Lois sur le repas et mayime a’haronime (ablution des mains)

> Nétilat yadayim (ablutions des mains) d’avant le repas

1. On doit se laver les mains avant de consommer du pain. Même si nos mains sont rigoureusement propres, on a l’obligation de faire ces ablutions car c’est un moyen de purification avant le repas.

2. La Nétilat yadayim d’avant le repas se fait uniquement à l’aide d’un ustensile et non directement du robinet. On doit se saisir de l’ustensile de la main droite pour le passer à la main gauche. On verse alors de l’eau à trois reprises sur la main droite, puis on en fait de même sur la main gauche (il est bon que la main droite ne prenne pas l’ustensile directement de la main gauche, mais qu’on le pose pour le saisir ensuite de la main droite qui versera sur la main gauche). Ensuite, on se frotte les mains (il est recommandé de le faire trois fois) et on les élève au niveau de la tête pour réciter la bénédiction “Baroukh […] achère qiddéchanou bémitsvotav vétsivanou ’al nétilat yadayim” (Béni Tu es Hachem […] qui nous as sanctifiés par Tes commandements et nous as prescrit l’ablution des mains). Enfin, on s’essuie les mains. (Il est bon d’ouvrir les mains encore élevées avant de les essuyer, en signe de réception de l’abondance et de la bénédiction).

3. On doit verser de l’eau sur toute la main jusqu’au poignet, tout en la faisant pivoter de part et d’autre, faute de quoi, l’eau ne parviendra pas sur toute la main, et on ne sera pas acquitté de l’ablution ; on aura alors récité une bénédiction en vain.

4. D’après le strict minimum, il suffit que l’ustensile contienne un révi’ite d’eau (81 ml) pour l’ablution des deux mains. C’est cependant une mitsva de verser l’eau en abondance et c’est aussi une ségoula pour la richesse.

5. Celui qui sort des toilettes et désire consommer du pain, doit d’abord se laver les mains directement du robinet (sans ustensile) trois fois alternativement, s’essuyer les mains et réciter Achère Yatsar. Ensuite, il pratiquera les ablutions d’avant le repas (avec un ustensile) et récitera “’al nétilat yadayim”.

6. Celui qui désire consommer moins d’un cabbétsa de pain (moins de 50 cm3), doit se laver les mains sans réciter “’al nétilat yadayim” ; et s’il consomme moins d’un kazaïte, il est totalement dispensé des ablutions selon certains avis. Pour d’autres, il devra quand même se laver les mains sans bénédiction. Il est bon de se montrer strict et de suivre ce dernier avis, d’autant plus que la mesure exacte du kazaïte est sujette à controverse. Par conséquent, on se lavera les mains quelle que soit la quantité de pain consommée, mais on ne récitera la bénédiction “’al nétilat yadayim” que si on a l’intention de manger au moins un cabbétsa.

> La bénédiction de hamotsi

7. Lorsqu’on récite la bénédiction de Hamotsi, on doit tenir le pain de ses dix doigts, en parallèle aux dix commandements qui sont accomplis lors du processus de fabrication du pain, depuis l’ensemencement des grains de blé jusqu’à la cuisson du pain. C’est aussi pour cette raison que la bénédiction de Hamotsi est composée de dix mots. On doit veiller à réciter la bénédiction à voix haute, mot à mot, surtout si on doit acquitter d’autres personnes par notre bénédiction.

8. Quand on récite “hamotsi lé’hème mine haarèç”, il faut marquer une légère pause entre “lé’hème” et “mine”, afin de ne pas omettre un des deux “Mèm” et dire “lé’hèmine”. Il faut aussi faire attention à lire “lé’hème” en prononçant un “’Hèt, “et non un “Khaf”. De plus, on doit dire le mot “mine” brièvement sans allonger la voyelle, sinon ce mot prendrait le sens de "catégorie ", au lieu de signifier "de" (le pain de” la terre).

9. L’idéal est de réciter la bénédiction sur un pain entier, quand cela est possible. S’il y a plusieurs pains entiers ou à l’inverse si aucun n’est entier, on doit choisir le meilleur d’entre eux. S’ils sont tous de qualité équivalente, on choisira le plus grand. (Les critères de préférence sont dans cet ordre: un pain entier, sa qualité, sa taille).

10. On ne commence à couper le pain qu’après que les assistants aient fini de répondre Amen. Cependant, si un des participants prolonge exagérément son Amen, on n’a pas besoin de l’attendre. On doit trancher le pain du côté le mieux cuit (non pas un côté brûlé, mais un côté bien cuit et doré).

> Déroulement du repas

11. Il faut s’attabler dignement et être correctement vêtu, puisque la table d’un Juif est comparée à l’autel des sacrifices (en particulier, quand on récite le Birkat hamazone).

12. On ne doit pas se hâter de mâcher ni d’avaler les aliments. Au contraire, il faut mâcher correctement et manger lentement et posément. On ne doit pas se lécher les doigts pendant le repas ni montrer de gourmandise excessive.

13. état de nervosité ou soucieux. On doit veiller à consommer des aliments sains et non ce qui est agréable à notre palais. Les Sages du “Moussar”(morale) ont écrit que si quelqu’un consomme un plat qu’il aime particulièrement, et qu’il s’interrompt au milieu en signe d’abstinence, cela lui est compté comme une réparation de ses fautes, de la même manière que celui qui jeûne.

14. Rabbi Chim’one disait: "Trois personnes qui ont mangé à la même table et n’ont pas mentionné des paroles de Torah, sont considérées comme ayant consommé des offrandes d’idolâtres, comme il est écrit: "En effet, toutes les tables sont couvertes de vomissures et d’immondices, sans présence de Dieu" (Isaïe 28,8). Mais si au contraire, trois personnes attablées ensemble parlent de Torah, elles sont considérées comme ayant mangé de la table de Dieu, comme il est écrit: "Il me dit: voici la table qui est devant l’Éternel" (“Ezéchiel” 41,22). C’est pourquoi, il faut veiller constamment (ou même les jours de la semaine) à dire des paroles de Torah à table (même simplement réciter un psaume) et que cela soit une habitude systématique. En cas d’impossibilité, on peut se suffire de ce qu’on dit à la fin “Mayime a’haronime ’hova”, comme nous le verrons.

> La table du Roi

Heureux est l’homme qui prononce des paroles de Torah à sa table et distribue aux pauvres les mets qui s’y trouvent. À la fin de son repas, deux anges se présentent, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. Le premier dit: "C’est la table de l’Éternel Saint, qu’untel a dressée, que cette table soit toujours pleine des bénédictions célestes et de grandeur suprême, et que la Présence Divine y réside à jamais". Et l’autre dit: "C’est la table de l’Eternel Saint, qu’untel a dressée. C’est la table que les êtres célestes et terrestres bénissent. Que cette table soit toujours dressée, dans ce monde et dans le monde futur!" La table d’un tel homme lui fait acquérir des mérites dans le monde futur, lui amène la subsistance dans ce monde, lui fait trouver grâce devant Dieu et lui permet de se renforcer et de se développer. Grande est la part d’un tel homme dans ce monde et dans le monde futur! (extrait du Zohar, section Térouma page 153b).

15. On doit faire très attention à ne pas marcher sur des miettes de pain et ne pas les mépriser, même s’il s’agit de toutes petites miettes. Le Zohar énonce: "Celui qui néglige les morceaux de pain et les jette à terre sera poursuivi par la pauvreté", à Dieu ne plaise. C’est pourquoi, après le repas, on doit s’empresser de ramasser les miettes éparpillées sur la table et celles tombées à terre, afin que nul ne les piétine. Il faut prévenir en particulier les femmes qui sont plus présentes à la maison de prendre garde à cet interdit. Toute femme qui est vigilante sur ce point, mérite la louange suivante (Proverbes 31,11) époux a toute confiance (puisqu’elle se soucie des miettes de pain) ; aussi les ressources ne lui font-elles pas défaut (car elle épargne son foyer du dénuement)".

> Ablution des mains après le repas

>> "Vous vous sanctifierez et vous serez saints!" (Lévitique 20,7)

- "Vous vous sanctifierez" – cela fait référence aux premières ablutions (lavage des mains avant de consommer du pain).- "Et vous serez saints" – ce sont les ablutions finales (mayime a’haronime après le repas)

- "Car Je suis Hachem votre Dieu" – c’est le Birkat hamazone.

16. L’ablution des mains après le repas est une obligation. Après avoir consommé du pain, on doit se laver les mains avant de réciter le Birkat hamazone. Les femmes et les jeunes filles aussi sont astreintes à cette obligation.

17. Ces ablutions ont été instituées par nos Sages pour plusieurs raisons. La première est qu’en général, les mains se salissent au cours d’un repas ; or, le Birkat hamazone doit être récité les mains propres. Une autre raison est donnée: nos Sages ont redouté que du sel de la région de Sodome ou un autre sel de même type, ne soit mêlé aux aliments. Or, celui qui a touché ce sel et porte la main à ses yeux, peut en perdre la vue. Il faut donc se laver les mains après le repas afin d’éviter ce danger. Pour cette raison, même si on a les mains propres, on a l’obligation de faire les ablutions d’après le repas avant de réciter le Birkat hamazone. De surcroît, d’après la Kabbalah ces ablutions d’après le repas ont une nécessité ésotérique et il faut veiller à les faire.

18. Avant de faire les ablutions, il est bon de dire: “Mayime a’haronime ’hova” (l’ablution des mains après le repas est obligatoire), cette phrase contenant des allusions mystiques liées à cette mitsva. De plus, cette phrase peut tenir lieu de paroles de Torah si l’on n’en a pas prononcé d’autres à table.

19. Après le repas, il suffit de se laver une seule fois les mains et non trois fois. De plus, on n’a pas besoin de verser la quantité d’un révi’ite (81 ml) comme pour les ablutions initiales. Au contraire, il faut veiller à verser peu d’eau sur ses mains, car d’après la Kabbalah ces eaux sont la part des forces impures. Il faut se rincer les doigts jusqu’à la paume de la main, en versant l’eau sur toutes les phalanges.

20. Si les mains sont très souillées suite au repas et qu’on doit les rincer abondamment, il vaut mieux les laver tout d’abord en ne pensant pas le faire en tant qu’ablutions finales, puis consommer un peu de pain et faire alors les ablutions d’après le repas. Selon notre maître le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef, on n’a pas besoin de recommencer à manger. Il suffit que le premier rinçage n’ait pas été fait en guise d’ablutions pour pouvoir immédiatement se rincer à nouveau les mains pour effectuer les ablutions.

21. On peut faire ces ablutions directement depuis le robinet, sans utiliser d’ustensile. Cependant, il faut verser l’eau dans un récipient ou à l’intérieur de l’évier et ne pas la laisser s’écouler directement sur le sol, puisqu’un mauvais esprit repose sur ces eaux qui peut porter préjudice à celui qui marcherait dessus.

22. Celui qui se trouve en déplacement et ne dispose pas d’un récipient pour y verser l’eau des ablutions, devra se laver sur des brindilles ou tout autre matériau absorbant l’eau, ou le faire dans un endroit qui ne sera pas fréquenté le temps que l’eau s’évapore. (Certains permettent de verser l’eau sur un sol carrelé, puisque le mauvais esprit n’est présent que sur un sol nu. Mais il convient de se montrer strict même dans ce cas).

23. On a le droit de faire les ablutions d’après le repas dans une des assiettes utilisées pendant le repas sans craindre l’impureté. On pourra à nouveau utiliser l’assiette après l’avoir bien lavée. Il est bon de retirer l’assiette de la table pour réciter le “Birkat hamazone.

24. Nos Sages ont dit: “Tékhèf lanétila bérakha”, ce qui signifie: juste après les ablutions finales, on doit réciter le “Birkat hamazone, “sans interruption. On peut toutefois réciter des versets, comme le psaume de “lamnatséa’h binguinote” et les versets de “avarekha etc.”, qui sont une introduction au Birkat hamazone. On rapporte l’histoire d’un homme qui souffrait de douleurs à l’épaule et qui est venu consulter notre maître le Ari zal. Le Rav lui dévoila que ces douleurs étaient dues aux “michnayote” qu’il étudiait entre les ablutions finales et le Birkat hamazone. Ce faisant, il transgressait l’injonction de nos Sages: “Tékhèf lanétila bérakha”. Or, le mot “Tékhèf" “est composé des mêmes lettres que le mot “Katèf”, qui signifie l’épaule. Cela vient allusionner que celui qui s’interrompt entre les ablutions d’après le repas et le Birkat hamazone, souffrira de douleurs à l’épaule. 

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