Séouda réviit: Le quatrième repas de chabbat

>> La résurrection des morts grâce au mérite du quatrième repas

Il faut être très vigilant à accomplir ce repas de grande importance par le mérite duquel on méritera de se lever lors de la résurrection des morts. Nos Sages disent à ce propos: "Le corps humain comprend un os dénommé "niscoï" (ou "louze", ou "bètouèl" ou encore "qlivossète"), lequel ne tire profit d’aucun repas pris par l’homme, hormis le quatrième repas de l’issue de chabbat. Ne jouissant d’aucune autre nourriture, cet os n’a pas tiré profit du fruit interdit consommé par Adam, et le décret de mortalité ne l’affecte pas. Il n’est donc pas combustible, ne pourrit pas, ne peut être réduit en poussière ni être brisé, et c’est par lui que l’homme se reconstituera lors de la résurrection des morts.

1. Chacun a l’obligation de faire le quatrième repas à la sortie du chabbat. Les femmes aussi y sont astreintes.

>> C’est une bonne ségoula pour les femmes de faire ce quatrième repas, afin de mériter des accouchements faciles.

2. Les décisionnaires rapportent au nom du Zohar: "Tout celui qui n’accomplit pas le quatrième repas est considéré comme n’ayant pas effectué le troisième repas en l’honneur du chabbat". En négligeant de prendre ce repas, on montre que le troisième repas a été pris en tant que diner, comme tous les soirs, et non pas en l’honneur du chabbat. (On conservera néanmoins un certain mérite partiel à avoir pris le troisième repas).

> Des millions de vitamines

"On m’a transmis que l’alimentation de l’âme et du corps et toute la santé du corps humain, dépendent du quatrième repas, Elle est comparable à des millions de vitamines! Cela suffit à un homme sage pour qu’il comprenne de lui-même et agisse en conséquence". (le saint kabbaliste Rabbi Salman Moutsafi)

"Toute personne qui ne mange pas un kazaïte de pain au quatrième repas nourrira des regrets au monde futur!" (le ’Hazon Ich).

3. C’est du pain qu’il faut consommer pour accomplir ce quatrième repas. Si toutefois on est dans l’impossibilité de le faire, on consommera des pâtisseries ou autres mets mézonote. Si même cela est impossible, on mangera au moins des fruits et autres en l’honneur du quatrième repas.

4. À priori, il faut consommer un cabbétsa (54 cm3) de pain. Il est recommandé de manger un peu plus que cette mesure. À posteriori ou en cas d’impossibilité, on se contentera d’un kazaïte. Par une quantité inférieure à cela, on n’est pas du tout acquitté.

5. Il convient de préparer un repas copieux et savoureux en l’honneur de ce quatrième repas. Il est bon d’y consommer de la viande ou du poisson, et autres mets goûteux. On cherchera à consommer un aliment que l’on apprécie particulièrement, même s’il est onéreux. Certains s’efforcent de présenter un aliment nouveau, fruit ou confiserie, qui n’a pas été consommé durant le chabbat. De cette manière, nous montrons que nous honorons le chabbat en le raccompagnant dignement, et tout celui qui investit dans ce domaine mérite les louanges. Il est recommandé de faire la bénédiction du motsi sur deux pains.

6. Avant de commencer le repas, on doit dresser la table, la recouvrir d’une nappe et l’apprêter comme on le fait pour un vrai repas, même si on n’a pas l’intention de consommer plus qu’un kazaïte de pain. Il est bon de s’efforcer de présenter différents plats, même si on ne compte en goûter qu’un peu. A priori, le maître de maison doit lui-même dresser la table et ne pas le laisser faire par des domestiques.

7. Il faut manger ce repas avec joie et appétit. L’homme avisé ne mangera pas trop au troisième repas ou le fera plus tôt, afin de garder de l’appétit pour le quatrième repas.

8. Le meilleur temps pour effectuer ce repas est dans l’heure qui suit la sortie du chabbat, ou tout au moins dans les quatre heures saisonnières qui la suivent. Si on n’y parvient pas, on peut le faire jusqu’à la mi- nuit. En cas de force majeure, on prendra ce repas même après cela, puisque certains sont d’avis qu’on peut le faire jusqu’à l’aube.

9. Il faut dire “Migdol” dans le Birkate hammazone récité à la fin du quatrième repas, à condition qu’il l’ait pris avant la mi- nuit. Dans le cas contraire, on dira “Magdil” puisque la sainteté de chabbat n’est plus effective à ce moment-là. Si on a commencé à manger avant la mi- nuit et terminé après, on dira “Migdol”, car c’est l’heure du début du repas qui est prise en compte. Certains ont l’habitude de dire “Magdil” à l’issue du chabbat dans tous les cas, et c’est l’opinion de notre maître le Richone létsiyone Rav ‘Ovadia Yossef.

10. Les décisionnaires ont écrit que c’est une bonne habitude de conserver ses habits de chabbat jusqu’après le quatrième repas afin d’honorer la sortie de chabbat, comme on escorterait un roi à son départ, en habits de cérémonie. Les hommes pieux les conservent jusqu’à la mi- nuit.

11. À la sortie de chabbat, il est recommandé de consommer des plats chauds ainsi que de boire une boisson chaude, On se lavera également à l’eau chaude. Cela constitue un remède pour le corps et l’âme, et préserve de la tristesse. Le verset des Psaume (147,3) y fait allusion: “oum’habèche” (initiales en hébreu des mots "le chaud à l’issue de chabbat est un remède") “lé’atsévotame” (à leur tristesse).

>> Celui qui nous écoute résidera en paix

- On rapporte l’histoire suivante: l’épouse du Gaon de Vilna avait décidé de prendre sur elle de jeûner d’un chabbat à l’autre sans interruption Ainsi, elle cessa de manger après le troisième repas, et après avoir écouté la Havdala, elle s’apprêta à aller dormir. Son mari, le Gaon, eût vent de la chose et lui fit savoir que tous les jeûnes qu’elle pourra s’imposer ne suffiront pas à pardonner la faute d’avoir manqué le quatrième repas du chabbat! À ces mots, elle s’empressa de se lever et d’accomplir cette mitsva.- On raconte aussi qu’un samedi soir, le Gaon de Vilna lui-même fut malade et pris de nausées, et ne pouvait effectuer le quatrième repas. S’étant quelque peu remis dans le courant de la nuit, il demanda aux membres de sa famille de vérifier que l’aube ne s’était pas encore levée, afin de pouvoir encore accomplir cette mitsva en ingurgitant un kazaïte de pain.- Notre maître le Richone létsiyone Rav ’Ovadia Yossef a rapporté ces deux histoires dans son livre de responsa "Yé’havé da’at", en concluant: "C’est un enseignement destiné à ceux qui ne s’attachent pas à accomplir le quatrième repas comme il se doit, en pensant que c’est seulement l’apanage des hommes vertueux. Ceci n’est pas l’avis de nos Sages […] et celui qui nous écoute résidera en paix!"

Tefila web