Règles concernant le lait et la viande

> Règles concernant le lait et la viande

1. Après avoir mangé de la viande ou du poulet, on doit attendre six heures avant de consommer des laitages. Toutefois, si on a des espaces entre les dents et que des résidus de viande peuvent s’y trouver, on devra en outre se brosser les dents avant de consommer les laitages.

2. Concernant les jeunes enfants (jusqu’à l’âge de neuf ans selon l’avis de notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef, et selon le Roch Yéchiva Rav Méir Mazouz jusqu’à six ans, à moins que l’enfant ne soit faible ou malade), on peut se montrer plus souple en cas de besoin et se contenter d’attendre une seule heure après la consommation de viande pour lui donner du lait. De même, on le peut permettre à une femme enceinte ou une accouchée dans les trente jours suivant l’accouchement, qui se sent faible et a besoin de boire du lait. Cependant, il faudra avoir récité la bénédiction finale sur le repas de viande, et s’être bien rincé la bouche, avant de pouvoir consommer le lait.

3. Même si on n’a pas consommé de la viande à proprement parler mais seulement un plat cuisiné avec de la viande (comme un bouillon de viande ou des légumes cuits avec de la viande), on devra également attendre six heures avant de consommer des laitages.

4. En revanche, après avoir mangé des produits laitiers, on peut consommer de la viande sans attendre. Il suffit de se laver soigneusement les mains après le fromage, de consommer quelque chose et de boire pour se rincer la bouche ; on pourra ensuite consommer la viande. Si on a des caries ou des trous, on doit d’abord se débarrasser des résidus de fromage, puis se rincer la bouche. Si on désire consommer la viande sur la table où on a mangé le lait, il faut en premier lieu nettoyer la table des restes de laitages, puis ôter le pain que l’on a consommé avec le fromage. Certains ont coutume de patienter une demi-heure après les laitages avant de consommer de la viande.

5. Il est interdit de cuire des mets lactés dans un ustensile dans lequel on a cuit de la viande, même après un laps de temps important. Si on a par mégarde cuisiné du lait dans les vingt-quatre heures suivant la cuisson de la viande, le lait est interdit et l’ustensile nécessite une cachérisation dans l’eau bouillante (“hag’ala”). Si le lait a été cuit plus de vingt-quatre heures après la cuisson de la viande, le lait est autorisé mais l’ustensile doit tout de même être cachérisé. La règle est la même si on a cuit de la viande dans un ustensile de lait.

6. Un ustensile qui a contenu du lait froid pendant plus de vingt-quatre heures consécutives est considéré comme un ustensile de lait. Par conséquent il est interdit d’y cuire de la viande. Si le cas s’est produit, on posera la question à un Rav.

7. Une cuillère de viande que l’on a introduit par erreur dans un met lacté froid, du fromage par exemple, ne nécessite pas de cachérisation. Il suffit de bien la laver.

8. Un plat neutre (ne contenant ni lait ni viande) comme du riz ou des pommes de terre qui a cuit dans une casserole dans laquelle on a cuisiné de la viande, même dans les vingt-quatre heures qui précèdent, il sera permis de consommer ce plat avec du lait, à condition que la casserole était parfaitement propre. C’est le principe du “Nate bar Nate” [“Ces mots sont en hébreu les initiales de "Notène ta’ame bar “Notène ta’ame”], soit un double transfert de goût. En effet, la viande ne donne pas du goût au riz de manière directe ; par contre, elle a laissé du goût dans les parois de la casserole, qui ont ensuite transféré ce goût au riz lors de la seconde cuisson. Ce goût atténué ne donne pas au riz le statut de met carné, et il est donc permis de le consommer même à priori avec du lait. Ce principe s’applique uniquement lorsque tous les aliments cuits sont permis à la consommation en tant que tel. En revanche, une casserole dans laquelle a été cuit un aliment interdit à la consommation (non cachère) rend interdit tous les aliments que l’on cuira dedans par la suite.

9. Selon certains décisionnaires, il est autorisé de cuire, même à priori, un plat neutre dans une casserole dans laquelle on a cuisiné de la viande dans les vingt-quatre heures, avec l’intention de le manger avec du lait. D’autres sont d’avis que c’est seulement si le riz a déjà été cuit que l’on peut alors le manger avec du lait ; mais il est interdit à priori de cuire dans une casserole de viande un aliment que l’on désire consommer avec du lait. Selon tous les avis, si la casserole n’a pas été utilisée pour cuire de la viande dans les dernières vingt-quatre heures, il est permis d’y cuire du riz pour le manger avec du lait.

10. Un aliment fort comme du piment piquant, du radis, du citron, des olives, des pommes acides, de l’oignon, du poireau, de l’ail et tout ce qui ressemble, que l’on a coupé avec un couteau viande reçoit lui aussi le statut d’aliment "viande" et il est interdit de le consommer ou de le cuisiner avec du lait. La règle est la même si on a coupé un de ces aliments avec un couteau de lait, on ne pourra plus le consommer ou le cuisiner avec de la viande. Si par mégarde on les a cuits avec de la viande, on posera la question à un Rav. Aussi est-il conseillé d’avoir chez soi un couteau neutre réservé à ce type d’aliments, pour qu’on puisse les consommer ensuite tel qu’on le désire, avec de la viande ou avec du lait. De même, il est préférable de réserver une planche à découper neutre, car en général, la planche sur laquelle on découpe la viande est pleine d’entailles dans lesquelles la graisse de la viande pénètre, et il est très difficile de la nettoyer convenablement ; en coupant ensuite de la salade, on risque de lui donner un statut "viande" à cause de cette graisse. Par conséquent, celui qui craint Dieu s’efforcera de couper ses salades et autres légumes avec un couteau neutre et sur une planche à découper neutre, et il sera digne de bénédiction.

11. Il est souhaitable de disposer de deux éviers, l’un réservé à la viande, l’autre au lait. Cependant, si on ne dispose que d’un seul évier, on pourra l’utiliser pour les vaisselles de viande et de lait, à condition toutefois de marquer nettement la différence. Ainsi on ne lavera pas des ustensiles de lait et de viande ensemble, mais après avoir terminé la vaisselle de viande, on nettoiera l’évier pour on y faire ensuite la vaisselle de lait, et inversement. Il faut surtout prendre garde à ne pas laver de la vaisselle à l’eau chaude avant d’avoir vérifié qu’il n’y a pas dans l’évier des ustensiles d’une autre catégorie (viande ou lait). En outre, il faut veiller à ne pas laisser des ustensiles viande et lait tremper en même temps [dans de l’eau froide] pendant plus de vingt-quatre heures.

12. Si on a lavé dans un lave-vaisselle des ustensiles de viande, et qu’on désire à présent l’utiliser pour une vaisselle de lait, ou inversement, on doit auparavant nettoyer le filtre des résidus de nourriture qui peuvent s’y trouver, puis on pourra l’utiliser. Quant à la vaisselle neutre, on pourra la laver avec la vaisselle du lait comme avec celle de la viande. Certains se montrent plus souples et permettent de laver de la vaisselle de viande et de lait ensemble (à condition de s’assurer que le produit soit introduit en début de cycle dans la cuve, avant l’eau bouillante). Celui qui se montre plus strict est digne de bénédiction.

13. Il est défendu de cuire des mets de lait et de viande en même temps dans un four, même dans des plateaux différents. Si par mégarde on les a cuits ensemble, on s’adressera à un Rav pour la démarche à suivre, pour le four et les plateaux comme pour les plats. Cependant, on peut cuire de la viande puis des plats lactés (ou inversement) successivement dans le même four, à trois conditions: a. que vingt-quatre heures se soient écoulées depuis la cuisson de la viande ; b. que le four ait été bien nettoyé ; c. qu’on ait laissé le four allumé pendant vingt minutes à la température maximale. Ensuite seulement, on pourra cuire des mets lactés dans le four. Cela n’est valable que pour la cuisson ou la grillade d’aliments solides ; par contre, il est interdit d’y cuire un bouillon, même si les trois conditions mentionnées sont remplies. Il est évident que l’autorisation d’utiliser le même four ne s’applique que si on utilise des plateaux différents ; un même plateau ne pourra en aucune façon servir pour la viande et pour le lait.

14. Cette permission de cuire, sous certaines conditions, de la viande puis du lait dans un même four, n’est valable que pour un four classique. En revanche, il est interdit d’utiliser un four à micro-ondes à la fois pour la viande puis le lait. En effet, lorsque la viande est réchauffée, l’intérieur du micro-ondes se remplit de vapeurs de viande qui en imprègnent les parois ; or il est impossible de les cachériser comme dans un four classique en les faisant chauffer à température maximale. On réservera donc le micro-ondes pour l’utilisation exclusive du lait ou” de la viande. Cependant, si le plat se trouve dans une boîte (ou un sachet en plastique) hermétiquement fermée, on peut réchauffer de la viande et du lait successivement l’un après l’autre, à condition toutefois que les parois intérieures du micro-ondes soient propres de toute trace de nourriture. (Si on désire réchauffer un aliment neutre sans le recouvrir, puis le manger avec de la viande ou du lait, se référer aux paragraphes 8 et 9 ci-dessus. Dans tous les cas, il faudra auparavant nettoyer les parois du micro-ondes avec un chiffon propre).

> Pétrir une pâte « lait » ou « viande »

15. Nos Sages, de mémoire bénie, ont interdit de pétrir une pâte à pain avec du lait ou avec des graisses animales. La raison à cela est que le pain constitue un aliment de base pour l’homme, et on peut donc aisément se tromper et le consommer de manière interdite avec de la viande ou du fromage. Par contre, ce sera permis si on a fait sur le pain un signe distinctif. Ainsi, si on veut faire une pâte pétrie avec du lait, on devra faire un signe distinctif dans la pâte afin de signaler que cette pâte est lactée (par exemple, les “borékas” au fromage commercialisés ont une forme triangulaire), ou on peut émietter du fromage sur le pain de manière clairement visible, tel que tout celui qui s’apprête à en consommer remarquera que le pain est lacté. Si aucun signe distinctif n’a été fait, il est interdit de manger un tel pain, même sans accompagnement.

16. Il existe une autre permission pour pétrir une pâte au lait ; elle consiste à n’en faire qu’une quantité limitée qui sera entièrement consommé au cours du même repas. Cela dépendra du nombre des convives ; on pourra donc en préparer même en grande quantité, si on évalue que tout sera consommé pendant le repas.

17. L’interdiction de pétrir une pâte avec du lait [ou du beurre] concerne aussi les “borékas” et autres types de feuilletés ; comme ils servent souvent de base au repas, il y a aussi lieu de craindre qu’on vienne à les consommer avec de la viande. Ce ne sera donc permis que si on ajoute un signe distinctif, ou si on prépare juste la quantité nécessaire à un seul repas, comme on l’a vu précédemment.

> Le poisson consommé avec du lait ou de la viande

18. Il est défendu de consommer de la viande avec du poisson, car nos Sages ont reçu par tradition que cela est susceptible de causer la lèpre. L’interdiction est en vigueur même à postériori: si par mégarde un morceau de poisson est tombé dans un plat de viande qui n’est pas soixante fois plus volumineux, tout le plat est interdit à la consommation. Aussi, lorsqu’on fait cuire en même temps une casserole avec de la viande et une autre avec du poisson, on doit veiller à ce que des gouttes ne jaillissent pas d’une casserole à l’autre. Il convient également de prendre garde à ne pas remuer les deux casseroles avec la même louche, sans l’avoir rincée soigneusement avant de l’utiliser pour la seconde casserole. De même, on prendra garde à ne pas cuire de la viande et du poisson ensemble dans un même four. Si cela s’est produit par erreur, on demandera à un Rav quelle conduite adopter.

19. Il faut éviter de manger du poisson mélangé à du lait, du beurre ou du fromage, car cela est nuisible pour la santé. Cependant, si par mégarde on a déjà cuisiné du poisson avec du lait, on pourra le consommer. Certains permettent le mélange entre le poisson et le beurre exclusivement, tandis que d’autres autorisent totalement le mélange de poisson avec des produits lactés. Chacun pourra se conduire selon sa coutume. Selon tous les avis, la gélatine cachère faite à base de poisson peut être mélangée à du lait. On pourra donc consommer sans problème les flans et autres yaourts, même s’ils contiennent de la gélatine de poisson. 

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