Se préparer à recevoir le chabbat

> Chénaïm miqra véé’had targoum (Lecture de la section hebdomadaire avec la traduction en araméen)

1. Chaque homme a l’obligation de lire chaque semaine la section hebdomadaire de la Torah individuellement, en sus de la lecture que l’on écoute à la synagogue. On lira deux fois le texte en hébreu et une fois sa traduction en araméen (“Chénaïm miqra véé’had targoume”). Nos Sages ont garanti la longévité à celui qui prend soin de lire la section hebdomadaire chaque semaine. Les femmes sont dispensées de cette mitsva.

2. La mitsva est embellie si on effectue cette lecture le vendredi matin, après la prière de Cha’harite, encore paré de son Talit et de ses Téfilines. Telle était l’habitude du Ari zal. Cependant, d’après la loi stricte, on peut faire cette lecture dès le début de la semaine. C’est pourquoi, celui qui ne peut pas lire toute la section le vendredi, pourra commencer la lecture dès le dimanche et avancer un peu chaque jour, de manière à achever la lecture le vendredi ; telle était la coutume du Gaon de Vilna. Il faudra toutefois veiller à ne pas s’interrompre au milieu d’un sujet.

3. Si on n’a pu achever la lecture avant la prière du “chabbat matin”, on doit au moins la conclure avant le repas qui suit cette prière. Si les membres de la famille attendent pour prendre le repas, ou si l’heure est avancée et que l’on risque de dépasser la mi-journée, on doit commencer par prendre le repas, puis procéder ensuite à la lecture. On prendra alors soin de la terminer avant le début de l’heure de Min’ha, puisqu’à partir de cet horaire, on commence à lire à la Torah en public la section de la semaine prochaine. Le cas échéant, on fera en sorte de terminer sa lecture avant le mercredi qui suit. À posteriori, on pourra le faire au plus tard jusqu’à “Sim’hat Torah”, lorsqu’on achève la lecture de la Torah en public.

4. On ne doit pas lire la section hebdomadaire le vendredi matin avant l’aube, les disciples du Ari zal ayant enseigné qu’on ne lit pas de passage en araméen la nuit. Heureux est celui qui accomplit toute chose au moment adéquat, et ne ménage pas de son temps pour le service de Dieu, car c’est pour cela que nous avons été créés.

5. Le mieux est de lire chaque verset deux fois en hébreu puis une fois en araméen, par exemple: “Vaydabbère A-donaï èl Moché lémor, Vaydabbère A-donaï èl Moché lémor, oumalil A-donaï ’im Moché lémémar” ; et ainsi de suite jusqu’à la fin de la section. Le dernier verset doit être lu deux fois en hébreu, une fois en araméen, puis de nouveau répété deux fois en hébreu.

6. Après avoir terminé de lire la section de la Torah, on doit lire la “Haftara correspondante (une seule fois en hébreu). Même si ce chabbat on doit lire en public une Haftara spéciale, comme celle de “Hachamayime kiss-i” si chabbat coïncide avec “Roch ’Hodèche”, ou bien celle de “chabbat chéqalime” ou de “chabbat zakhor”, malgré cela pour la lecture individuelle, on doit toujours lire la Haftara correspondant à la section.

7. Il convient de lire les versets avec les Té’amime, mais la traduction araméenne doit être lue sans mélodie, tout en respectant néanmoins la ponctuation des versets, afin de ne pas en modifier le sens. (Dans le “siddour Ich Maslia’h”, la traduction araméenne est ponctuée afin d’aider le lecteur). Il faut s’efforcer de comprendre ce qu’on dit, en hébreu comme en araméen, car c’est là le but de cette lecture.

8. Les kabbalistes ont écrit qu’il ne faut pas s’interrompre au milieu de la lecture, mais lire toute la section d’une traite ; il y a un sens ésotérique à cela. Ainsi notre maître Rabbi Maslia’h Mazouz éduquait-il ses enfants et élèves, à lire la section hebdomadaire sans interruption, immédiatement après la prière de Cha’harite de vendredi matin, étant encore parés du “Talit “et des Téfilines, comme le faisait le Ari zal. Evidemment, on peut néanmoins répondre Amen après une bénédiction, par exemple. De même, si on a très soif, on peut s’interrompre pour boire, en récitant les bénédictions initiale et finale.

9. Tout celui qui craint le Ciel prendra le temps d’étudier l’explication de Rachi chaque semaine (en plus de la lecture “Chénaïm miqra véé’had targoume”), afin de bien comprendre le sujet traité.

> Se préparer au chabbat

10. Il faut se lever tôt le vendredi matin afin d’effectuer les préparatifs du chabbat. Il est préférable de différer ses courses pour le chabbat jusqu’au vendredi, afin que la bénédiction du chabbat repose sur les achats effectués, comme il est écrit: "Le sixième jour, ils apprêteront ce qu’ils auront apporté" (Exode 16,5). Il y a un aussi nécessité mystique à la chose. Cependant, si les articles risquent de faire défaut ou d’être de moins bonne qualité, ou que les préparatifs du chabbat demandent du temps, on pourra faire ses achats dès le jeudi, ou même le mercredi s’il le faut, puisque l’émanation de la sainteté du chabbat commence dès le mercredi.

11. À chacune de nos acquisitions pour chabbat, il faut dire: "c’est en l’honneur de chabbat”. Par ces paroles, la sainteté du chabbat imprègne la marchandise achetée. De même, à chaque action que l’on accomplit pour chabbat, on dira: "c’est en l’honneur de chabbat. Lorsqu’on fait ses achats ou autres préparatifs en vue du chabbat, il est bon de dire: “Haréni etc.” (Voici, je m’en vais préparer le chabbat, comme il est écrit: "Le sixième jour, ils apprêteront ce qu’ils auront apporté", afin de restaurer la racine de cette mitsva dans les niveaux supérieurs. Que la bienveillance de Hachem etc.). Si on fait ses achats avant le vendredi, on ne mentionnera pas le verset "Le sixième jour etc.", on dira simplement: "Voici, je m’en vais faire des courses pour le “chabbat afin de “réparer “[…] Que la bienveillance de Hachem etc."

12. Toute la sueur de l’homme qui s’active aux préparatifs du chabbat est utilisée par Dieu pour effacer ses fautes, tout comme Il le fait avec les larmes versées par un homme sur ses péchés. C’est pourquoi il faut redoubler d’efforts en l’honneur du chabbat. Le “Midrache Tan’houma” statue que l’honneur donné au chabbat est préférable à mille jeûnes!

13. Le vendredi après-midi est un moment propice à la discorde, surtout entre un homme et sa femme. Le Satan s’efforce alors d’éveiller disputes et querelles. Toute personne craignant Dieu doit dominer son penchant, ne laisser germer aucune dispute ni irritation. À l’inverse, on devra rechercher la paix et la poursuivre. Nos Sages ont révélé qu’il n’y a pas pour le peuple d’Israël de réceptacle à la bénédiction [de Dieu] comme la paix.

14. On doit veiller à arriver à l’heure pour la prière de Min’ha de la veille de chabbat afin de prier posément, avec ferveur et tranquillité d’esprit, car c’est le moment de l’émanation de la sainteté du chabbat dans les Cieux.

15. Avant de recevoir le chabbat, il faut méditer au repentir et scruter les actes accomplis durant la semaine, car le chabbat a le pouvoir de pardonner les fautes de celui qui se repent. Cela permet aussi d’accueillir le chabbat pur et lavé de toute faute, et être ainsi prêt à recevoir l’âme supplémentaire en l’honneur de chabbat.

16. On veillera à se vêtir de beaux habits en l’honneur de chabbat. Celui qui réserve même des sous-vêtements pour le chabbat est digne de louanges ; telle était l’habitude du Ari zal. On doit se réjouir de la venue de chabbat, comme si on allait à la rencontre d’un roi, ou de mariés. On rapporte dans le Talmud que Rabbi ’Hanina s’enveloppait de sa tunique la veille de chabbat et disait: "Venez, sortons à la rencontre de la Reine chabbat. Rabbi Yanaï, quant à lui, disait: "Viens! Ô fiancée!"

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