Haftara, même si d’après la loi stricte sera que on a la priorité. Le mérite de la paix et du respect de la synagogue profitable pour l’élévation de l’âme de ses parents, bien plus l’office de la prière ou la lecture de la Haftara, car grande est la force de la paix.

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