PARACHA CHEKALIM

 

demi-shekel.jpgLe Shabbat qui précède le mois d’Adar est appelé Shabbat Shekalim, car à l’époque du Beit Hamikdash, lorsque débutait le mois d’Adar, le Beit Din diffusait un communiqué selon lequel chaque juif devait s’acquitter de son devoir de donner la pièce du Ma’haçit Hashekel – le demi-Shekel que l’on offrait au Beit Hamikdash, et qui avait pour vocation le financement des bêtes pour les sacrifices de la collectivité durant toute l’année.

 

Cette année (5773), ce Shabbat Shekalim tombe ce Shabbat Mishpatim.

 

A cette occasion, on sortira 2 Sifré Torah : un pour la Parasha de la semaine (Mishpatim) et l’autre pour la Parasha de Shekalim (début de Ki Tissa)

 

Il est rapporté dans le Midrash : Lorsque Moshé Rabbenou arriva à la Parasha de Shekalim(début de Ki Tissa), il s’écria :« Maître du Monde ! Lorsque je ne serai plus de ce monde, je serai oublié d’Israël comme on oublie un mort ! »Hashem lui répondit : « Je peux jurer par ta vie que ni ton nom, ni ton souvenir ne seront oubliés d’Israël à tout jamais, comme il est dit (Mal’a’hi chap.3): Souvenez-vous de la Torah de Moshé…. »

 

Une question est posée sur ce Midrash : Pour quelle raison Moshé Rabbenou éprouve-t-il cette crainte de disparaître du souvenir d’Israël, et qui plus est, pourquoi l’éprouve-t-il exclusivement lorsqu’il arrive à la Parasha de Shekalim ?

 

Le Na’halat Ya’akov explique que la Miçwa de donner le demi-Shekel, nous apporte également une allusion à la manière d’étudier la Torah. En effet, on peut très bien se demander pour quelle raison doit-on donner uniquement un demi-Shekel et non pas un Shekel entier ? En réalité, cela vient nous rappeler que l’on ne doit

 

jamais étudier la Torah seul, mais uniquement à 2, car celui qui étudie la Torah lorsqu’il est seul, oublie ce qu’il étudie et ne peut pas pénétrer profondément le sens de ce qu’il apprend. La Torah est entière uniquement lorsqu’elle est étudiée par 2 personnes. Nous retrouvons cette idée dans le demi-Shekel.Lorsque 2 personnes donnent chacun un demi-Shekel, que ces personnes soient riches ou pauvres, leurs 2 demi-shekels formeront un Shekel entier. Nous avons donc appris que le fait d’étudier la Torah à 2 constitue donc un moyen de se rappeler de ce que l’on apprend.

 

Cependant, il est aussi écrit que le moyen de se souvenir de ce que l’on a appris est de rappeler le nom du maître qui nous a enseigné ce que l’on a appris. En rappelant son nom, on se souviendra forcément de ce qu’il nous a appris.

 

Voilà donc quelle était l’inquiétude de Moshé Rabbenou en arrivant à la Parasha de Shekalim. En comprenant l’allusion qui réside dans le demi-Shekel - qui nous rappelle qu’il faut étudier la Torah en étant 2 personnes, et que cela constitue aussi un moyen de se souvenir de ce que l’on apprend - Moshé se dit qu’il n’est donc plus nécessaire de mentionner son nom pour se souvenir de ce que l’on apprend. Effectivement, il existe un autre moyen pour préserver la mémoire de ce que l’on apprend, et ce moyen constitue simplement à étudier la Torah en étant 2. C’est pourquoi Hashem le rassure en lui disant que quel que soit le moyen que les Bné Israël utiliseront pour se rappeler de ce qu’ils apprennent, ils mentionneront toujours son nom, puisque la Torah est appelée sur son nom, comme il est dit (Mal’a’hi chap.3): « Souvenez-vous de la Torah de Moshé…. »

 

Rubben SALFATI, Bnei Elazar 


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