Loi sur la halla et autres prélèvements

> La ’halla

1. Une pâte qui contient 1560 grammes de farine ou plus nécessite le prélèvement de la ‘Halla avec bénédiction.

2. De nos jours où la “’halla “n’est plus donnée au Cohen (puisque nous ne sommes pas en état de pureté), il suffit de prélever un tout petit morceau de pâte comme ‘Halla. Ce morceau sera alors brûlé, sur le gaz par exemple. Si on ne peut pas la brûler, on doit l’enterrer ou bien la mettre dans un sachet plastique (il est préférable de l’envelopper dans deux sachets) et la jeter à la poubelle.

3. Une pâte pétrie avec du miel, du vin ou du lait, même exclusivement, nécessite également le prélèvement de la “’halla “avec bénédiction. Toutefois, sur une pâte péélèvement sans bénédiction.

4. Une pâte destinée à la cuisson par l’eau ou à la friture est dispensée de prélèvement. En effet, le verset dit: "Lorsque vous mangerez du pain de la Terre", or le terme "pain" désigne seulement ce qui est cuit au four. (Certains se montrent toutefois stricts et prélèvent la “’halla “sans bénédiction). Cependant, si une partie de la pâte est cuite au four, même si la majorité est destinée à être frite, on devra prélever la “’halla “avec bénédiction. De même, pour une pâte initialement destinée à être cuite au four et que l’on s’est ensuite Ravisé et l’a faite frire, on prélèvera la “’halla “avec bénédiction.

5. Si on pétrit une pâte avec l’intention de la partager alors qu’elle est encore sous forme de pâte, on est dispensé de prélever la “’halla “si la partie cuite individuellement ne contient pas 1560 grammes de farine. Ainsi, des femmes qui pétrissent ensemble une pâte pour prélever la ‘Halla avec bénédiction en grand public, et que chacune prend ensuite une partie de la pâte pour la faire cuire chez elle, elles doivent veiller à ce qu’il y ait chez une d’entre elles au moins la quantité de pâte requise.

> Prélèvements de la térouma et du ma’assère

Toutes les lois qui vont suivre concernent les fruits qui poussent en Israël. Lorsque ces fruits sont vendus sur le marché hors d’Israël, certains les dispensent totalement de prélèvement. C’est l’avis du Richone létsiyone” Rav ’Ovadia Yossef. D’autres sont plus stricts et nécessitent d’effectuer les prélèvements nécessaires. L’avis du “Roch Yéchiva” Rav Méir Mazouz est qu’il convient d’agir ainsi. [“Pour les oranges, on pourra prélever de la peau du fruit.]

6. Lorsque tout le peuple juif prit possession de sa terre, la terre d’Israël, il se vit ordonné de prélever divers prélèvements du produit de la terre, dans l’ordre suivant: tout d’abord, il y a la “térouma guédola “à donner au Cohen. La Torah n’en a pas fixé de mesure minimale et "un seul grain acquitte tout le tas", selon l’expression du Talmud. Cependant, nos Sages ont pour leur part institué de donner un cinquantième de la récolte (il y a allusion à cela dans le mot “térouma” qui peut être considéré comme l’abréviation des mots “tré miméa”, qui signifient deux pour cent). Le Cohen ne peut consommer cette “térouma” que s’il est pur et que la “térouma” elle-même est pure. De nos jours, la “térouma” est destinée à être détruite car on est tous en état d’impureté et on ne dispose pas de moyen de purification ; on se contentera donc de prélever une quantité infime.

7. Après avoir prélevé la “térouma guédola”, il faut prélever dix pour cent de la quantité restante ; c’est le “ma’assère richone” (la première dîme), que l’on donne au Lévi. De ce prélèvement même, on retire dix pour cent pour les donner au Cohen, c’est ce que l’on nomme la “téroumat ma’assère”(ou encore “ma’assère mine hama’assère”: la dîme de la dîme). La “téroumat ma’assère “correspond donc à un centième de la récolte initiale. Ce prélèvement également ne peut être consommé par le Cohen que s’il est pur et que les fruits eux-mêmes sont purs, tout comme pour la “térouma guédola”. Le restant du “ma’assère richone” (les neuf pour cent restés chez le Lévi), quant à lui, n’a pas de sainteté, et peut être consommé par tout un chacun (qui n’est ni Cohen ni Lévi), même en état d’impureté.

8. Après avoir prélevé le “ma’assère richone”, le propriétaire doit prélever, de ce qui lui reste, le “ma’assère chéni” (la seconde dîme). Il doit ensuite l’emporter à Jérusalem pour le consommer là-bas, en état de pureté. S’il lui est difficile de transporter les fruits jusqu’à Jérusalem, il les rachète contre de l’argent (en ajoutant un cinquième à leur valeur), qu’il emporte à Jérusalem et l’utilise pour acheter de la nourriture et de la boisson, qu’il doit consommer sur place. De nos jours, on ne peut pas consommer le “ma’assère chéni” à Jérusalem car nous ne sommes pas purs. On prélève donc le “ma’assère chéni” en disant: "le “ma’assère chéni” sera du côté droit des fruits", et immédiatement après cela, on rachète ce “ma’assère chéni” en rajoutant un cinquième de sa valeur sur l’équivalent d’une pérouta (comme cela sera expliqué dans le paragraphe 12 ci-dessous). Ce n’est qu’après cela que les fruits sont autorisés à la consommation.

9. Le “ma’assère chéni” susmentionné était prélevé les première, deuxième, quatrième et cinquième années dans le cycle du septennat de la Chémita. En revanche, les troisième et sixième années (ainsi que la septième année de la Chémita pour ceux qui s’appuient sur la "vente des terrains"), on prélève le “ma’assère ’ani” (la dîme du pauvre) au lieu du “ma’assère chéni”. Le pauvre qui le recevait pouvait le consommer là où il le voulait, même en état d’impureté. Un moyen mnémotechnique pour le retenir se trouve dans l’expression “avéda lé’ani” (perte pour le pauvre), le mot “avéda” étant composé des lettres qui ont pour valeur numérique respectivement 1, 2, 4, et 5, qui font référence aux années pendant lesquelles le “ma’assère “est "perdu" pour le pauvre, qui ne reçoit alors pas de dîme.

10. Pour les légumes et les fruits de la terre, la loi qui régit le “ma’assère chéni” est la suivante: s’ils ont été cueillis à partir de Roch Hachanna, bien qu’ayant poussé l’année précédente, on effectue le prélèvement correspondant à l’année présente, que ce soit le “ma’assère chéni” ou le “ma’assère ’ani”. S’ils ont été cueillis avant Roch Hachanna (comme les pommes de terre, les oignons ou la courge, qui sont cueillis bien avant leur commercialisation sur le marché), on effectue le prélèvement selon l’année précédente. En revanche, pour les fruits de l’arbre, l’année ne commence pas à Roch Hachanna mais à “Tou Bichvate”. En outre, ce n’est pas le moment de la cueillette qui détermine leur statut, mais le début de leur maturité. [“Du moment qu’ils sont aptes à la consommation, même s’ils n’ont pas encore atteint le terme de leur maturité.] Ainsi, s’ils ont commencé à mûrir avant “Tou Bichvate”, même s’ils ne sont cueillis qu’après, on prélèvera selon l’année passée ; si par contre ils ont commencé à mûrir après “Tou Bichvate”, on les prélèvera suivant la nouvelle année: les premières, deuxièmes, quatrièmes et cinquièmes années on prélèvera le “ma’assère chéni” ; les troisièmes et sixièmes années, le “ma’assère ’ani”. (Etant donné que la majorité des gens ne connaissent pas bien ces lois, et que même un connaisseur est susceptible de se tromper, nous avons opté dans notre siddour pour un texte compatible aux deux cas de figure).

11. Le “ma’assère ’ani” et le “ma’assère richone” (après en avoir prélevé la “téroumat ma’assère”) sont profanes: n’importe qui peut les manger, à n’importe quel endroit. Ainsi, si on a des fruits ou des légumes sur lesquels ces prélèvements n’ont pas été faits, on devra les effectuer et les donner respectivement à un pauvre ou à un Lévi, et ce même de nos jours. Par contre, si on a un doute si ces prélèvements ont été effectués, on devra réciter le texte du prélèvement mais sans les donner: c’est au récepteur qu’incombe de prouver qu’il est réellement bénéficiaire. C’est donc en l’occurrence au Lévi ou au pauvre de prouver que ces prélèvements n’ont pas encore été effectués. Tant qu’ils n’auront pas apporté de preuve, le propriétaire est libre de les consommer.

12. Le “ma’assère chéni”, qui de nos jours ne peut être consommé, doit être racheté ainsi que son cinquième, par l’équivalent d’une pérouta. (Il est préférable de le faire par l’équivalent d’une pérouta un quart.) A cet effet, il convient de réserver une pièce de monnaie portant l’inscription “ma’assère chéni” que l’on mettra de côté, afin de ne pas venir à l’utiliser par erreur. Une fois que la valeur des prélèvements effectués atteint la valeur nominale de la pièce, il faut racheter sa sainteté, comme nous allons le voir par la suite. [“La “pérouta “correspond à la valeur marchande d’un quarantième de gramme d’argent pur. Cela varie donc selon le cours de l'argent.]

13. Les fruits d’un arbre qui ont commencé à mûrir durant la quatrième année de vie de l’arbre sont appelés “Néta’ réva’i” et il est interdit de les consommer jusqu’à ce qu’on les ait rachetés par l’équivalent d’une pérouta (comme pour le “ma’assère chéni”). Aussi convient-il d’ajouter dans la formule du prélèvement: "S’il y a dans ces fruits des fruits de la quatrième année, qu’ils soient ainsi que leur cinquième rachetés par l’équivalent d’une pérouta [un quart], que j’ai réservé à cet effet. (Cf. supra paragraphes 20-22.)

14. Les fruits de “ma’assère chéni”, une fois entrés à Jérusalem, ne peuvent plus être rachetés, sauf s’ils sont devenus impurs. C’est la raison pour laquelle quelqu’un qui veut prélever ses fruits à Jérusalem intra-muros (c’est-à-dire dans le quartier de la vieille ville), doit les rendre impurs en les mouillant avec de l’eau puis les touchant de la main, avant de commencer à prélever le “ma’assère chéni”.

15. Pendant l’année de la Chémita, les fruits en provenance du "dépôt du tribunal rabbinique" sont exempts de prélèvements. En revanche, il faudra effectuer les prélèvements des fruits provenant de la "vente des terrains", mais sans toutefois réciter de bénédiction, même si on est certain que ces fruits proviennent d’une récolte sur laquelle les prélèvements n’ont pas été faits.

16. De tout cela, il ressort que celui qui achète des fruits dans un magasin qui n’a pas de surveillance rabbinique valable, devra procéder comme suit: il prendra un pour cent de chaque espèce de fruits ou légumes en tant que “téroumat ma’assère”, en ajoutant un peu à cette quantité pour la “térouma guédola”. On récitera alors la formule rapportée dans le siddour, puis on mettra ce qui a été prélevé dans un sachet (il est préférable de l’envelopper dans deux sachets) que l’on jettera à la poubelle, et tout le reste pourra alors être consommé.

17. Quand on prélève un “ma’assère chéni” de fruits d’une récolte dont on est certain qu’elle provient d’une année où le “ma’assère chéni” doit être prélevé (cf. infra paragraphe 10), on doit réciter la bénédiction avant de racheter les prélèvements par leur équivalent monétaire: “Baroukh […] vétsivanou ’al pidyone ma’assère chéni” (Béni Tu es Hachem […] qui nous as sanctifiés par Tes commandements et prescris de racheter le “ma’assère chéni”). Immédiatement après cela, on dit: "Que ce “ma’assère chéni” soit racheté ainsi qu’un cinquième de sa valeur par l’équivalent d’une pérouta contenue dans la pièce de monnaie que j’ai réservée à cet effet".

18. Quand la valeur des prélèvements atteint la valeur nominale de la pièce, on doit la racheter par un aliment qui vaut une pérouta (on pourra même utiliser quelques cuillères de sucre, par exemple), ou par une autre pièce équivalente à une pérouta. On dira alors: "Que toute la sainteté du “ma’assère chéni” (et des fruits de la quatrième année) qui est contenue dans cette pièce (il est bon de rajouter: exceptée la valeur d’une pérouta du prélèvement de la sainteté la plus élevée) soit rachetée ainsi qu’un cinquième de sa valeur par ce fruit (ou: cette pièce)". Ensuite, on pourra à nouveau utiliser la pièce initiale pour racheter d’autres prélèvements. Quant au fruit ou à la pièce sur laquelle on a transféré la sainteté de la pièce initiale, il faut s’en débarrasser de manière respectueuse ; si c’était du sucre, on le versera dans l’évier sous le jet d’eau jusqu’à ce qu’il fonde (Il est également possible de transférer de nouveau la sainteté sur l’équivalent d’une pérouta de la première pièce de monnaie, sauf pendant l’année où on doit éliminer tous les “ma’assrot”, comme nous le verrons).

19. Le septième jour de Péssa’h pendant l’année d’élimination des “ma’assrot”, c’est-à-dire les quatrième et septième années du cycle de la Chémita, il est interdit d’avoir en sa possession de la sainteté de “ma’assère chéni” et de fruits de la quatrième année. Ainsi, la veille du septième jour de Péssa’h il faut racheter la pièce par un fruit ou une autre pièce et s’en débarrasser de manière respectueuse avant l’entrée de la fête. On ne rajoutera pas alors dans la formule "exceptée la valeur d’une pérouta etc.", puisque toute la sainteté doit être rachetée.

20. Il est interdit de consommer des fruits qui proviennent de la quatrième année de vie d’un arbre de façon certaine (et il faut poser la question à un Rav compétent pour savoir comment s’opère le compte des années) avant de les avoir rachetés sur l’équivalent d’une pérouta (tout comme pour le “ma’assère chéni”). Avant de les racheter, on doit réciter la bénédiction suivante: “Baroukh […] vétsivanou ’al pidyone néta’ réva’i” (Béni Tu es Hachem […] qui nous as sanctifiés par Tes commandements et prescrit de racheter les fruits de la quatrième année). Immédiatement après cela, on dira: "Que les fruits de la quatrième année qui sont là soient rachetés ainsi qu’un cinquième de leur valeur par l’équivalent d’une pérouta contenue dans la pièce de monnaie que j’ai réservée à cet effet".

21. Des fruits qui proviennent de façon certaine de la quatrième année de vie d’un arbre sont exempts des prélèvements de la “térouma” et du “ma’assère”.

22. Si il y a un doute si les fruits proviennent de la quatrième ou de la cinquième année de vie de l’arbre, on doit effectuer les prélèvements de “térouma” et du “ma’assère”, mais sans bénédiction. On devra en outre réciter la formule "Que les fruits de la quatrième année etc." sans la bénédiction du rachat.

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