Répétition de la ‘Amida / Répondre Amen/ Répondre à la kedoucha

> Répétition de la ‘Amida

1. Il est interdit de parler entre la fin de la ‘Amida et le début de la répétition. Il est toutefois autorisé (excepté pour l’officiant) d’étudier, de réciter des versets, et à fortiori des prières ou des psaumes. Cependant, certains interdisent même de prononcer des paroles de Torah entre la ‘Amida et la répétition. C’est pourquoi, il convient de lire seulement avec les yeux sans prononcer les mots. (L’officiant aussi peut lire avec les yeux des paroles de Torah. Cependant, il est préférable qu’il s’apprête à la répétition de la prière en méditant sur la grandeur de Dieu et la petitesse de l’homme, ainsi que toute autre pensée éveillant la ferveur).

2. Durant la répétition de l’officiant, les fidèles doivent faire le silence et être attentifs aux bénédictions prononcées par l’officiant pour y répondre Amen. S’il n’y a pas neuf personnes qui suivent et répondent aux bénédictions, on pourrait presque dire qu’elles sont récitées en vain! C’est pourquoi, chacun doit considérer que sans sa participation, le compte n’y est pas, et répondre avec application.

3. Il est interdit de parler ou d’étudier pendant la répétition de la ‘Amida, même si on prête attention à la conclusion de chaque bénédiction. On doit écouter avec concentration toute la prière de l’officiant.

4. Comme on l’a mentionné ci-dessus, il faut au minimum neuf personnes qui répondent aux bénédictions de l’officiant. Celui qui est au milieu de la ‘Amida n’est pas associé au nombre, même s’il la récite mot à mot avec l’officiant, ou même s’il reste silencieux et écoute attentivement la conclusion de chaque bénédiction. Certains permettent de le compter comme la neuvième personne (tout en concédant qu’il vaut mieux à priori éviter de le faire) ; on peut s’appuyer sur cet avis en cas de force majeure à condition que cette personne prie mot à mot avec l’officiant. Il est recommandé que l’officiant pense alors que si sa répétition n’est pas valable, elle sera considérée comme une "offrande volontaire".

5. Celui qui discute de choses profanes pendant la répétition est un fauteur que l’on doit réprimander. Sa faute est lourde de conséquences.

> Répondre « Amen »

6. À chaque fois que l’officiant dit: “Baroukh atta A-donaï”, les fidèles doivent répondre: “Baroukh Hou ouvaroukh chémo” ; et à la fin de chaque bénédiction, les fidèles répondent Amen avec force, à haute voix et avec l’intention adéquate, comme détaillée au paragraphe suivant.7. Le terme Amen que l’on répond pendant la répétition, a pour signification: "véridique est la bénédiction que vient de réciter l’officiant, à laqvelle je me joins. Qu’il en soit ainsi". Par exemple, dans la bénédiction de “Atta ’honène”, l’officiant demande "Gratifie-nous du don de la connaissance […] Béni Tu es Hachem, dispensateur de la raison". Ce à quoi, on répond Amen: il est véridique que Dieu gratifie du don de la connaissance ; veuille Dieu nous dispenser la sagesse, la raison et la connaissance". Ces intentions ne sont applicables qu’aux bénédictions qui comportent à la fois une louange à Dieu et une demande. Dans les bénédictions exprimant une louange à Dieu uniquement, il faut seulement penser que la chose est vraie. C’est le cas pour la bénédiction de ”Atta qadoche”. Certains pensent que ceci s’applique aussi aux bénédictions de “Maguène Avraham” et de “Mé’hayé hammétime”. D’autres cependant affirment que là aussi le Amen a un double sens: effectivement, Dieu est le bouclier de Avraham, et que Sa volonté soit qu’Il veuille nous délivrer et nous protéger dans le futur. De même, il faudrait penser qu’il est vrai que Dieu ressuscite les morts et qu’Il veuille le faire dans un avenir proche. Le Roch Yéchiva Rav Méir Mazouz est de ce dernier avis.

8. Lorsqu’on répond Amen à une bénédiction récitée avant une “mitsva ("Achèr qiddéchanou etc.”), à une bénédiction de louange à Dieu (comme les bénédictions du matin ou du Chéma’) ou à une bénédiction sur les aliments, il faut veiller à avoir comme seule intention au Amen prononcé: véridique est la chose. Souhaiter que la chose se réalise serait dans ce cas une marque d’impiété.

9. A l’inverse, lorsqu’on répond Amen au qaddiche, aux versets de la bénédiction des” Kohannime” ou à toute autre requête (comme les “Hara’hamane “du Birkat hamazone), il faut penser uniquement: ainsi soit-il.

10. En conclusion, nous devons réaliser combien il est important d’écouter chaque bénédiction avec attention et d’y répondre Amen avec toute la ferveur requise. À ce propos, nos Sages ont dit: "Tout celui qui répond Amen de toutes ses forces (ce qui signifie avec toute sa concentration) mérite qu’on lui ouvre les portes du paradis" (traité de chabbat, 119b).

>> "Attention! On glorifie le Roi"

Nos maîtres enseignent: "On ne répondra pas de Amen estropié, ni de Amen tronqué, ni de Amen solitaire. De même, on ne prononcera pas de bénédiction à la hâte. Ben ’Azaï dit: Celui qui répond un Amen solitaire aura ses enfants solitaires [orphelins] ; celui qui répond un Amen estropié, aura sa vie estropiée ; celui qui répond un Amen tronqué, aura sa vie tronquée. Mais celui qui prend le temps de bien répondre Amen, verra sa vie rallongée".

> Lois relatives au Amen

11. Il faut veiller à ne pas répondre de Amen estropié, c’est-à-dire à prononcer hâtivement le “Aleph” de départ (comme s’il était vocalisé par un “’hataf pata’h”) mais l’articuler correctement (avec la vocalisation de “qamaç’ ra’hav”). De même, on ne dira pas un Amen tronqué, c’est-à-dire le prononcer tel que le “Noun” final soit inaudible (comme s’il disait “Amé”), mais bien l’articuler (de telle sorte qu’on entende “Amène”).

12. On ne répond pas un Amen solitaire. Cela concerne celui qui désire être acquitté d’une bénédiction récitée par l’officiant ou par un tiers (comme le Quiddouche, la Havdala, la bénédiction sur le “Chofar”, la “Méguila” ou autre) ; il n’aura pas le droit de répondre Amen s’il n’a pas entendu la bénédiction dans son intégralité. À plus forte raison, est-il interdit de répondre Amen dans le cas où on n’a rien entendu de la bénédiction elle-même, mais seulement l’assistance répondre Amen.

13. Par contre, si on ne désire pas être acquitté par la bénédiction récitée, on pourra y répondre Amen même si on ne l’a pas entendue. Certains pensent qu’on doit au moins savoir de quelle bénédiction il s’agit avant de répondre Amen. Sinon, le Amen répondu sera considéré comme solitaire. Il convient de suivre cette opinion étant donné la gRavité de répondre un Amen inapproprié.

14. Il est interdit de répondre Amen à une bénédiction tant qu’elle n’est pas entièrement achevée. Certains pensent que le faire reviendrait à répondre un Amen estropié, qui est sévèrement sanctionné par nos Sages.

15. Toute personne qui prononce une bénédiction ou récite un qaddiche doit veiller à ne pas s’attarder sur le dernier mot de la bénédiction (ou du qaddiche): l’auditoire pourrait répondre Amen avant même qu’il n’ait achevé sa phrase.

16. Il faut répondre Amen dès la conclusion de la bénédiction. Si le temps de dire “Chalome ’alékha rabbi” (environ deux secondes) s’est écoulé, on ne pourra plus répondre Amen. Certains pensent que le faire consisterait à répondre un Amen solitaire, qui est sévèrement sanctionné par nos Sages.

17. On ne doit pas répondre trop brièvement le Amen mais s’étendre quelque peu, sans cependant exagérer.

18. Une personne qui doit répondre à deux bénédictions différentes prononcées simultanément, répondra “Amen vé-amen".

>> Pour quelle raison notre maître Rabbi Iç’hak Avohav a-t’il excommunié Rabbi Mordékhaï Yaffé?

- Afin de prendre conscience de l’importance du 'Amen', voici une histoire qui a eu lieu il y a près de 400 ans:

Rabbi Mordékhaï Yaffé (auteur du Lévouche) était le juge suprême du tribunal rabbinique d’une petite communauté. Sa renommée s’était étendue, au point où la communauté de Pozen lui proposa de remplir cette fonction en leur sein ainsi que celle de Roch Yéchiva, tant ce Rav était une sommité en Torah comme en Kabbalah, comme on peut le voir dans ses précieux ouvrages. Le Rav leur répondit: "J’accepte volontiers votre proposition mais je dois avant tout étudier les lois de fixation du calendrier hébraïque, qui sont totalement ignorées dans nos contrées. Pour cela, je me rendrai à Venise, en Italie, auprès des rabbins séfarades qui maitrisent cette science". Ainsi fut fait. Rabbi Mordékhaï Yaffé se rendit auprès de Rabbi Iç’hak Avohav auprès duquel il étudia les lois du calendrier hébraïque pendant trois mois. Il développa lui-même ces lois dans son livre "Lévouch éder hayqar", dans le chapitre consacré à la néoménie.Au terme de cette période, il advint que le fils de Rabbi Iç’hak Avohav, encore enfant, récita la bénédiction sur un fruit à voix haute. Tous les membres de la maison répondirent "Amen" à la bénédiction, excepté Rabbi Mordékhaï Yaffé qui, par inadvertance, manqua d’y répondre. Voyant cela, son maître se mit en colère contre lui, le blâma sévèrement et alla jusqu’à l’excommunier. Rabbi Mordékhaï Yaffé patienta alors 30 jours, comme la loi le stipule dans ce cas, puis retourna voir son maître pour présenter ses excuses, mais Rabbi Iç’hak Avohav se montra inflexible. Rabbi Mordékhaï Yaffé surpris, lui demanda: "Rabbi, qu’ai-je je donc fait de si gRave pour mériter votre courroux?".Son maître lui répondit qu’il l’aimait plus qu’un fils, mais qu’il devait savoir qu’il avait encouru un gRave danger de mort quand il n’avait pas répondu Amen à la bénédiction du jeune enfant. C’est pourquoi, il ne lui pardonnerait qu’à la condition qu’il prenne sur lui de discourir dans chaque communauté qu’il tRaversera, sur la gRavité de la faute de celui qui ne répond pas Amen à chaque bénédiction récitée par un juif. Il lui conta alors l’histoire suivante, en lui recommandant de la transmettre à ses descendants.

L’histoire se passe en Espagne, avant l’expulsion des Juifs, dans une des villes qui comptait une grande communauté juive. Le roi de l’époque voulut chasser les juifs à plusieurs reprises. Un des membres du tribunal rabbinique, homme pieux, humble et très riche, bénéficiait des grâces du roi et parvenait chaque fois à détourner la colère du roi contre les juifs.Un jour, le roi voulut de nouveau chasser les juifs de sa contrée. Ces derniers se rendirent chez notre rabbin afin qu’il intercède pour eux devant le roi. Avant de prendre la route, ce dernier voulut réciter la prière de Min’ha, conformément au verset: "La crainte de Dieu est le début de toute sagesse". Les juifs qui l’accompagnaient s’y opposèrent, faisant valoir l’importance et l’urgence de sa mission, qui consistait à sauver le peuple juif. Le Juste accéda à leur demande et se rendit avec eux à la cour du roi. Lorsque le roi le vit, il s’empressa d’aller à sa rencontre et le salua chaleureusement. En voyant cela, le Juste, sûr du dénouement favorable de sa mission, commença à s’entretenir avec le roi de divers sujets. Sur ces entrefaites, un prêtre fut introduit auprès du roi, et, se jetant à ses pieds, commença à louer le roi en latin, langue inconnue du Juste. Ce dernier s’apercevant que l’horaire de la prière de Min’ha arrivait à son terme, se mit à l’écart et pria, pensant terminer avant les longues louanges du prêtre. Soudain, le prêtre se leva et enjoint à tous les assistants de répondre Amen aux pieux souhaits qu’il venait d’émettre. Tous s’empressèrent de répondre "Amen". Le juste ne comprenant pas la langue du prêtre s’abstint de répondre, d’autant qu’il était au milieu de sa prière. Le prêtre interrogea l’assistance afin de savoir si tous avaient bien répondu "Amen". L’assistance répondit par l’affirmative. Le prêtre insista: le Juif avait-il lui aussi répondu Amen? La réponse fut négative. Le prêtre commença alors à se lamenter haut et fort, en affirmant que toutes les bénédictions qu’il avait prononcées ne se réaliseraient pas, à cause du Juif qui n’avait pas dit Amen.Le roi, entendant cela, se mit en colère contre le Juste et ordonna à ses gardes de le tuer et de le couper en morceaux. Ainsi fut fait. Le Juste mourut dans d’horribles souffrances et les morceaux de son corps furent renvoyés à sa famille. Puis, le roi chassa tous les Juifs. Un des amis du Juste, connaissant la sainteté du défunt, s’interrogeait sur la sanction tragique qu’il avait subi. Il en conclut que le Juste avait dû pécher en secret pour mériter un tel sort, et décida de pleurer et jeûner jusqu’à ce que le Ciel lui révèle la faute en question. Le Juste vint alors en rêve à son ami, qui le questionna sur la cause de sa mort si horrible. Le Juste lui répondit qu’il n’avait aucune faute réelle à son passif, mais que Dieu avait été strict avec lui, comme Il l’est avec les hommes pieux. Il rapporta qu’un jour, il n’avait pas répondu Amen à la bénédiction d’un jeune enfant. Dieu dans Sa miséricorde, ne voulut pas le punir directement pour lui laisser la possibilité de s’amender. Lorsqu’il advint qu’il attisa la colère du roi en ignorant les bénédictions du prêtre, le tribunal céleste rappela sa faute passée et la sentence de mort tomba. Le Juste demanda alors à son ami de perpétuer son histoire afin que tous prennent garde de ne pas négliger de répondre Amen, puis il disparut. Telle est l’histoire que Rabbi Iç’hak Avohav rapporta à Rabbi Mordékhaï Yaffé en lui disant que les réprimandes et les blâmes qu’il avait encourus avaient eu pour but d’expier sa faute, et qu’il ne lui pardonnerait qu’à condition de transmettre cette histoire et sa morale.Toute personne « craignant le Ciel » s’attachera à lire cette histoire une fois par mois et avertira sa famille de la pénalisation encourue lorsqu’on ne répond pas Amen, même à la bénédiction d’un jeune enfant! À plus fort raison devra-t-on prendre garde aux Amen lors de la répétition de la ‘Amida faite par l’officiant à la synagogue! En particulier, il faut être vigilant lorsque l’officiant dit "Hamma’hazir chékhinato létsiyone", et que l’assemble s’empresse de réciter Modime en oubliant de répondre "Amen" ; de même pour le Amen sur la bénédiction de Hachkivénou du vendredi soir, lorsque l’officiant termine "’Alénou […] vé’al Yérouchalaïme", l’assemblée s’empresse de dire "Véchamerou" en omettant de répondre "Amen".

> Les lois de la kedoucha

>> Je n’ai pas de plaisir de ce monde comparable à ce moment!

[Le Midrache rapporte: ] "Que vous soyez bénis [dit Dieu], ô cieux et émissaires célestes, si vous révélez à mes enfants ce que Je fais lorsqu’ils Me sanctifient et disent: "Qadoche! Qadoche! Qadoche!" (Saint! Saint! Saint!), et apprenez-leur à lever les yeux vers le ciel en direction du Temple et à s’élever vers le haut! Je n’ai pas de plaisir en ce monde comme celui que J’éprouve lorsque leurs yeux sont élevés vers Moi, et Mon regard dirigé vers eux."

19. Quand l’officiant va commencer la “quédoucha” (“Naqdichakh”), on doit avancer de trois pas pour rejoindre l’endroit où l’on se tenait durant la ‘Amida, et demeurer pieds joints. Il est bon de fermer ses yeux en les dirigeant vers le haut, et penser que l’on sanctifie Dieu, ainsi qu’il est écrit dans la Torah: " Et Je serai sanctifié parmi les enfants d’Israël".

20. D’après l’avis de notre maître le Ari zal, les fidèles doivent prononcer avec l’officiant toute la kedoucha, de “Naqdichakh véna’ariçakh” jusqu’à la fin. Toutefois, seuls les mots “Naqdichakh véna’ariçakh” doivent être dits à voix haute, le reste étant récité à voix basse par l’assistance, excepté pour répondre “Qadoche", "Baroukh" “et “Yimlokh”. Certaines communautés ont l’habitude, le chabbat et les jours de fêtes, de chanter toute la kedoucha avec l’officiant. Cette pratique est autorisée, mais il convient tout de même que l’officiant élève un peu plus la voix que les fidèles, afin qu’elle soit reconnaissable.

21. Quand on dit “Véqara zé èl zé”, on doit incliner légèrement la tête vers la droite puis vers la gauche ; on répond “Qadoche! Qadoche! Qadoche!”, à voix haute, les yeux fermés, en haussant les talons à trois reprises pour s’identifier aux anges. Quand on répond “Baroukh” et “Yimlokh”, on hausse les talons une seule fois.

22. Si on se trouve au milieu de la ‘Amida (avant le premier “yihyou lératsone”), on ne doit pas répondre à la kedoucha, ni même hausser les talons. On se tiendra immobile et silencieux, en pensant à être acquitté par l’officiant. L’officiant de son côté doit dire “Qadoche! etc.” d’une voix plus forte que l’assemblée, afin que ceux qui n’ont pas fini la ‘Amida l’entendent, et il doit penser à les acquitter.

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