Plaque chauffante et Chabbat

> Poser un plat depuis la veille de chabbat

1. Il est interdit de laisser un plat sur un feu (comme la flamme du gaz) à l’entrée du chabbat, bien qu’on l’ait déposé avant l’entrée de la fête. On craint en effet qu’en venant se servir du plat, on remarque qu’il n’est pas parfaitement cuit, et que l’on augmente la flamme d’un geste machinal afin d’accélérer la cuisson, transgressant ainsi l’interdit d’allumer du feu pendant le chabbat, Dieu nous en préserve.

2. Si par contre on a recouvert la flamme, d’une plaque métallique par exemple, il sera permis d’y déposer la veille de chabbat tous types de mets, même un plat entièrement cru afin qu’il cuise pendant chabbat. En effet, en recouvrant le feu, on marque un signe distinctif destiné à nous rappeler que c’est chabbat et on ne risque plus de toucher à la flamme. Selon la loi stricte, même si on n’a pas recouvert la flamme mais seulement les boutons de la cuisinière (ou qu’on les ait ôtés), on a le droit d’y déposer un plat, puisqu’un signe distinctif du chabbat a été réalisé. Toutefois, à priori, il convient mieux de couvrir le feu lui-même.

3. Une plaque de chabbat (qui ne dispose pas de bouton de réglage) est considérée comme un "feu couvert", c’est pourquoi, il est permis d’y déposer avant chabbat tous types de repas. Si on possède une plaque munie d’un bouton de réglage, il faut le retirer ou le recouvrir avant chabbat pour pouvoir utiliser cette plaque.

4. Le four est considéré comme un "feu découvert", c’est pourquoi, il est interdit d’y déposer un plat avant chabbat pour qu’il y reste pendant chabbat. Ceci concerne même les fours qui disposent d’une fonction chabbat [que l’on peut trouver en Israël]. Il ne sera permis de déposer un plat dans un four depuis la veille de chabbat que si on en a retiré les boutons.

5. De nos jours, les fours sont équipés de thermostat. Ainsi, même si les boutons sont couverts ou retirés, il est problématique d’ouvrir le four pendant chabbat lorsque le thermostat est en pause. En effet, en ouvrant la porte du four, on provoque une entrée d’air froid dans le four qui entraîne sa mise en marche. C’est pourquoi il ne sera permis d’ouvrir la portière du four que lorsque les résistances sont en train de chauffer. De nombreux fours sont équipés d’un voyant lumineux qui s’allume lorsque le courant est en marche, et qui s’éteint lorsque le thermostat est coupé. Il sera dans ce cas permis d’ouvrir la porte du four tout le temps que le voyant lumineux est allumé.

6. Si le four n’est pas équipé de voyant lumineux (ou si ce voyant est cassé), il faut éviter de l’utiliser, sauf si on met en marche le “timer” qui éteindra le four complètement avant le début du repas. Par exemple, si on doit servir le plat à 19h00, on programmera la minuterie à 18h50. Ceci, en plus de l’obligation de couvrir ou retirer les boutons du four avant le chabbat.

7. Ce problème ne se pose pas si le four électrique dispose d’un mode chabbat qui neutralise l’action du thermostat. Dans ce cas, il sera permis d’ouvrir le four à volonté.28. Celui qui a ouvert la porte d’un four pendant chabbat de manière permise, et a constaté que le plat n’était pas entièrement cuit, ne pourra plus la refermer, car il activerait ainsi la cuisson du plat, transgressant ainsi l’interdit de cuire pendant chabbat. Mais dans le cas où le plat est déjà cuit convenablement (de manière à être apte à une consommation normale), il sera permis de refermer le four même si le plat continue à mijoter.

9. Il est permis de laisser un “Koumkoum” (bouilloire électrique disposant d’un mode chabbat) contenant de l’eau qui a atteint l’ébullition avant le chabbat, allumé pendant chabbat, sans qu’il soit nécessaire d’en recouvrir les boutons. En effet, puisque l’eau a déjà bouilli et est maintenue à une température suffisamment élevée permettant de préparer une boisson chaude, on n’a pas à craindre qu’on ne la refasse bouillir, puisque chaque ébullition supplémentaire détériore son goût.

> L’interdit « d’enfouir »

10. Il est interdit pendant le chabbat d’enfouir une marmite ou une casserole dans une couverture, une serviette ou un autre linge dans le but de conserver la chaleur du plat. Il est même interdit de déposer simplement la couverture sur le couvercle du récipient sans l’en envelopper.

11. Cependant, si un récipient était déjà enfoui dans une couverture depuis la veille de chabbat, il sera permis pendant “chabbat de la retirer puis de l’enfouir à nouveau, dans la même couverture ou dans une autre, et même ajouter des couvertures supplémentaires pour mieux conserver la chaleur. Tout cela est permis à condition que le plat soit entièrement cuit. Sinon, il est interdit de remettre même la couverture qui vient d’être retirée, car on active par cette action la cuisson du plat et on transgresse l’interdit de cuire pendant chabbat.

12. La permission d’enfouir un récipient avant le chabbat est valable à condition que ce récipient ne soit pas en contact avec une source de chaleur, comme une plaque de chabbat ou le gaz, par exemple. Si cette condition n’est pas remplie, il est interdit, selon l’avis de Marane l’auteur du Choul’hane ’Aroukh, de recouvrir le plat posé sur la plaque, même avant le chabbat. Il convient de se montrer strict et de respecter cet avis. Cependant, avant la rédaction du Choul’hane ’Aroukh, la coutume s’est répandue de le permettre ; c’est pourquoi celui qui veut le faire a sur qui s’appuyer, surtout s’il ne fait que couvrir la marmite par-dessus, sans l’envelopper entièrement.

13. Selon toutes les opinions, il est permis de déposer un repas sur une plaque chauffante déposée à l’intérieur d’un caisson en fer (“mé’hamit”) qui conserve la chaleur, car la marmite n’est pas considérée par cela comme "enfouie".

> Poser un plat pendant chabbat

>>Remettre un plat sur une source de chaleur afin qu’il reste chaud

14. Un plat déposé depuis la veille de chabbat sur une plaque chauffante, un gaz ou dans un four et qui en a été retiré pendant chabbat, pourra y être remis sous trois conditions:

a. Le repas doit être entièrement cuit. Si le plat contient de la sauce, il faut qu’il soit resté à une température supérieure à “yad solédète bo” [60 °C].b. Il ne faut pas avoir déposé le plat à même le sol, ou sur un plan fixé au sol (comme le plan de travail de la cuisine). C’est pourquoi on devra intercaler une assiette ou une serviette sous la casserole avant de la déposer sur le plan.c. Le feu ne doit pas être découvert. Il faut donc, dans le cas du gaz, que la flamme soit recouverte d’une plaque de fer. Le seul fait que les boutons soient couverts ou retirés n’est pas suffisant pour permettre dans ce cas.Réchauffer pendant chabbat un plat qui n’était pas déposé sur une source de chaleur depuis l’entrée de chabbat

15. Un plat contenant de la sauce ou un bouillon de température inférieure à 60°C ne peut en aucun cas être déposé sur une plaque ou dans un four pendant le chabbat.

16. Un aliment froid qui est sec et entièrement cuit peut être réchauffé pendant le chabbat, à condition qu’il soit ostensible que l’on veut seulement le réchauffer et non pas le cuire. Ainsi, il est permis de sortir du réfrigérateur des borékas” (feuilletés) cuits, et de les déposer sur le couvercle de la bouilloire pour les réchauffer, ou sur la plaque chauffante par dessus une assiette ou une poêle renversée. Le Richone létsiyone” Rav ‘Ovadia Yossef est toutefois d’avis qu’on peut les poser à même la plaque, mais le Roch Yéchiva Rav Méir Mazouz adopte l’avis plus rigoureux.

>> Toutes ces lois seront reprises plus en détail dans le chapitre suivant, qui traite de l’interdit de cuire le chabbat. 

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