Lois de la nuit & La prière du coucher

> Lois de la nuit

1. Si on a dormi le soir allongé sur son lit, même quelques minutes ou même habillé, on doit se laver les mains trois fois avec un ustensile (sans réciter la bénédiction de “’al nétilat yadayim”). De plus, si on désire prononcer ou écouter des paroles de Torah, on doit auparavant faire les bénédictions sur la Torah (et si on retourne dormir pendant la nuit, on devra réciter à nouveau les bénédictions sur la Torah au lever). Par contre, celui qui dort en position assise, lors d’un trajet par exemple, ne doit pas procéder à l’ablution des mains à son réveil, ni réciter les bénédictions sur la Torah.

2. Le Rambam écrit: Bien que la mitsva d’étudier la Torah soit en vigueur de jour comme de nuit, on n’acquiert l’essentiel de sa sagesse que par l’étude nocturne. C’est pourquoi, celui qui désire obtenir la couronne de la Torah prendra garde à ne pas gaspiller une seule de ses nuits à dormir, manger, boire, discuter ou leur pareil, mais les consacrera à étudier les paroles de Torah et de sagesse. Nos Sages ont dit: "Le chant de Torah ne se fait entendre que la nuit", comme il est écrit: "Lève-toi et chante pendant la nuit" (“Lamentations” 2,19). Celui qui s’adonne à la Torah de nuit, reçoit la bonté divine le jour, comme il est écrit: "Le jour, Dieu m’accordera Sa grâce, car la nuit le chant (de la Torah) me tient compagnie, ma prière à Dieu qui garde ma vie" (Psaumes 42,9). Mais, le feu consumera toute maison où ne retentissent pas les paroles de la Torah durant la nuit, comme il est écrit: "Tous les nuits sont vides des trésors de la Torah (qu’on n’y étudie pas), un feu que personne n’a attisé le consume" (Job 20,26). "Car il a méprisé la parole de Dieu" (Nombres 15,31) – ce verset sanctionne celui qui ne prend pas garde aux paroles de la Torah. Celui qui a la possibilité d’étudier la Torah et ne le fait point ; ou celui qui, après avoir appris, abandonne l’étude et la délaisse pour les vanités mondaines, font aussi partie de ceux qui méprisent la parole de Dieu. Fin de citation. C’est pourquoi chacun a le devoir de se rendre à un cours d’étude chaque soir. De nos jours, des cours sont organisés quotidiennement dans chaque communauté, à la disposition de tous, grâce à Dieu.

3. Marane l’auteur du Choul’hane ’Aroukh écrit: "Lorsqu’on est fatigué et qu’on a besoin de repos, il n’est pas louable de le faire uniquement pour se détendre et soulager son corps. Il faut se reposer dans le but de rester en bonne santé, afin d’avoir la force et la concentration nécessaires pour d’étudier la Torah et accomplir les préceptes de Dieu."

4. Notre maître le Ben Ich ’Haï ajoute que le sommeil de nuit est profitable aussi d’un point de vue spirituel, puisqu’il a un grand impact sur le plan mystique. Toute personne aura donc l’intention de servir Dieu, même lorsqu’il dort, suivant le précepte: "Perçois-Le dans toutes tes voies" (Proverbes 3,6). Chacun aura soin de penser à cela avant son sommeil, afin de le sanctifier, et être récompensé comme s’il accomplissait une mitsva.

5. On doit prendre l’habitude de dormir sur le côté uniquement, et il est strictement interdit de dormir sur le dos ou sur le ventre. Il est recommandé (tant selon la médecine que selon la Kabbalah) de commencer la nuit sur le côté gauche, puis après la mi-nuit, on peut se retourner sur la droite, si on le désire.

6. On doit faire attention à ne pas ôter son petit Talit mais le garder durant son sommeil ; cela contribue à annihiler les forces de l’impureté. On doit aussi faire attention à ne pas porter du fer sur soi lorsque l’on dort.

7. On doit veiller à ne pas dormir juste après le repas, mais seulement après un intervalle de trois ou quatre heures ; on tâchera donc de dîner le plus tôt possible. En tout état de cause, il ne faut pas dormir le ventre plein, car cela est nuisible au corps et à l’âme.

8. Il est bon d’étudier un peu avant de s’endormir. Il est conseillé de lire un passage du Zohar, car cela purifie l’âme. Dans le livre “Ségoulot Israël”, on rapporte qu’étudier un passage du “Tana dévé Éliyahou” et répéter 72 fois “Éliyahou Hannavi” avant de dormir, contribue à protéger de toute impureté durant la nuit. 9. Tout celui qui s’emplit de paroles de Torah, n’entendra pas de mauvaises nouvelles, comme il est dit: "Il dormira rassasié – sans être visité par le malheur" (Proverbes 19,23).

> La prière du coucher

9. On doit faire très attention à la prière du coucher, qui comprend une des quatre lectures du Chéma’ journalières. L’ordre de cette lecture et des versets qui l’accompagnent, tels qu’ils sont imprimés dans nos siddourim, suit l’enseignement de notre maître le Ari zal, selon la Kabbalah. Il arrive fréquemment que l’on soit fatigué à ce moment, et en vienne à mal prononcer les mots ; il faut donc s’efforcer particulièrement de lire cette prière correctement. Notre maître Rabbi Khalfon Moché Hacohen avait pris le pli de la réciter debout, afin de ne pas s’endormir. C’est une bonne habitude à suivre.

10. En récitant la prière du coucher, il faut avoir l’intention de réparer la faute d’émission vaine de matière séminale, involontaire ou non, afin que les êtres impurs issus des forces du Mal nées de ces émissions soient anéantis, et que les âmes captives de ces forces impures soient délivrées et puissent descendre sur terre, comme toutes les autres âmes.

11. Celui qui dort avant la mi-nuit (soit douze heures après la mi-journée inscrite dans les calendriers), doit faire la bénédiction de “Hammapil “avec mention du Nom de Dieu. On doit alors veiller à ne pas parler entre cette bénédiction et le sommeil, mise à part la lecture du Chéma’ et autres versets. S’il se trouve qu’on s’est interrompu avant de dormir, on n’est pas considéré comme avoir récité une bénédiction en vain. Après la mi-nuit, on ne peut plus réciter la bénédiction de “Hammapil” avec le nom de Dieu. Néanmoins, il est bon de la réciter en tant que supplique, sans mentionner le nom de Dieu verbalement, mais seulement en pensée.

12. Lorsqu’on dit “Out-hé mittati chéléma léfanékha” (Que ma couche soit parfaite à Tes yeux) dans la bénédiction de “Hammapil”, on doit penser à prier pour nos enfants, qu’ils soient épargnés de toute tare. Il faut bien prononcer la lettre “Tèt” du mot “mittati”, et ne pas la prononcer comme la lettre “Tav”, car le mot prendrait alors la signification de "mort" au lieu de "couche". Bien qu’il faille faire attention de bien prononcer la lettre “Tèt” en général dans nos prières et lectures de la Torah, il faut ici redoubler d’attention, pour éviter toute interprétation négative.

13. Les femmes doivent aussi faire attention à réciter la prière du coucher avec ferveur. En cas de nécessité, elles peuvent se suffire de la lecture du premier paragraphe du Chéma’ (jusqu’à “ouvich’arékha”). Chaque personne doit éduquer ses enfants à lire le Chéma’ depuis leur plus jeune âge: jusqu’à l’âge de six ou sept ans, ils récitent le premier passage du Chéma’ (jusqu’à “ouvich’arékha”), pour ajouter progressivement des versets jusqu’à réciter toute la prière.

14. Les femmes peuvent réciter la bénédiction de “Hammapil” avec le Nom de Dieu, puisque cette mitsva n’est pas considérée comme liée au temps. Cependant, dans les communautés en diaspora, les femmes ont pris l’habitude de ne pas réciter la bénédiction de “Hammapil”.

15. Après les versets “Yochèv béssétère ’èlyone”, on doit se tenir debout et se confesser. Si on a commis une faute quelconque durant la journéécidiver. Les jours où on ne dit pas Ta’hanoune dans la prière, on ne se confessera pas non plus la veille avant le coucher, ni le soir de ces jours-là jusqu’à la mi-nuit.

16. Après la confession, on récite “Anna békhoa’h” en entier chaque nuit. Puis, après avoir achevé le verset de “chav’aténou qabèl”, on répète le verset relatif à la nuit présente à trois reprises. Ensuite, on conclut: “Baroukh chème kévod malkhouto lé’olame vaèd” (Béni est à jamais le Nom de Son règne glorieux). Enfin, on récite le verset “Torah tsiva lanou Moché etc.” et le répète jusqu’à ce que le sommeil nous gagne.

17. On ne doit ni boire ni manger ni parler après la prière du coucher, comme il est dit éférence au Chéma’ dans lequel il est écrit “’al lévavékha” “sélah”!" (Celui qui récite la bénédiction de “Hammapil” avec le Nom de Dieu doit y veiller encore plus.) Si après avoir fait la prière du coucher, on ne parvient pas à s’endormir, on pensera à des paroles de Torah afin de s’endormir avec la Torah et s’emplir de Torah qui est source de vie. De toutes les façons, si on est très assoiffé ou qu’on ait besoin de dire quelque chose d’urgent, on a le droit de boire ou de parler, mais on devra ensuite répéter le premier paragraphe du Chéma’avant de dormir”.

18. Selon la Kabbalah, le Chéma’ doit être lu avant la mi-nuit. C’est pourquoi, il est bon que même celui qui prévoit de dormir après cet horaire récite le Chéma’ en entier avec les versets qui le suivent avant la mi-nuit. Puis, juste avant de dormir, il récitera le “Léchème yi’houd”, “Ribbono chèl ’olame”, “Hachkivénou”, la bénédiction de “Hammapil” (sans le Nom de Dieu), puis reprendra le premier paragraphe du Chéma’, afin de s’endormir sur des paroles de Torah. Certains ont l’habitude de réciter le Chéma’ seulement avant la mi-nuit et de reprendre le Chéma’avec les versets qui l’accompagnent juste avant de dormir. Telle était l’habitude de notre maître Rabbi Maslia’h Mazouz.

>> Il ne se couchera pas avant d’avoir dévoré la proie

"Voici, le peuple se lèvera tel un lionceau et se dressera comme un lion ; il ne se couchera pas avant d’avoir dévoré la proie et bu le sang des victimes" (Nombres 23,24). Rachi commente: "il ne se couchera pas" – la nuit, sur son lit jusqu’à ce qu’il mange ou dévore tout celui qui cherche à lui nuire. Comment? En récitant le Chéma’ dans la prière du coucher et en remettant son âme à Dieu. Même si une légion ou une armée entière s’apprête à nuire au peuple d’Israël, Dieu veille sur eux, livre combat et abat leurs ennemis.

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