Règles relatives à l’interdiction de trier le chabbat

1. Lorsque des déchets sont mêlés avec des aliments, qu’ils soient bien mélangés ensemble ou juste disposés pêle-mêle, il est interdit d’après la Torah de les séparer, même pour les besoins du chabbat. Celui qui agit ainsi transgresse l’interdiction de trier. Dans certains cas, lorsqu’on tri au moment du repas, le tri est autorisé, comme nous le verrons plus loin.

2. L’interdiction de trier s’applique également lorsque deux aliments différents sont mélangés l’un à l’autre et qu’on désire les séparer, puisque dans ce cas, l’aliment qu’on ne désire pas manger est considéré comme un "déchet" par rapport à l’aliment que l’on veut consommer.

3. Dans le cas d’aliments et de déchets (ou deux sortes d’aliments) qui ne sont pas mélangés mais simplement disposés côte à côte, l’interdiction de trier ne s’applique pas, et on peut les séparer à son gré, même dans l’intention de ne consommer que plus tard.

4. En ce qui concerne l’épluchure des fruits, certains sont d’avis que l’on ne transgresse pas l’interdiction de trier en la retirant, puisqu’elle n’est pas mélangée au fruit mais l’entoure simplement. D’autres pensent que l’épluchure étant attachée au fruit, ils sont considérés comme mélangés, et en épluchant le fruit on effectue un tri. Il faut se montrer strict et suivre le second avis. Les paragraphes vingt-huit et suivants expliciteront les règles relatives à la manière d’éplucher un fruit pendant le chabbat.

> Conditions pour autoriser le tri pendant chabbat

5. Il est permis de séparer un aliment des déchets si le tri se fait "tout en mangeant". Pour ce, il convient que soient remplies les trois conditions suivantes:

a. Le tri est pour un but immédiat, c’est-à-dire que l’on trie juste avant de consommer.b. La séparation se fait à la main et non à l’aide d’un ustensile.c. Il faut séparer l’aliment du déchet et non pas retirer le déchet de ce que l’on désire manger. Dans le cas de deux aliments, on doit prendre l’aliment désiré et non pas celui que l’on n’a pas l’intention de manger, qui est alors considéré comme un "déchet".Ces conditions vont être développées dans les paragraphes ci-dessous.

> Le tri à but immédiat

6. Si l’on n’a pas l’intention de consommer immédiatement l’aliment, il est interdit de trier, même en retirant l’aliment du déchet. En effet, la permission étant de trier "tout en mangeant", cela n’est valable que lorsqu’on le fait juste avant le repas, ce qui est assimilé au repas même. Mais lorsqu’on trie en vue de manger plus tard, on n’est pas considéré comme "en train de manger", c’est donc un tri qui est interdit le chabbat.

7. Lorsqu’on parle d’un but immédiat, cela ne signifie pas qu’il faille introduire l’aliment dans la bouche aussitôt après l’avoir séparé du déchet, mais on pourra le déposer le temps d’achever de trier la quantité souhaitée, ou même jusqu’au repas qui va suivre (nous définirons par la suite le temps d’intervalle maximal). En outre, il est également permis de trier pour le besoin d’autrui (qui va manger dans l’immédiat), bien que l’on ne mange pas soi-même.

8. Dans le cadre d’une préparation à un repas qui va suivre, il est permis de préparer et trier tout ce qui est nécessaire pour ce repas, même s’il va durer plusieurs heures.

9. Celui qui trie un aliment pour le consommer en dehors d’un repas est autorisé à trier dans l’heure qui précède sa consommation. Mais si on trie pour manger lors du prochain repas, certains décisionnaires pensent qu’il convient de trier juste avant le repas, de manière à commencer le repas sitôt le tri terminé. D’autres sont d’avis que dans ce cas aussi il est permis de trier dans l’heure qui précède le repas.

10. Il est permis de préparer une grande quantité en l’honneur d’invités, même s’il est évident que tout ne sera pas consommé, car la bienséance recommande de servir largement et non avec parcimonie (ce qui serait disgracieux). Ce tri est donc considéré comme nécessaire au repas et est autorisé. Notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef pense toutefois qu’il convient d’être strict et de ne trier qu’une quantité qui puisse être consommée au cours du repas.

> Le tri à l’aide d’un ustensile

11. La permission de trier un aliment d’entre les déchets pour un usage immédiat est valable uniquement si on le fait à la main, et non à l’aide d’un ustensile. En effet, le tri par un ustensile n’est pas considéré comme une façon de manger mais plutôt comme l’accomplissement d’un travail.

12. Si toutefois on utilise un couvert comme une cuillère ou une fourchette pour trier, cela a le même statut qu’un tri effectué à la main. En effet, puisqu’on utilise un ustensile avec lequel on a l’habitude de manger, cela est considéré comme trier en mangeant et non comme un travail.

13. Si un plat contient de la soupe avec des légumes, et qu’on désire se servir de la soupe uniquement sans les légumes, il est permis d’incliner le récipient de façon que la soupe uniquement se déverse dans l’assiette. Cela n’est pas considéré comme un tri à l’aide d’un ustensile mais comme un tri à la main, car c’est la conséquence de l’action de la main qui penche le plat ; et ce tri est permis puisque l’on prend l’aliment désiré en laissant le reste.

14. Il est autorisé de se servir d’un plat au moyen d’une louche, qui n’est pas considérée comme un ustensile pour le tri ; son utilisation étant courante, elle est assimilée à un couvert qu’il est permis d’utiliser (cf. infra paragraphe 12). Ainsi si on a une soupe qui contient des légumes comme des carottes, pommes de terre et oignons, ou encore une soupe enrichie avec des pâtes ou du riz, il est permis de se servir du bouillon uniquement en utilisant une louche.

15. Il est de même permis de remplir la louche de soupe avec des légumes ou des pâtes, puis de pencher la louche de façon à ce que la soupe uniquement se déverse dans l’assiette. Cependant, il est interdit de remplir la louche de bouillon uniquement en l’introduisant verticalement dans le plat et en l’inclinant légèrement de manière à empêcher le passage de légumes ou de pâtes. Cela revient en effet à trier à l’aide d’un ustensile, chose interdite même si l’on recueille l’aliment désiré et laisse le déchet.

16. Dans le cas où on désire uniquement les légumes ou les pâtes sans la soupe, il est interdit de remplir la louche de soupe avec les légumes ou les pâtes, puis de pencher la louche dans la casserole afin d’en extraire la soupe et conserver les légumes seuls ; on retirerait alors le déchet en gardant l’aliment, ce qui est interdit. (Pour cette raison également, il est défendu de verser l’eau contenue dans les boîtes de conserves de maïs, d’olives etc., car on extrait ainsi le déchet de l’aliment). On doit donc verser dans l’assiette tout le contenu de la louche puis manger ce qui nous intéresse.

17. Si on désire manger tant la soupe que les légumes mais en les consommant séparément, on a le droit de remplir la louche de soupe et de légumes et d’incliner la louche de façon à verser la soupe seule dans une assiette, puis les légumes restants à part. En effet, puisqu’on a l’intention de consommer les deux, cela revient à séparer deux aliments et non pas un aliment d’un déchet, ce qui est autorisé si on les consomme immédiatement.

18. Il est interdit d’utiliser pendant chabbat une écumoire pour se servir des légumes uniquement, puisqu’il s’agit d’un tri à l’aide d’un ustensile destiné à cet effet.

> La séparation des déchets d’un aliment

19. Lorsque des déchets sont mêlés à un aliment, il est interdit de séparer les déchets de l’aliment en les retirant, même si on ne retire qu’une partie des déchets. Cela est interdit même si on a l’intention de consommer l’aliment immédiatement, puisque la façon normale de manger est de saisir ce que l’on veut consommer ; mais retirer le déchet est une façon de nettoyer l’aliment pour le rendre apte à la consommation lorsqu’il le désirera, ce qui constitue l’acte même de trier.

20. Si quelqu’un au milieu de son repas trouve un déchet dans le morceau qu’il est en train de consommer, il a le droit d’extraire le déchet de l’aliment, puisque c’est la façon normale d’agir, que de retirer tout en mangeant un déchet qui nous empêche de poursuivre notre consommation. Néanmoins, celui qui se montre strict même dans ce cas est digne de bénédiction.

21. Il convient de prendre garde à priori de ne pas retirer les arêtes du poisson dès le début du repas, mais de commencer à manger et dès qu’on trouve une arête, la retirer. Malgré cela, les femmes qui ont pris l’habitude de retirer les arêtes du poisson avant le repas pour les enfants en bas âge (qui ne peuvent pas manger un morceau avec des arêtes), ont sur qui s’appuyer, et telle la coutume dans certaines communautés. Il faudra alors le faire juste avant le repas, comme nous l’avons expliqué au paragraphe 6. (Pour cette raison, les communautés ashkénazes ont la coutume de consommer le chabbat de la farce de poisson [“Guéfilte fish”] qui est dépourvue d’arêtes, afin d’éviter tout risque de trier.)

22. Pour le poulet, il faut séparer la viande de l’os et non l’inverse. S’il y a sur les os un peu de chair ou de la sauce, il est permis dans ce cas de les retirer tout en mangeant, c’est-à-dire sucer chaque os que l’on enlève, pour ensuite le jeter. Ceci est autorisé même si notre but est de retirer l’os et non de consommer les restes de viande qui s’y trouvent.

23. Des fruits qui ont un seul noyau attaché à la chair du fruit, comme les dattes, les pêches, les abricots, etc., il est permis d’en retirer le noyau avec la main pour consommer le fruit immédiatement. En effet, lorsqu’on enlève le noyau, on tient le fruit dans l’autre main et cela revient également à séparer l’aliment du déchet. De même est-il permis de retirer la tige du fruit qui le relie à la branche, lorsqu’on va le manger.

24. Lorsque des fruits contiennent plusieurs pépins tels les grains de raisins, il est interdit d’en extraire les pépins bien que l’on tienne le fruit dans sa main, puisqu’il faut retirer du fruit chaque pépin l’un après l’autre, et tant qu’on n’a pas enlevé le dernier pépin du fruit, cela est considéré comme si on séparait le déchet de l’aliment. On doit donc introduire le grain de raisin entier dans la bouche, pour en rejeter ensuite les pépins.

25. Il est interdit d’enlever les pépins de la pastèque avant de la consommer, même dans l’immédiat, puisqu’on sépare ainsi les déchets de l’aliment. Il faudra plutôt saisir la tranche de pastèque et la secouer avec force pour que les pépins tombent d’eux-mêmes. Pour le reste des pépins contenus à l’intérieur de la pastèque, on pourra les retirer au fur et à mesure, à la main ou à l’aide d’une fourchette. Certains décisionnaires permettent d’enlever les pépins de la pastèque comme on le désire, si cela est fait juste avant de consommer le fruit.

26. En ce qui concerne les pépins et autres déchets du melon, il est permis de les retirer si on veut consommer le melon immédiatement, de la même manière qu’il est permis d’éplucher des fruits dans ce cas, comme nous le verrons de suite.

27. Il est interdit d’éplucher pendant chabbat des fruits ou légumes dont l’épluchure n’est pas tellement liée àles consommer immédiatement. En effet, bien que l’épluchure n’est pas vraiment mêlée à l’aliment mais l’enveloppe plutôt, on la considère tout de même comme mêlée au fruit qui y est rattaché, et la retirer consiste à trier. Malgré cela, il est permis d’éplucher un tel fruit pour le consommer immédiatement, puisqu’il est impossible d’avoir accès au fruit sans l’avoir épluché au préalable ; ainsi, bien que l’on retire le déchet de l’aliment, cela est autorisé car c’est là la manière normale de consommer, au même titre que retirer l’aliment du déchet.

28. Il est permis d’éplucher des fruits dont la peau est fortement liée au fruit, même pour les consommer plus tard, puisqu’en épluchant le fruit avec un couteau, on retire aussi une partie de la chair du fruit avec la peau. Ainsi est-il autorisé d’éplucher des melons, des mangues ou tout autre fruit semblable pendant le chabbat, même si on n’a l’intention de les consommer que bien plus tard.

29. L’épluchure des fruits dont la peau est comestible n’est pas considérée comme un déchet, même si elle n’est que difficilement consommable. Il est donc permis d’éplucher des concombres, des pommes, des poires ou des carottes le chabbat, même pour une consommation ultérieure ; la peau étant elle-même consommable, la notion de tri ne s’applique pas. Il sera même permis d’éplucher ces fruits et légumes avec l’économe réservé à cet effet.

30. Si un insecte est tombé dans un verre rempli, certains permettent de le retirer, que ce soit à la main ou à l’aide d’une cuillère. D’autres décisionnaires l’interdisent sauf si on retire un peu de la boisson avec l’insecte. C’est l’avis le plus indulgent qui est retenu, à la condition que l’on boive le contenu du verre dans l’immédiat. Néanmoins, il est préférable de se montrer plus strict dans la mesure du possible et le retirer à l’aide d’une cuillère avec un peu de la boisson. On pourra alors le faire même dans l’intention de boire le verre plus tard, comme dans le cas du paragraphe 29.

31. Il est autorisé de rincer des fruits et légumes, que ce soit en les frottant à la main sous l’eau pour en enlever les saletés, ou bien en les passant sous un jet d’eau de façon à ce que les saletés tombent d’elles-mêmes. Il est cependant bien de le faire juste avant de les consommer. Par contre, il sera interdit de les laisser tremper dans un récipient rempli d’eau afin qu’ils se nettoient, même pour les consommer de suite, car cela revient à trier au moyen d’un ustensile (cf. paragraphe 11). Il est toutefois permis de mettre des raisins dans une passoire pour les rincer sous le robinet, bien que l’eau s’écoule alors par le bas.

32. Il est interdit à celui qui rince des raisins posés dans une assiette d’incliner ensuite l’assiette pour la vider de son eau, puisque cette eau est tout comme un déchet qu’il veut séparer des raisins. Il faudra donc retirer les raisins de l’assiette avant de la vider de son eau.

33. Il est permis le chabbat de vérifier des feuilles de salade ou d’autres légumes et de retirer les insectes qui s’y trouvent éventuellement. Cependant puisqu’il est notoire que les laitues et autres feuilles de salade (qui n’ont pas subi de traitement particulier) sont infestés de vers et d’insectes, et qu’on a coutume de les tremper dans de l’eau savonneuse ou de l’eau salée, il sera interdit de le faire, car on tue ainsi de façon certaine des insectes, chose qui est interdite le chabbat. Il faut donc les nettoyer avant l’entrée du chabbat.

34. Il est permis d’enlever les petits pucerons qui sont sur la peau des agrumes ou qui se sont déposés sur le fruit même, pour consommer le fruit de suite. De mê

35. Sur deux espèces d’aliments qui sont entremêlées, la notion de tri s’applique si on veut séparer une espèce de l’autre ; l’espèce que l’on ne veut pas consommer à présent est en effet considérée un "déchet" relativement à celle que l’on désire manger, comme nous l’avons mentionné au paragraphe 2. Il convient donc de prendre l’espèce qu’on a l’intention de consommer et laisser le reste, car retirer l’espèce qu’on ne désire pas reviendrait à trier le mauvais du bon, ce qui est interdit même pendant le repas.

36. Lorsqu’on a devant soi deux espèces de fruits mêlés les uns aux autres, chaque espèce est considérée comme un "déchet" par rapport à l’autre. Regrouper chaque espèce séparément revient à trier l’aliment du déchet. Aussi est-il interdit de le faire si on a l’intention de ne les consommer que plus tard. Si par contre on veut les manger dans l’immédiat, ce sera autorisé, puisque l’on désire consommer chaque espèce du mélange, et cela équivaut à trier un aliment du déchet, qui est autorisé pour un besoin immédiat, comme nous l’avons vu au paragraphe 5.

37. La permission qui vient d’être énoncée n’est valable que lorsqu’on a l’intention de manger des deux espèces. Si par contre on ne veut consommer qu’un seul type de fruit, il faudra prendre l’espèce que l’on désire et laisser l’autre dans la corbeille. Il sera toutefois permis de retirer la seconde espèce pour la donner à autrui qui désire en manger (dans l’immédiat), même si on le fait aussi dans le but de ne laisser dans la corbeille que l’espèce que l’on désire soi-même.

38. Lorsqu’on a un mélange d’éléments d’une même espèce, par exemple des pommes de tailles différentes mélangées dans une corbeille, il est autorisé de les séparer et en faire des tas en fonction de leur taille. En effet, puisqu’il s’agit d’une seule et même espèce, aucun fruit n’est considéré comme déchet et la notion de tri ne s’applique pas. Ceci n’est toutefois permis que si on le fait dans le seul but de les ordonner. Si en revanche on veut les séparer pour présenter devant des invités les fruits de belle taille uniquement, les fruits plus petits sont alors considérés comme du déchet et il faudra prendre soin à retirer les beaux fruits d’entre les petits et non l’inverse. De plus, il faudra le faire juste avant de présenter les fruits aux invités. De même pour un paquet de “Matsot” dont on veut tirer des “Matsot” entières pour faire dessus le motsi, on devra les prendre juste avant le repas (les “Matsot” brisées sont considérées comme un "déchet", la bénédiction devant être récitée sur deux “Matsot” entières). Certains décisionnaires se montrent plus indulgents et le permettent.

39. Ce qui vient d’être énoncé dans le paragraphe précédent n’est valable que lorsque les aliments sont tous de la même nature, et leur différence n’est que dans la taille. En revanche, si on a des fruits de goûts ou de variétés différents, ou bien des morceaux de poulets de parties différentes, ou même des morceaux de poulets identiques mais de préparation différente, certains étant cuits et d’autres grillés, dans tous ces cas l’interdiction de trier s’applique comme s’il s’agissait de deux espèces différentes.

40. L’interdiction de trier s’applique aussi lorsqu’on a plusieurs fruits de la même espèce dont certains sont gâtés et inaptes à la consommation, ou difficilement consommables. Il faudra donc dans ce cas retirer les bons fruits de ceux qui sont abîmés et non l’inverse.

41. Celui qui mange pendant chabbat une grappe de raisins doit prendre les grains qu’il désire consommer dans l’immédiat et laisser le reste, qui est considéré comme un déchet. Certains permettent cependant de retirer les mauvais grains qui sont visibles pour pouvoir présenter la grappe aux invités, juste avant de servir. Il n’est toutefois pas autorisé de rechercher des mauvais grains au milieu de la grappe pour les enlever. Celui qui se montre strict et amène la grappe telle quelle, est digne de bénédiction.

42. Des feuilles de laitue abîmées sont considérées comme un déchet. Ainsi, celui qui a devant lui un tas de feuilles de laitue ne peut pas en retirer les feuilles flétries, même si elles sont consommables. Il faut prendre uniquement les belles feuilles du tas, pour les consommer dans l’immédiat.

43. Si les feuilles sont encore attachéérieures abîmées, car cela est comparable à l’acte autorisé d’éplucher un fruit.

44. Une bouillie pour bébé dans laquelle se sont formés des grumeaux qui rendent le mélange inconsommable par le bébé, il est interdit de retirer les grumeaux qui sont alors considérés comme une espèce différente que la bouillie, n’étant pas consommables. Par conséquent, celui qui les retire sépare ainsi les déchets de l’aliment. Il faudra plutôt verser la bouillie seule dans un autre ustensile, sans les grumeaux. Il est également permis d’écraser les grumeaux pour les dissoudre, sans crainte de transgresser l’interdit de moudre.

45. Il est permis de verser dans un évier doté d’un filtre de l’eau ou de la soupe auxquelles sont mêlés des restes de repas, bien que l’eau s’écoulera alors que les restes d’aliments seront retenus par le filtre. La raison de cette permission est que l’on n’est intéressé à utiliser ni l’eau ni les restes de nourriture ; il n’y a donc pas d’"aliment" mais uniquement des déchets, sur lesquels l’interdit de trier ne s’applique pas.

46. Certains décisionnaires sont d’avis que l’interdiction de trier s’applique également à différents types de livres ou d’autres objets mêlés les uns aux autres, et leur statut est identique à celui de deux types d’aliments (cf. infra paragraphe 36). D’autres pensent que chaque objet est une entité distincte et repérable, et que l’on ne peut parler de mélange d’objets ; l’interdit de trier ne les concerne donc pas. En pratique, il convient d’être strict comme le premier avis. Toutefois, pour des objets de grande taille et discernables au premier regard, tel que des casseroles, des assiettes, ou des bouteilles différentes, on peut permettre de les trier même pour un besoin qui n’est pas immédiat. Celui qui s’abstient même de cela est digne de bénédiction.

47. e cuillères pour un usage immédiat, on peut uniquement retirer les cuillères du tas, et non l’inverse. Par contre, si on désire utiliser tous les types de couverts, il est permis de les trier, à l’image de deux types d’aliments (cf. paragraphe 36). Ainsi, lorsqu’on dresse la table juste avant le repas, on peut tirer les couverts pour les disposer à notre guise.

48. Il est par contre interdit d’ordonner des couverts pour ne les utiliser que plus tard, comme pour deux espèces d’aliments (cf. paragraphe 37). Ainsi lorsqu’on termine de laver la vaisselle, il est interdit de repartir les couverts à leur places respectives, mais on pourra ranger chaque couvert avant de le poser, juste après l’avoir rincé.

49. L’interdiction de trier s’applique également à des couverts mêlés à des épluchures ou des restes de nourriture, tant qu’ils ne sont pas facilement discernables. On ne pourra donc retirer les couverts du tas pour les laver que si on compte les utiliser immédiatement.

50. Lorsqu’on balaye la maison et rassemble les ordures dans un coin, et que des jouets ou autres objets se trouvent dans le tas, on ne pourra pas les ramasser pour les ranger à leur place. On devra auparavant éparpiller le tas de telle façon que les objets ne soient plus mêlés aux ordures, pour ensuite les ramasser et les ranger.

51. Si plusieurs vêtements sont empilés sur un porte-manteau, et que l’on désire porter un vêtement se trouvant en-dessous, il est permis de retirer les vêtements du dessus pour atteindre celui qu’on désire prendre, à condition de le faire juste avant de le vêtir. Il n’y a pas de différence si l’on sait déjà à l’avance où se trouve exactement le vêtement en question, ou si on retire les vêtements un à un afin trouver celui dont on a besoin ; dans tous les cas il sera permis de retirer ceux du dessus pour atteindre le vêtement désiré. Certains sont plus tolérants et permettent d’agir ainsi même si on ne désire pas se vêtir de l’habit en question dans l’immédiat, et ils ont sur qui s’appuyer.

52. Il est permis d’utiliser pendant chabbat une salière dans laquelle des grains de riz ont été mélangés au sel pour en absorber l’humidité, bien qu’en saupoudrant le sel on le sépare des grains de riz qui sont retenus dans la salière. En effet, la salière n’a pas pour fonction essentielle de trier ces grains de riz, mais bien de saupoudrer le sel au cours du repas, et cela revient à trier "tout en mangeant" qui est permis, d’autant plus que l’intention de la personne n’est pas de trier.

53. Il est permis de filtrer un liquide que la majorité des gens boivent sans le filtrer, même à l’aide d’un filtre.

54. Il est permis d’utiliser le chabbat un robinet pourvu d’un filtre. (Si le filtre tombe, il sera cependant interdit de le remettre en place, à cause de l’interdit de construire.)

55. Il est permis de verser un concentré de thé à partir d’une théière, bien qu’elle soit équipée d’un filtre qui retient les feuilles de thé. A plus forte raison cela est-il autorisé si les feuilles de thé reposent au fond de la théière.

56. Il est permis de retirer le sachet d’une tasse de thé, bien que ce faisant des gouttes coulent du sachet dans la tasse.

57. Si on a devant soi une assiette dans laquelle sont mêlés des aliments et des déchets, et qu’en étendant sa main pour saisir un aliment on a pris par mégarde un déchet qu’on a ensuite jeté de côté, on n’a pas enfreint l’interdit de la Torah de trier, puisque l’intention était de prendre un aliment et non un déchet. Cela reste toutefois un interdit d’ordre rabbinique. En revanche, si on repose aussitôt le déchet dans l’assiette d’où on l’a pris, on n’a commis aucun interdit puisque l’intention était permise, et qu’en outre le déchet est concrètement resté mélangé aux aliments.

58. En conséquence, il faut éviter de tendre la main vers une assiette sans faire attention à ce que l’on va prendre, même si notre intention est de saisir un aliment. En effet, si par mégarde on prend un déchet, on pourrait transgresser un interdit de nos Sages. Ainsi, si on a une assiette de pépites où sont mêlées des écorces, on doit regarder ce que l’on prend pour ne pas saisir par erreur une écorce. Si cela s’est tout de même produit, on reposera l’écorce dans l’assiette, comme cela a été expliqué dans le paragraphe précédent.

59. Si quelqu’un a délibérément enfreint le chabbat l’interdit de trier (par exemple en retirant des écorces mêlées à une assiette de pépites, ou même en retirant les pépites mais pas pour les consommer dans l’immédiat), l’aliment est interdit à la consommation, pour celui qui a transgressé l’interdit comme pour toute autre personne. Il ne sera possible de le consommer qu’après avoir mélangé de nouveau la nourriture au déchet, de manière à ne tirer aucun profit de la transgression. On procédera ensuite au tri de façon permise cette fois, c’est-à-dire en retirant la nourriture pour la consommer de suite. Cela n’effacera certainement pas la faute de la personne qui devra se repentir, mais l’aliment sera tout au moins permis à la consommation. Ce qui vient d’être énoncé n’est valable que pour une transgression volontaire. Dans le cas d’une transgression involontaire, on est plus tolérant et on autorise la consommation de ce qui a été trié, même pour l’auteur de la faute lui-même. (Ce dernier devra cependant se repentir sur cette transgression, bien qu’involontaire et non intentionnée). 

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