Lois et coutumes du mariage juif

1. Dans certaines communautés, la coutume est que le marié jeûne la veille de son mariage ; dans ce cas il doit prendre sur lui le jeûne depuis la veille dans la prière de Min’ha. Il se repentira à cette occasion, et verra ses fautes pardonnées. (La mariée, quant à elle, ne jeûnera pas.) Cette coutume était pratiquée à Djerba. En Israël, toutefois, l’usage est que le marié ne jeûne pas, et telle était l’habitude à Tunis. En tout état de cause, ceux qui viennent de diaspora d’une communauté où la coutume était de jeûner et veulent poursuivre leur usage en Israël, sont dignes de bénédiction.

2. Il est bon de célébrer la ‘Houppa tant qu’il fait encore jour, avant le coucher du soleil, comme l’allusionne le langage de la Michna: "Une jeune fille se mariera le jour du mercredi". (Dans ce cas, on fera seulement six jours de réjouissances et non sept, car le jour même de la ‘Houppa compte pour un premier jour, et au coucher du soleil commence un nouveau jour.)

3. La mariée doit se tenir sous la ‘Houppa à la droite du marié. Le Rav prépare l’alliance du mariage, puis invite les deux témoins à se présenter. Ceux-ci doivent assister de près au déroulement de la cérémonie des “Qiddouchine” (ce sont eux qui signeront également la Kétouba). Il est bon que le marié leur dise auparavant: "Vous êtes mes témoins".

4. Lorsque l’alliance a été achetée par le père du marié, il doit la faire acquérir par une donation totale au marié avant la bénédiction en présence des témoins. Il faut veiller à avoir payé au bijoutier ce qui lui est dû, avant le mariage.

5. Notre usage est que le marié lui-même récite la bénédiction des “Éroussine”, suivant l’opinion du Rambam et de Marane Rabbi Yossef Qaro. (Certains ont pour coutume que le Rav récite la bénédiction ; ce dernier devra alors penser en acquitter le marié, qui devra lui-aussi penser à être acquitté par le Rav ; le marié ne répondra alors pas “Baroukh hou ouvaroukh chémo”, mais seulement Amen à la fin de la bénédiction). Après avoir terminé la bénédiction, le marié goûte un peu du vin (si c’est le Rav qui a récité la bénédiction, ce dernier goûtera du vin puis fera goûter au marié) ; il n’est pas nécessaire de boire une pleine gorgée de la coupe. Ensuite, le marié fait passer la coupe de vin à la mère de la mariée (ou à une parente), qui en fera goûter à la mariée.

6. Après la bénédiction des “Éroussine”, le Rav montre la bague aux témoins et leur demande d’attester qu’elle vaut bien une pérouta (on procède ainsi pour que la mariée n’évalue pas de son côté l’alliance à un prix supérieur au prix réel, ce qui pourrait remettre en cause la validité des “Qiddouchine”). Le marié consacre alors la mariée, en lui passant la bague à l’index de la main droite. Les témoins doivent veiller à avoir bien écouté le marié dire: “Haré ate méqouddéchète li etc.” (Voici, tu m’es consacrée etc.), et à l’avoir vu glisser la bague au doigt de la mariée.

7. Après cela, le marié s’enveloppe dans un Talit neuf, après avoir récité la bénédiction du Talit ainsi que celle de “Chéhé’héyanou”. En récitant cette dernière bénédiction, il pensera à inclure également la mariée elle-même, le nouvel appartement, les meubles etc. (S’il s’enveloppe du Talit après le coucher du soleil, il récitera uniquement la bénédiction de “Chéhé’héyanou”, et ne se couvrira pas la tête avec le Talit.). Ensuite, on étend le Talit et le déploie au-dessus des mariés.

8. Notre coutume est que le Rav pose sa main sur la tête du marié et dise “Bichmakh Ra’hamana etc.” (Au nom de Dieu etc.), puis il entame la lecture de la Kétouba. Dans certaines “Kétoubot”, un serment est mentionné dans le texte ; il convient fortement de le rayer, en ajoutant en bas du document que la correction a été faite devant témoins, qui devront signer (en plus de la signature sur la Kétouba même). On fera de même pour toute autre correction que l’on devra ajouter à la Kétouba. Certains ont pris l’habitude de signer à côté de la correction dans la marge, comme il est usage de le faire sur les contrats ou autres documents officiels ; il ne convient pas d’agir ainsi.

9. Lorsque le Rav qui lit la Kétouba arrive au passage "Véqanéna miyyad hé’hatane", il demande au marié s’il prend sur lui toutes les obligations de la Kétouba, et ce dernier répond par l’affirmative, tout en faisant acquisition de son engagement sur le contenu de la Kétouba. Le Rav achève alors sa lecture, puis le marié signe, suivi des témoins. Tout ceci doit être accompli entre les “Qiddouchine” et la récitation des “Chéva’ bérakhote”, afin de marquer une pause entre ces deux cérémonies.

10. D’après la halakha, il est préférable de ne pas distribuer les sept bénédictions, mais une seule personne les récitera toutes. Tel était l’usage dans les communautés séfarades depuis toujours. Lors de la récitation des bénédictions, l’assemblé "Elohénou mélèkh ha’olame”, mais seulement “mélèkh ha’olame”.

11. Le Rav qui a récité les bénédictions boira un révi’ite (à priori) de vin, avant de donner à goûter au marié. Ce dernier fait ensuite boire la mariée.

12. La coutume est que le marié brise un verre, en souvenir de la destruction du Temple, qu’il soit reconstruit rapidement, de nos jours. Avant cela, il récite le verset: “Ime èchka’hekh etc.” (Si je t’oublie, ô Jérusalem, que ma droite m’oublie). Quant aux chanteurs et orchestres qui font retentir la musique juste au moment où le verre est brisé, ils agissent sottement: ceci est l’antithèse même de la pratique de briser le verre. Il convient d’attendre quelques secondes, pendant lesquels le marié et l’assemblée doivent se recueillir et s’attrister sur la destruction de Jérusalem et du Temple ; après cela seulement, la musique pourra commencer.

13. Les mariés ne doivent pas s’isoler juste après les “Chéva’ bérakhote”, mais seulement à la fin de la soirée. Telle était la coutume des communautés séfarades comme ashkénazes depuis toujours, et il ne faut pas y déroger.

14. Pour le Birkat hamazone, l’usage en Israël est de prendre deux coupes de vin, une pour le Birkat hamazone lui-même et l’autre pour la bénédiction des mariés. Une fois que celui qui a fait le Zimmoune achève le Birkat hamazone, il ne doit pas enchaîner directement avec “boré péri haguafène” mais laissera d’abord le second officiant réciter les autres bénédictions jusqu’à la fin des “Chéva’ bérakhote”, sur la deuxième coupe de vin ; ce n’est qu’ensuite que le premier récitera la bénédiction de “boré péri haguafène”, en pensant à acquitter tous les convives, puis on goûte au vin. Nous avons la coutume d’ajouter une troisième coupe que le marié tient. On mélange ensuite le contenu des coupes en déclarant "Que se multiplie les joies dans le peuple d’Israël etc.".

15. Il est bon, lors des grandes réceptions, de convenir d’un horaire fixe pour réciter le Birkat hamazone en présence de tous les convives, avant que chacun ne se disperse sans avoir récité le Birkat hamazone ni écouté les “Chéva’ bérakhote”. Ensuite, on pourra poursuivre les chants et les danses.

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