Préparation à la prière et Début de la prière

> Préparation à la prière

1. Il est interdit de prier en état de tristesse, puisqu’une âme en peine ne peut recevoir l’émanation divine qui inonde la personne au moment de la prière. On doit au contraire prier avec joie, car "quel peuple est assez grand pour avoir Dieu proche de lui, comme l’est Hachem notre Dieu, chaque fois que nous L’invoquons?" Combien serait-on heureux si l’on avait une opportunité de s’entretenir avec un roi de chair et de sang. A plus forte raison doit-on se réjouir, nous qui avons le mérite de prier devant le Maître du monde, le Roi des rois! L’on se dira aussi que certains n’ont pas cette chance, soit qu’ils en sont empêchés à cause d’une maladie, soit qu’ils n’ont pas eu le mérite de goûter à la lumière de la Torah. Heureux sommes-nous qui avons cette chance! (Lors de la récitation du “vidouï” uniquement, on devra s’attrister sur nos fautes.)

2. Avant d’entamer la prière, on doit prendre sur soi d’accomplir le commandement "tu aimeras ton prochain comme toi-même". On éée, à l’égard d’autrui. Si l’on connaît un Juif qui est dans la détresse (même si on n’a pas d’affinité particulière envers lui), on doit le mentionner dans ses prières tous les jours. Ainsi, la prière sera incluse dans l’ensemble des prières du peuple d’Israël et elle portera ses fruits.

> Le début de la prière (la « Peti’ha » )

3. Lorsqu’on récite dans la Peti’ha les passages relatant de la ligature d’Isaac (‘Aquéda) et ceux relatifs aux sacrifices (apportés au Temple), on doit penser à ligoter son mauvais penchant et àèés vers le Ciel, comme une offrande parfaite. On méditera sur l’épreuve redoutable à laquelle notre père Avraham a dû faire face, et sur le zèle et l’amour dont il a fait preuve pour la surmonter. On en puisera force et courage pour surmonter toutes les épreuves que nous pouvons rencontrer, qui nous paraîtront alors beaucoup moins difficiles en comparaison.

4. Il est bon de veiller à lire le Chéma’ de la Peti’ha paré du Talit et des Téfilines. Le mieux est de mettre le Talit et les Téfilines avant même le passage de la ‘Aquéda, au début de la Peti’ha, comme le Ari zal avait coutume de le faire. Cependant, si pour une raison quelconque on ne peut revêtir les Téfilines pour le moment, ou si l’horaire de la mise du Talit et des Téfilines n’est pas encore arrivé, on pourra lire toute la Peti’ha sans Téfilines. Bien qu’en règle générale on ne récite pas le Chéma’sans Téfilines, on peut ici se montrer plus souple puisque l’on n’en récite que le premier verset.

5. On doit prendre soin de lire les versets de “Chéma’ Yisraèl “et de “Barou’h chem” de la Peti’ha en fermant les yeux et avec la même concentration que la lecture du Chéma’dans le “Yotsère”. Si on voit que l’horaire du Chéma’va bientôt se terminer, on lira alors le Chéma’dans son intégralité, et cette fois-ci en veillant à mettre impérativement les Téfilines avant cette lecture (sauf si durant le temps nécessaire à la mise les Téfilines, l’heure limite serait dépassée). Il convient alors de poser la condition suivante :  si l’heure du Chéma’sera dépassée lorsque j’arriverai au Chéma’du “Yotsère”, que je sois acquitté par la lecture que je fais maintenant ; sinon, que ma lecture présente soit considérée comme une simple lecture de versets de la Torah. Par contre, s’il est certain que le second horaire du Chéma’ (du Gaon de Vilna) sera dépassé, il est inutile de poser une telle condition, et l’on sera acquitté par la lecture du Chéma’de la Peti’ha.

>> Lecture des sacrifices et de l’encens

- Rabbi Krouspédaï disait: "Si quelqu’un lit de vive voix et avec ferveur les passages traitant des sacrifices et autres offrandes, à la synagogue et dans les maisons d’études – c’est une alliance scellée, les anges qui voulaient porter des accusations contre lui seront incapables de lui causer le moindre tort, mais seulement du bien.- Rabbi Chim’one disait: "Si seulement les gens savaient combien le service de la Ketoret est chère aux yeux de Dieu, ils prendraient chaque mot du texte et en feraient un diadème sur leur tête, telle une couronne en or.- L’auteur du Ségoulot Israël énumère plusieurs vertus attribuées à la lecture de la Ketoret:

- Elle annule les fléaux et maladies pernicieuses.

- Elle sauve de l’asservissement des nations.

- Elle fait résider la bénédiction dans toutes les entreprises.

- Elle préserve du jugement de l’enfer.- Elle annule tous les obstacles spirituels et les forces du mal.

- Elle neutralise la sorcellerie.

- Elle élimine les mauvaises pensées.

- Elle fait hériter des deux mondes, ce monde-ci et le monde futur.

- Elle détourne la rigueur divine.

- Elle fait trouver grâce aux yeux de tous.

- Elle favorise la richesse.Ainsi, celui qui désire la vie et le bonheur prendra soin de lire le passage de la Ketoret, trois fois par jour (deux lors de la prière du matin, et une pendant celle de Min’ha), en tâchant de comprendre le sens des mots ; par ce mérite, il ne connaîtra jamais d’heures difficiles.

6. De nombreux secrets mystiques, particulièrement élevés, sont contenus dans la prière de “Anna békhoa’h”. Notre maître le Ari zal veillait à la réciter sur un ton mélodieux.

7. Après le texte du sacrifice journalier, nos Sages ont institué la lecture du chapitre de “Ezéhou Méqomane” ainsi que de la “Béraïta” de Rabbi Yichma’ël, afin d’étudier chaque jour un passage de la Bible, un de la Michna, et un du Talmud (la “béraïta” de Rabbi Yichma’ël – qui est un “Midrache” – étant considérée comme un passage du Talmud). Cette lecture est comptée comme une étude à condition que l’on comprenne ce qu’on lit ; il faut donc auparavant étudier ces passages afin d’en saisir la signification. Dans le “siddour Ich Matsliah”, nous les avons assortis d’une explication simple et détaillée, accompagnée d’illustrations et d’exemples. Après avoir étudié les commentaires à une ou deux reprises, le sens sera clair lorsqu’on parcourra le texte. Celui pour qui cela est trop complexe, devra au minimum comprendre la traduction littérale des mots, même s’il ne saisit pas forcément la signification du sujet traité.

8. Le chapitre de “Ezéou mékomane” comprend les règles principales de tous les sacrifices ; c’est la raison pour laquelle c’est ce passage de la Michna qui a été choisi pour faire partie de la prière, afin qu’il soit récité quotidiennement. En effet, nos Sages commentent les versets :  "Ceci est la loi du sacrifice expiatoire" et "Ceci est la loi du sacrifice de délit", de cette manière: tout celui qui étudie les lois relatives à un sacrifice est considéré comme ayant apporté ce même sacrifice. Le Talmud rapporte à ce propos que notre patriarche Avraham s’adressa à Dieu en disant: "Maître du monde! Si le peuple d’Israël venait à fauter, peut-être les puniras-Tu comme la génération du déluge ou celle de la tour de Babel”? Dieu répondit par la négative. Avraham insista :  "Maître du monde! Comment puis-je en être assuré?” Dieu répondit alors: “ "Prends pour Moi trois génisses", pour lui signifier que les sacrifices expieront les fautes du peuple d’Israël. Avraham poursuivit: "Maître du monde! Cela est certes valable pour l’époque où le Temple existera. Mais qu’adviendra-t-il de mes enfants lorsqu’il n’y aura plus le Temple”? Dieu répondit: "J’ai institué pour cela le passage sur le déroulement des sacrifices. Chaque fois qu’ils le liront, Je considèrerai leur lecture comme une offrande, et Je pardonnerai toutes leurs fautes".

>>Surmonter le mauvais penchant

- Yéhouda ben Téma disait: "Sois audacieux comme la panthère, léger comme l’aigle, agile comme le cerf, et fort comme le lion, pour faire la volonté de ton Père qui est aux cieux. Audacieux comme la panthère: cela signifie qu’on ne doit pas ressentir de honte ou de gêne devant les moqueurs qui dénigrent notre service de Dieu. Léger comme l’aigle: pour maitriser notre vision, c’est-à-dire être prompt à fermer nos yeux devant un spectacle interdit. Agile comme le cerf: cela concerne nos jambes qui doivent courir pour faire le bien. Fort comme le lion: cela concerne le cœur et dominer notre mauvais penchant jusqu’à le vaincre, tel un champion qui prend le dessus sur son ennemi et le terrasse.

> Celui qui arrive en retard à la prière

9. Le Kaf Ha’hayyime écrit: De nombreux secrets sont contenus dans l’organisation des paragraphes de la prière établie par nos Sages, comme l’a écrit le Ari zal dans le “Cha’ar Hakavanot”. Par conséquent, il convient de veiller à réciter toute la prière dans l’ordre qui a été fixé, sans n’omettre aucune partie. Le” Maguid” (l’ange) a averti en ce sens notre maître Rabbi Yossef Qaro, d’arriver tôt à la synagogue afin de pouvoir réciter l’intégralité de la prière dans l’ordre, sous peine bouleverser les conduits de l’abondance. D’un autre côté, la perte est beaucoup plus grande si l’on ne prie pas en même temps que le minyane. Par conséquent, une personne arrivée en retard devra préalablement s’efforcer de trouver un autre office, afin de pouvoir prier comme il se doit. Si cela n’est pas possible, il omettra certains paragraphes selon les règles évoquées ci-après.

10. Celui qui arrive en retard et n’a pas la possibilité de lire toute la Peti’ha avant la prière, commencera (après avoir récité les bénédictions du matin et de la Torah) par “Ana’hnou ’hayyavime léhodote” (qui se trouve à la fin du paragraphe “Lé’olam yéhé adame”) jusqu’aux versets “Chéma’ Yisraèl” et “Baroukh chem”. Ensuite, il récitera le “Yéhi ratsone […] chéttéra’hème ’alénou etc.”, le passage du sacrifice journalier, la “Ketoret” depuis “Atta hou Hachem élohénou” jusqu’à” "Rabbi Natane habavli omer af kipate hayardène kol-chéhi”, puis le “Anna békhoa’h” et “Yéhi ratsone […] chéyéhé sia’h siftoténou zé etc.”. Après cela, il entamera “Hodou” jusqu’au verset “ouvin-viaï al taré’ou”, puis le premier verset du passage “El néqamote Hachem”, ainsi que les versets “Hachem tsévaot ’imanou […] Hachem tsévaot achré […] Hachem hochi’a”. Enfin, il dira “Hachem mélekh”, “Lamnatséa’h”, “Baroukh chéamar” puis tout le reste dans l’ordre. Après la prière, il complètera ce qu’il a omis. Ce faisant, il reprendra le paragraphe de “Hodou” depuis le début, même s’il en a déjà lu les premiers versets auparavant. De cette manière, la prière du matin lui sera comptée comme ayant été récitée dans l’ordre selon la Kabbalah.

11. Celui qui est très en retard, et qui manquera la prière avec la communauté même en suivant l’ordre décrit au paragraphe précédent, devra prier avec un office plus tardif et ne fera pas d’omission dans sa prière. S’il n’y a aucun autre office, il récitera tout d’abord la bénédiction de “Elohaï néchama” seulement, puis passera directement aux bénédictions de la Torah. Après cela, il récitera “Baroukh chéamar”, puis les passages de “Achré”, “Halélouyah halélou èt Hachem “et “Halélouyah halélou èl béqodcho”, et enfin “Yichtabba’h”. Si même pour cela le temps lui manque, il omettra les deux psaumes de “Halélouyah” et passera directement de “Achré” à “Yichtabba’h”. Tous ces ajustements ont été instaurés afin de lui permettre de prier à tout prix avec la communauté. Si l’on récite sa ‘Amida silencieusement en même temps que la répétition de l’officiant, cela aussi est considéré comme si on avait prié avec la communauté.

> Porter un sous-vêtement par-dessus ses habits!?

Il faudra s’efforcer de lire la Peti’ha avant la prière, car elle se rattache au monde spirituel de la ’Assia (l’action), et la lire après la prière provoquerait un bouleversement de l’ordre des mondes supérieurs. On trouve une allusion à cela dans la dernière bénédiction de la ‘Amida: "Hamévarekh èt ’amo Yisraèl bachalome. Amen". Les initiales des quatre derniers mots forment, dans l’ordre, les initiales des mondes supérieurs, à savoir ’Assia (l’action), Yétsira (la formation), Béria (la création) et Atsiloute (l’émanation), pour indiquer que tel est l’ordre qu’il faut suivre. Celui qui complète la Peti’ha après sa prière ressemble en quelque sorte à quelqu’un qui revêtirait un sous-vêtement par-dessus ses habits…

Tefila web