Lois sur le cimetière juif - Les lois du Onen

> Le cimetière

1. A priori, il est préférable d’éviter de se rendre au cimetière, sauf pour un enterrement. Cela est particulièrement valable pour une personne qui porte la faute d’émission vaine de semence, car l’esprit d’impureté s’attache alors à lui. En ce qui concerne le pèlerinage sur les tombes des Justes, ou celui qui se rend sur les tombes de ses parents en leur honneur, il n’y a rien à craindre, même si on doit passer par d’autres tombes, puisque celui qui accomplit une mitsva est préservé de tout mal.

2. Les femmes qui ont leurs menstruations ne doivent pas aller au cimetière. Pendant les sept jours de pureté en revanche, elle peut s’y rendre, bien qu’elle ne se soit pas encore immergée dans un miqvé. Cependant, même lorsqu’elle est pure il vaut mieux qu’elle évite d’entrer dans un cimetière, comme nous l’avons dit au paragraphe précédent, et en particulier si elle est enceinte.

3. La coutume à Jérusalem est que les femmes n’accompagnent pas du tout le défunt. Elles se tiennent à l’entrée de la maison lorsque l’on fait sortir le corps, et ne suivent pas le cortège.

4. Celui qui voit un cimetière juif qu’il n’a pas vu depuis trente jours, ou même dans les trente jours si on y a enterré entre temps un autre défunt (même si on n’aperçoit pas la nouvelle tombe), doit réciter la bénédiction: “Baroukh […] Achère Yatsar etkhème etc.” (Béni est Hachem […] qui vous a formés avec justice, qui vous a créés avec justice, qui vous a nourris avec justice, qui vous a fait mourir avec justice, qui connaît le nombre de vous tous avec justice, et qui vous ressuscitera et vous ramènera à l’existence avec justice. Béni est Hachem qui ressuscite les morts).

> Les lois du Onène

5. On ne prend le deuil que pour sept proches parents, à savoir: son père, sa mère, son frèégalement un demi-frèère ou par la mère. Il n’y a pas non plus de difféée ou célibataire.

6. Celui dont un proche est décédé mais n’a pas encore été enterré, est appelé Onène. Il est dispensé de toutes les mitsvot positives de la Torah, et ne récite pas les bénédictions d’avant ni d’après le repas. Il est toutefois astreint à se laver les mains avant de consommer du pain, sans bénédiction. Un Onène n’est pas autorisé à réciter le Chéma’ ou accomplir toute autre mitsva positive, même s’il le désire.

7. Un Onène ne récite pas les bénédictions du lever. Cependant après l’enterrement, il a toute la journée pour les réciter, jusqu’au coucher du soleil.

8. Un Onène ne mettra pas les Téfilines le jour du décès, même après l’enterrement. Même si le proche est décédé durant la nuit, et qu’il a été enterré la nuit même, il ne mettra pas les Téfilines toute la journée du lendemain. Mais s’il est décédé par exemple un dimanche et a été enterré la nuit de dimanche à lundi, ou dans la journée du lundi, il ne mettra pas les Téfilines le dimanche, mais il est bien qu’il les mette le lundi après l’enterrement, en le faisant toutefois dans la discrétion et sans bénédiction, car il y a un doute à ce propos. Si cependant le décès a eu lieu un chabbat et l’enterrement à l’issue du chabbat, on ne mettra pas les Téfilines toute la journée du dimanche.

9. Celui dont un proche est décédé pendant chabbat, ou même vendredi mais n’a pas encore été enterré, ne prendra pas le statut de Onène ni n’adoptera pas en public les lois du deuil pendant chabbat ; Il les adoptera néanmoins en privé. Il pourra commencer à réciter le qaddiche le chabbat, sans toutefois faire de Hachkava, tant que l’on est avant l’enterrement. L’endeuillé devra prier ‘Arvit de la sortie de chabbat le jour même du chabbat lorsqu’il fait encore jour (après le “Pélag hammin’ha”), suivi de la Havdala qui sera récitée sans “béssamime” (parfums) ni bougie. S’il n’a pas fait la Havdala et que le chabbat est déjà sorti, il pourra manger sans Havdala.

10. Certains décisionnaires pensent que le Onène n’a pas le droit de se laver, de s’oindre, de saluer autrui, de se couper les cheveux, ni de travailler. D’autres permettent tout cela, et c’est cet avis qui est retenu.

11. Celui qui a perdu un proche qui fait partie de ceux pour lesquels on s’endeuille, doit faire la “Qéri’a” (une déchirure dans son vêtement). Les femmes également sont astreintes à cette obligation ; elles refermeront ensuite les bords de la déchirure avec une épingle à nourrice, par pudeur.

12. Ceux qui ont la coutume de faire la “Qéri’a” après l’enterrement ont sur qui s’appuyer. Cependant, il est préférable de faire la “Qéri’a” immédiatement après que l’âme ait quitté le corps, ou après avoir entendu la nouvelle du décès, ou tout au moins avant l’inhumation. Avant de procéder à la “Qéri’a”, il faut réciter la bénédiction: “Baroukh […] dayyane haémète” (Béni Tu es Hachem […] Juge de vérité).

13. Il faut faire la “Qéri’a” en position debout. Si on l’a fait assis, on n’est pas acquitté et il faut déchirer de nouveau, mais sans refaire la bénédiction.

14. La déchirure doit se faire sur le devant de l’habit ; si par erreur on a déchiré l’arrière de l’habit, ou bien le bas du vêtement au niveau du ventre ou en-deçà, ou encore sur le pan, sous l’aisselle, on n’est pas acquitté et on doit procéder à une nouvelle déchirure, mais sans bénédiction. La longueur de la déchirure doit être de huit centimètres pour tous les proches parents, sauf le père et la mère pour qui on doit déchirer son vêécessaire de déchirer en plus le tricot de peau, ni le pull-over, ni le manteau, ni le petit Talit. La coutume est de déchirer du côté gauche pour son père ou sa mère, et du côté droit pour le reste des proches.

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