Règles relatives à la synagogue

> Crainte des lieux saints

1. La Torah nous a ordonnés :  "Vous révérez Mon sanctuaire" (Lévitique 19,30), c’est-à-dire que l’on doit être empli de crainte et d’appréhension devant le Sanctuaire. De nos jours, la synagogue fait office pour nous de "petit sanctuaire" ; par conséquent, il convient de veiller à s’y tenir avec crainte et respetc. A propos de ceux qui se comportent avec légèreté à la synagogue, le texte s’exclame”: “Vous qui venez vous présenter devant Moi, qui vous a demandé de fouler Mes parvis?" (Isaïe 1,12). Quant au fait de parler à la synagogue, la gRavité de cette faute est amplement connue, et le Zohar insiste sur la pénalisation qui s’ensuit en ces termes: “Celui qui parle à la synagogue (des paroles futiles) affaiblit sa foi […] et n’a pas de part dans le Dieu d’Israël", Dieu nous en préserve.

>> La récompense est proportionnelle à l’effort

« Je vous conjure, mes frères! Prenez soin à l’honneur de votre créateur ainsi qu’au salut de vos âmes, et écoutez les paroles de nos Sages (qui ont averti de ne pas parler à la synagogue). Votre âme se délectera alors dans l’opulence. Si la chose vous est difficile, mettez en balance le manque causé par le non-respect de la mitsva par-rapport au salaire que vous percevrez, et sachez que la récompense est proportionnelle à l’effort. »

(Extrait du Pélé Yoets)

2. Le respect des lieux saints consiste aussi à ne pas y élever la voix comme on le ferait dans la rue (même pour parler d’une chose en rapport avec la synagogue ou la prière). Si on remarque une personne en train de commettre une faute et que l’on veuille l’arrêter, malgré cela, on ne poussera pas de hauts cris, mais on lui en fera la remarque posément. Il faut garder conscience que l’on se trouve devant le Roi, dans Sa demeure, et on sera rempli de crainte.

> Se rendre à la synagogue

13. En sortant de chez soi, il est bon de poser la main droite sur la Mézouza et de dire: "Que Dieu préserve mes allées et venues, en vie et en paix, désormais et à tout jamais ; que le Seigneur me bénisse et m’accorde Sa grâce".

14. C’est une mitsva de courir pour aller à la synagogue, comme chaque fois que l’on va accomplir une mitsva. Même le chabbat, où il est normalement interdit de courir, ce sera permis – et même méritoire – de courir pour se rendre à la synagogue, ou pour toute autre mitsva. Par contre, en sortant de la synagogue, il est interdit de courir, sauf si l’on en sort pour y retourner aussitôt, ou pour se rendre à la maison d’étude y étudier la Torah. On doit être rempli de joie sur le chemin de la synagogue, comme si on allait gagner tout l’or du monde!

15. On ne doit pas passer près de l’entrée d’une synagogue alors que l’on se dirige vers une autre, en vertu du principe "On ne laisse pas passer les mitsvot. Il est donc préférable de rentrer dans la première synagogue que l’on trouve, même si la récompense accordée pour le chemin parcourue en est réduite d’autant, sauf si on a une raison particulière de se rendre dans un autre lieu de prière. Tel est le cas si dans la première synagogue, ce n’est pas encore l’horaire de la prière, ou si à l’inverse la prière a déjà commencé (et que l’on ne veuille pas rattraper une prière en cours) ; de même, si la première synagogue suit un rite différent du nôtre, ou si l’on se rend dans un office qui prie au lever du soleil, ou encore si un cours de Torah y est dispensé. L’interdiction de passer devant une synagogue sans y entrer ne s’applique pas si l’on fait un détour sans passer devant la porte. S’il y a déjà un minyane à la synagogue, et que des endeuillés font appel à nous pour compléter leur propre minyane, on pourra se joindre à eux, puisque l’on accomplira également la mitsva de compassion envers son prochain.

> L’entrée à la synagogue

16. A l’entrée de la synagogue, on doit marquer une pause et s’imprégner de crainte et d’appréhension avant de pénétrer dans la demeure du Roi de l’univers. Cette conduite contribue beaucoup à la perfection de l’âme, et c’est le sens profond du verset: "Vous craindrez Mon sanctuaire". Le Talmud rapporte que c’est l’enseignement que A’hitofel a transmis au roi David: "Rendons-nous à la maison de Dieu avec une foule bruyante” (Psaumes 55,15). Le mot hébreu pour dire "foule bruyante" (“béraguèche”) peut vouloir également dire "avec émotion", pour signifier que l’on doit ressentir de l’émotion et des frissons lorsqu’on pénètre dans la maison de Dieu, qui est la synagogue”.

>> Ce qui a préservé les communautés sépharades de la terrible Choa

On raconte que l’Admour de Gour zatsal (l’auteur du Imré Emète) a déclaré après la Choa que ce qui a préservé les communautés sépharades était leur respect pour la sainteté de la synagogue, notamment le fait qu’ils ne parlaient pas pendant la prière. Il a rapporté à ce propos le verset: "Dieu combattra pour vous, et vous vous tiendrez silencieux" (Exode 14,14): Dieu combattra pour vous à la condition que vous vous tiendrez silencieux au moment de la prière.

17. Avant de pénétrer dans la synagogue, on se tient debout à l’entrée et on récite le verset: “Vaani bérov ’hasdékha etc.” (Mais moi, grâce à ton immense bonté, j’entre dans ta maison ; je me prosterne dans Ton saint Temple, pénétré de Ta crainte). On s’incline légèrement en disant le mot “echta’havé” (je me prosterne). Durant la semaine, on ne récite ce verset que si l’on est enveloppé du Talit et paré des Téfilines. Le chabbat et les jours de fêtes, où l’on ne met pas les Téfilines, on pourra réciter ce verset même si on n’est pas enveloppé du Talit, à condition toutefois de porter sur soi un Talit katan.

18. En pénétrant dans la synagogue, il est bon de réciter les versets”: A-donaï tsévaot ’imanou […] A-donaï tsévaot achré […] A-donaï hochi’a […]”. On ajoutera également “Bévèt Elohim néhalèkh béraguèche”. S’il est possible de réciter ces versets en se tenant à l’entrée de la synagogue, c’est encore mieux.

> La prière à la synagogue

19. On doit s’efforcer de prier à la synagogue avec la communauté. En cas de force majeure, comme par exemple un malade qui ne peut pas se rendre à la synagogue, on priera chez soi à la même heure que la communauté. Par ailleurs, si on a été empêché de prier avec la communauté, on se rendra quand même à la synagogue pour y prier seul, car une prière récitée à la synagogue est acceptée plus facilement. Nos Sages disent: Si la ville possède une synagogue et qu’un homme ne s’y rend jamais pour prier, on le qualifie de mauvais voisin, et il cause son exil et celui de ses enfants.

10. C’est une mitsva de se rendre en avance à la synagogue, afin de mériter de compter parmi les dix premiers arrivés ; même si cent personnes viennent par la suite, ceux-là recevront une récompense équivalente à celle de tous les autres réunis. La mitsva est encore plus grande lorsqu’on sort de chez soi déjà enveloppé du Talit et paré des Téfilines, et que l’on récite à l’entrée de la synagogue le verset “Vaani bérov ’hasdékha ect”. Si on ne peut accomplir les deux à la fois, c’est-à-dire qu’en mettant les Téfilines à la maison, on n’arrivera pas parmi les dix premiers à la synagogue, on choisira de mettre les Téfilines chez soi, car cette mitsva prévaut sur celle de compter parmi les dix premiers.

>> Israël, toi par qui Je suis glorifié!

Rabbi Chimone dit: "Lorsqu’un homme se lève à la mi-nuit, étudie la Torah jusqu’à l’aube, et au matin met les Téfilines sur la tête et le bras, s’enveloppe de son Talit et sort de chez lui, il se trouve face à la Mézouza, inscription du Saint Nom de Dieu, à la porte de sa maison. Quatre anges saints se joignent alors à lui et l’escortent du pas de sa maison jusqu’à la synagogue, en proclamant: "Honorez celui qui est à l’image du Roi! Rendez gloire au fils du Roi, au portrait du Roi!". Un esprit de sainteté repose alors sur lui, qui déclare: "Israël, toi par qui Je suis glorifié!"

11. On doit se fixer un endroit déterminé où l’on priera régulièrement, que l’on ne doit pas changer sans nécessité. Il ne suffit pas de se rendre toujours dans la même synagogue, mais il faut aussi y avoir une place fixe. "Tout celui qui se fixe un endroit pour prier, le Dieu d’Avraham lui vient en aide", disent nos Sages. De même, si l’on doit prier chez soi (lorsqu’il est impossible de se rendre à la synagogue), il faut fixer un endroit déterminé pour y prier. L’essentiel est d’avoir un endroit fixe pour la récitation de la ‘Amida. Il est toutefois évident qu’on ne doit pas déclencher une querelle si quelqu’un d’autre occupe sa place. En effet, si fixer un endroit pour la prière est un commandement de nos Sages, l’amour du prochain, lui, est un commandement de la Torah!

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